L’influenceur algérien Boualem N., connu sous le nom de Doualemn, a été interpellé dimanche 5 janvier à Montpellier et placé en centre de rétention administrative, suite à des propos jugés menaçant la sécurité publique.
Cette décision fait suite au retrait de son titre de séjour par le préfet de l’Hérault, François-Xavier Lauch, après la publication d’une vidéo sur les réseaux sociaux qui a suscité une vive réaction des autorités.
Une interpellation en réponse à des propos menaçant
L’affaire débute avec la diffusion d’une vidéo sur le compte TikTok de Doualemn, suivi par plus de 138 000 abonnés. Dans cette vidéo, l’influenceur a tenu des propos jugés incitatifs à la violence, notamment « tuez-le, laissez-le souffrir ». Bien que des traductions officielles aient précisé que les mots exacts n’appelaient pas directement à tuer une personne nommée Cohen, les autorités ont estimé que ces déclarations constituaient une provocation publique à commettre un crime. En conséquence, Boualem N. a été placé en rétention administrative en vue de son expulsion vers l’Algérie.

L’affaire a pris une ampleur après un signalement effectué par le maire de Montpellier, Michaël Delafosse (PS), qui a alerté les autorités sur la vidéo. Ce signalement a conduit à une enquête ouverte par le parquet de Montpellier, qui a confirmé que les propos de l’influenceur incitaient à la haine et à la violence, notamment contre des militants politiques algériens. Le préfet de l’Hérault a rapidement pris la décision de retirer le titre de séjour de Boualem N., soulignant que de tels discours représentaient une menace grave pour l’ordre public.
Selon le préfet, cette décision a été prise en raison des « provocations publiques à commettre un crime ou un délit et légitimant la torture », jugées comme des menaces sérieuses pour la sécurité publique. Le préfet a ajouté que l’État ne pouvait laisser passer de tels comportements, soulignant la nécessité de protéger l’ordre public face à des discours incitant à la violence.
La mise en centre de rétention administrative intervient alors que l’influenceur devra comparaître devant le tribunal correctionnel de Montpellier le 24 février 2025 pour répondre de ses actes. Il est poursuivi pour « provocation publique à commettre un crime ou un délit », une infraction qui pourrait entraîner des sanctions pénales importantes. Toutefois, en attendant son jugement, aucune mesure de restriction judiciaire n’a été demandée par le parquet, laissant la possibilité d’une expulsion à tout moment.
Ce n’est d’ailleurs pas le seul cas impliquant des influenceurs algériens en France. Le 7 janvier, un autre influenceur, Boualem N., a également été placé en centre de rétention en raison de publications jugées incitatives à la haine.
