- Depuis son arrivée au ministère de la Justice, Gérald Darmanin multiplie les initiatives pour répondre aux défis posés par le narcobanditisme et la criminalité organisée.
- Lors de sa récente visite à Marseille, Gérald Darmanin a présenté sa stratégie pur reprendre le contrôle face à des réseaux criminels toujours plus sophistiqués.
Depuis son arrivée place Vendôme, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a clairement affiché ses priorités : lutter contre la surpopulation carcérale, réduire les délais des procès et s’attaquer à la criminalité organisée, notamment le narcobanditisme. Lors de sa visite à Marseille jeudi 2 janvier, il a présenté un plan visant à renforcer la « supériorité de l’État » face à des groupes criminels toujours plus structurés.
Un plan ciblé contre les narcotrafiquants
« Commencer par les 100 premiers narcotrafiquants », c’est ainsi que Gérald Darmanin entend poser les bases d’une « démonstration par l’exemple ». Inspiré du modèle appliqué aux terroristes les plus dangereux, le ministre de la Justice souhaite isoler ces criminels en les fouillant systématiquement et en brouillant leurs communications. Cette stratégie vise à empêcher les trafiquants de poursuivre leurs activités depuis leur cellule.
L’usage des téléphones portables en prison est une autre cible du ministre. « Continuer à gérer son trafic ou à commanditer un assassinat en étant en détention est incompréhensible », a-t-il déclaré. En 2024, plus de 40 000 portables ont été saisis en prison. Toutefois, Darmanin prévoit des mesures ciblées pour limiter les coûts : « Brouiller toutes les cellules coûterait 500 millions d’euros ». Il souhaite donc être « plus ingénieux » en discriminant les détenus concernés.
Pour mettre en œuvre cette stratégie, il a demandé à l’administration pénitentiaire de fournir une liste des 100 profils les plus dangereux. Ce dispositif, surnommé « opération starter », sera testé avant d’être éventuellement étendu.
Frapper au portefeuille des criminels
Le ministre veut également s’attaquer au financement des réseaux criminels. « La criminalité a assez de moyens pour avoir des réseaux téléphoniques parallèles, pour mettre de l’argent dans l’immobilier ou la restauration, et pour corrompre des agents ou les menacer », a-t-il expliqué. En 2024, 41 millions d’euros ont été confisqués dans les Bouches-du-Rhône.
Darmanin souhaite généraliser la confiscation des biens mal acquis, incluant argent liquide, voitures et biens immobiliers, en France comme à l’étranger. Une visite aux Émirats arabes unis est prévue autour du 20 janvier pour renforcer la coopération internationale. « Cette question du blanchiment doit être la plus importante, car on peut faire mal aux trafiquants avant même leur condamnation », a-t-il affirmé. Il a rappelé qu’une loi existante permet des saisies avant jugement et qu’elle pourrait être généralisée.
Protéger les agents de l’État
Outre la lutte contre les narcotrafiquants, le ministre de la Justice entend renforcer la protection des agents publics. « Ceux qui menacent et corrompent les agents de l’État doivent recevoir des condamnations plus lourdes », a-t-il déclaré. Une circulaire sera présentée dans les prochains jours pour que les atteintes, menaces et corruptions soient suivies avec « la plus grande fermeté ».
Un parquet spécialisé en projet
Pour centraliser la lutte contre la criminalité organisée, Gérald Darmanin envisage la création d’un parquet spécialisé. Ce nouvel organe judiciaire permettrait une meilleure coordination et une réponse adaptée face à des crimes de plus en plus complexes.
Avec ces mesures, Gérald Darmanin affiche une volonté de fer pour s’attaquer au narcobanditisme et renforcer la souveraineté de l’État. « Faire mal aux trafiquants avant leur condamnation » est l’un des piliers de son action. Reste à voir comment ces initiatives seront mises en œuvre sur le terrain. Affaire à suivre !
