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Municipales : Retailleau accuse la gauche de 112 accords avec LFI, le PS dément

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  • À dix jours du premier tour des élections municipales, le président des Républicains Bruno Retailleau accuse la gauche de multiplier les alliances locales avec La France insoumise.
  • Depuis Le Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis), il a dévoilé une carte recensant 112 « accords de la honte ».
  • Le Parti socialiste dément et accuse à son tour la droite de rapprochements avec l’extrême  

   La campagne des municipales s’intensifie. En déplacement à l’hôtel de ville du Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis) jeudi 5 mars, le président des Républicains (LR), Bruno Retailleau, a dévoilé une carte recensant ce qu’il qualifie de « 112 accords » conclus entre La France insoumise (LFI) et d’autres formations de gauche pour le premier tour du scrutin, prévu le 15 mars.

Selon lui, ces alliances locales contredisent l’engagement pris par le Parti socialiste de ne conclure aucun « accord national » avec LFI.

 « Tartufferies », a dénoncé le sénateur vendéen, pointant la présence du logo de La France insoumise sur de nombreuses affiches de candidats de gauche. Parmi les communes citées figurent Istres, Ronchin, Wattrelos, Calais, Perpignan ou encore Le Blanc-Mesnil.

 D’après le décompte présenté par le patron des Républicains, 44 communes verraient les quatre principales formations de gauche réunies : LFI, Les Écologistes, le Parti socialiste et le Parti communiste français. Ce serait notamment le cas à Niort, Fréjus ou Draguignan.

Bruno Retailleau affirme également avoir identifié 62 accords impliquant à la fois LFI et le PS, ainsi que cinq unions conclues uniquement entre ces deux formations. Face à ces alliances locales, il a mis la gauche au défi de clarifier sa position : « Ou ils revendiquent cet accord, ou ils le dénoncent », a-t-il déclaré, dénonçant « l’hypocrisie » de ses adversaires.

Une charge contre LFI et Jean-Luc Mélenchon

Aux côtés du sénateur Thierry Meignen, candidat au Blanc-Mesnil, Bruno Retailleau a également accusé La France insoumise de contribuer à la « brutalisation » et à la « conflictualisation » du débat public.

Le président des Républicains s’en est aussi pris à Jean-Luc Mélenchon, qu’il accuse d’« envoyer des signaux faibles aux antisémites » lorsqu’il interroge la prononciation du mot « Epstein ». Il a également évoqué un climat de violence politique : « La violence, c’est ce qui s’est passé à Lyon », a-t-il affirmé, rappelant que des membres de la Jeune garde sont suspectés dans la mort de Quentin Deranque.

Pour le sénateur vendéen, ces éléments rendent LFI infréquentable politiquement. Il a ainsi appelé les électeurs à faire barrage au mouvement : « Pas une voix ne doit aller à LFI ou à ceux qui s’en rapprochent », a-t-il conclu, appelant les « partis de gauche républicains » à « se ressaisir ».

Le Parti socialiste dénonce des « mensonges »

Avant même la conférence de presse de Bruno Retailleau, le Parti socialiste avait réagi aux accusations. Invité sur Public Sénat, le secrétaire général du PS Pierre Jouvet a contesté l’existence d’accords nationaux avec LFI.

 « Ce sont des listes citoyennes, dans lesquelles il y a tous les collectifs de gauche qui sont réunies, et qui n’ont pas été validées par la direction nationale du PS », a-t-il affirmé.

Le responsable socialiste a également accusé Bruno Retailleau de propager des « mensonges » et a retourné l’attaque contre la droite. « Je n’ai pas de leçon à recevoir de quelqu’un qui fait un accord avec le parti d’Éric Zemmour », a-t-il lancé, citant notamment la présence de personnalités LR sur une liste Reconquête à Bourg-en-Bresse.

Retailleau rejette les accusations visant LR

 Interrogé sur ces critiques, Bruno Retailleau a balayé ces accusations. Le président des Républicains affirme que son parti intervient lorsque son logo est utilisé de manière abusive dans certaines campagnes locales.

 « Il y a près de 35.000 communes. On ne peut pas empêcher qu’il y ait des démarches individuelles », a-t-il expliqué.

À quelques jours du scrutin municipal, ces échanges illustrent les tensions entre les formations politiques et l’importance des alliances locales dans la bataille électorale du 15 mars.

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