Le 17 octobre, l’armée israélienne a mené une opération ciblée à l’ouest de Rafah, dans la bande de Gaza, qui a conduit à l’assassinat de Yahya Sinwar, leader du Hamas. Sa mort a provoqué des réactions contrastées sur la scène internationale, certains y voyant une opportunité pour la paix, tandis que d’autres, à l’instar des alliés du Hamas, promettent de renforcer leur résistance.
Israël et ses alliés espèrent un changement décisif
Pour Benyamin Nétanyahou, Premier ministre israélien, l’élimination de Sinwar est un signal fort dans la guerre contre le Hamas. Il a affirmé que la mort du chef du Hamas « ne veut pas dire la fin de la guerre à Gaza, mais le début de la fin ». Selon lui, cet événement pourrait marquer un tournant dans le conflit qui dure depuis des décennies entre Israël et les groupes armés palestiniens.
Cette position est partagée par plusieurs chancelleries occidentales, qui voient dans cet assassinat une opportunité pour avancer vers un cessez-le-feu. « L’élimination du chef du Hamas ouvre une opportunité pour un chemin vers la paix et un avenir meilleur à Gaza, sans le Hamas », a déclaré Joe Biden, le président américain, lors d’une visite à Berlin ce vendredi 18 octobre. Il a ajouté que cet événement pourrait offrir une « occasion de tourner la page » sur la guerre à Gaza.
De son côté, Keir Starmer, le Premier ministre britannique, a également réagi. « La mort de Sinwar est une opportunité pour avancer vers le cessez-le-feu que nous appelons de nos vœux depuis longtemps », a-t-il affirmé à la sortie d’une réunion avec les dirigeants américain, allemand et français à Berlin. Il a par ailleurs demandé à Israël d’améliorer l’accès humanitaire dans la bande de Gaza, soulignant que « les civils dans le nord de la bande de Gaza ont besoin de nourriture maintenant ».
Le ministre des Affaires étrangères français, invité vendredi matin au micro de France Inter, a qualifié cet événement de « tournant », affirmant que « la mort du chef du Hamas doit être le moment de faire cheminer la région vers la paix ». Il a réitéré l’importance d’une solution à deux États, avec la création d’un État palestinien aux côtés d’Israël.
Le Hamas promet de continuer la lutte
Cependant, du côté des soutiens du Hamas, l’assassinat de Yahya Sinwar est perçu tout autrement. Le Hamas a confirmé vendredi la mort de son chef, et a immédiatement averti qu’il poursuivrait la lutte contre Israël. « Nous pleurons la mort du grand chef, le frère martyr Yahya Sinwar », a déclaré Khalil al-Hayya, un dirigeant du Hamas basé au Qatar, lors d’une vidéo diffusée sur Al Jazeera. Il a ajouté que « la mort de Sinwar renforcera » la résistance du mouvement.
Le Hamas a également précisé que la libération des otages israéliens, capturés lors des violences du 7 octobre, ne se produirait pas tant que « l’agression contre Gaza ne cessera pas ». Le groupe exige également le retrait des forces israéliennes du territoire palestinien et la libération des prisonniers détenus dans les prisons israéliennes.
Une escalade de la violence au Moyen-Orient ?
La mort de Sinwar a également suscité des réactions au-delà de la bande de Gaza, notamment au sein des alliés du Hamas dans la région. Le Hezbollah libanais a annoncé, jeudi soir, passer « à la vitesse supérieure » dans son conflit avec Israël. Le groupe chiite pro-iranien a affirmé avoir utilisé pour la première fois des missiles à guidage de précision contre les forces israéliennes.
En Iran, grand soutien du Hamas, les dirigeants voient dans cet assassinat une nouvelle motivation pour poursuivre la lutte. Le ministre des Affaires étrangères iranien a affirmé que Yahya Sinwar « reste une source d’inspiration » pour les résistants au Moyen-Orient, et que « la cause de la libération de la Palestine de l’occupation [israélienne] est désormais plus vivante que jamais ». Ce soutien sans faille à la résistance palestinienne souligne les tensions régionales croissantes après cet assassinat.
Une crise humanitaire préoccupante
Alors que les tensions montent dans la région, la situation humanitaire à Gaza devient de plus en plus préoccupante. Le Kremlin s’est dit « inquiet » des « conséquences pour la population civile » après la mort de Sinwar, dénonçant une « catastrophe humanitaire » en cours. Le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, a ajouté que « les conséquences pour la population civile sont notre principale préoccupation ».
Avec l’intensification des combats et la poursuite des bombardements israéliens sur Gaza, les civils restent pris au piège, sans accès suffisant à la nourriture, à l’eau et aux soins médicaux. La communauté internationale redoute que l’assassinat de Yahya Sinwar, au lieu de ramener la paix, entraîne une escalade encore plus violente des affrontements.
