Dans le sud du Liban, les combats entre l’armée israélienne et le Hezbollah ont atteint une intensité inédite ces dernières 24 heures. Des affrontements terrestres violents, couplés à des frappes aériennes et des tirs d’artillerie, continuent de ravager cette région déjà dévastée.
Les forces israéliennes, qui ont pénétré dans plusieurs zones frontalières, tentent de s’emparer de collines stratégiques offrant une vue imprenable sur la Galilée et une partie du sud du Liban. Face à elles, les combattants du Hezbollah opposent une résistance acharnée, ralentissant l’avancée israélienne.
Depuis deux semaines, l’armée israélienne a intensifié ses opérations militaires dans le sud du Liban. Après des bombardements massifs par l’artillerie et l’aviation, des troupes israéliennes se sont infiltrées en territoire libanais, avançant parfois de plusieurs centaines de mètres à plus d’un kilomètre au-delà de la frontière.
L’objectif principal de ces manœuvres : la prise de huit collines stratégiques, culminant à 900 mètres d’altitude, sur un front s’étendant sur 120 kilomètres, depuis le secteur occidental jusqu’aux contreforts du Golan occupé. La prise de ces hauteurs offrirait à l’armée israélienne une position dominante pour progresser plus profondément au Liban. Toutefois, malgré deux semaines d’offensive, cet objectif reste hors de portée.
Sur le terrain, les affrontements sont d’une rare violence. Les forces israéliennes, bien qu’équipées de moyens militaires sophistiqués, peinent à briser la résistance des combattants du Hezbollah. Ces derniers, familiers du terrain et bien organisés, s’accrochent à leurs positions, infligeant des pertes matérielles à l’armée israélienne.
Ordres d’évacuation et frappes ciblées
Parallèlement aux combats, l’armée israélienne a lancé plusieurs avertissements à la population civile. Jeudi, elle a diffusé un ordre d’évacuation d’urgence à l’attention des habitants de la plaine de la Békaa, dans l’est du Liban, et des régions proches de Tyr, ville côtière du sud du pays. Ces zones sont connues pour abriter des infrastructures et des positions stratégiques du Hezbollah.
« Avertissement urgent aux résidents de la région de la Békaa, spécialement ceux habitant dans le bâtiment marqué sur la carte dans la zone de Temnine », a déclaré Avichay Adraee, porte-parole de l’armée israélienne, dans un message publié sur X (anciennement Twitter). Il a également précisé que des installations du Hezbollah dans ces zones seraient « visées dans un avenir proche ».
Les habitants de la Békaa et de Tyr ont reçu des photos aériennes montrant les bâtiments visés, déclenchant des mouvements de panique dans ces régions. Des milliers de personnes ont déjà fui leurs maisons, cherchant refuge dans des zones plus sécurisées du Liban. Au moins une frappe a touché les environs de Tyr peu après la diffusion de ces messages d’évacuation.
Une guerre de positions
Malgré l’intensification des raids israéliens et les ordres d’évacuation, le Hezbollah continue de défendre ses positions. Jeudi, le mouvement chiite a annoncé avoir détruit deux chars israéliens dans un village frontalier grâce à des missiles guidés. L’incapacité d’Israël à prendre le contrôle total d’un seul village en dit long sur la complexité de la situation sur le terrain.
Lors d’une conférence de presse, Hassan Fadlallah, député du Hezbollah, a accusé Israël de mener une « politique de la terre brûlée » pour établir un no man’s land le long de la frontière. « Jusqu’ici, l’ennemi n’a pu prendre le contrôle total d’aucun village ni même prendre pied dans aucun village », a-t-il affirmé.
Un bilan humain lourd et des milliers de déplacés
La guerre fait rage depuis plusieurs semaines, laissant derrière elle un lourd bilan humain. Selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles, au moins 1.373 personnes ont été tuées au Liban depuis le début des bombardements israéliens. À cela s’ajoutent plus d’un million de déplacés, contraints de quitter leurs foyers pour fuir les zones de combat. Ces déplacements massifs engendrent une crise humanitaire d’ampleur, les infrastructures locales étant débordées par l’afflux de réfugiés.
Les hôpitaux, déjà fragilisés par des années de crise économique et politique, peinent à prendre en charge les blessés, tandis que les écoles et autres bâtiments publics se transforment en centres d’accueil de fortune. Les organisations humanitaires appellent à une trêve pour permettre l’acheminement d’aide aux populations civiles, mais la situation sécuritaire rend toute intervention complexe.
Des perspectives incertaines
L’escalade des tensions entre Israël et le Hezbollah soulève des inquiétudes quant à une possible extension du conflit à l’ensemble du Liban et au-delà. La région, déjà marquée par de multiples crises, pourrait voir la situation se détériorer davantage si les combats se poursuivent.
Pour l’heure, ni Israël ni le Hezbollah ne semblent prêts à céder du terrain. L’armée israélienne, malgré des bombardements intensifs, n’a pas encore réussi à atteindre ses objectifs militaires, tandis que le Hezbollah continue de résister farouchement. La communauté internationale appelle à une désescalade des hostilités, mais sur le terrain, les armes parlent plus fort que les diplomates.
