- Réunis au Caire, les dirigeants des pays de la Ligue arabe ont adopté mardi un plan de reconstruction de la bande de Gaza, ravagée par 15 mois de guerre.
- Présenté comme une alternative au projet du président américain Donald Trump, ce plan vise à garantir la souveraineté palestinienne et à éviter tout déplacement forcé des habitants.
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a annoncé l’approbation du plan lors de la séance de clôture du sommet, précisant que l’Égypte avait étroitement collaboré avec la Palestine pour élaborer ce projet. Celui-ci garantit que les 2,4 millions d’habitants de Gaza resteront sur leur terre, en opposition à l’initiative de Donald Trump qui prévoyait leur déplacement vers l’Égypte et la Jordanie.
« Toute tentative odieuse de déplacer le peuple palestinien ou […] d’annexer une partie des territoires palestiniens occupés plongerait la région dans une nouvelle phase de conflits […] ce qui constitue une menace claire pour […] la paix », avertit la déclaration finale de la Ligue arabe.
Un plan pour la reconstruction de Gaza
L’Égypte a dévoilé un plan de reconstruction de la bande de Gaza, estimé à 53 milliards de dollars sur cinq ans, structuré en trois phases. La première étape, préparatoire, s’étend sur six mois et consiste à déblayer les débris, neutraliser les mines et installer des logements temporaires pour 1,5 million de personnes.
La deuxième phase, prévue entre 2025 et 2027, porte sur la réhabilitation des infrastructures essentielles, avec la construction de 200 000 logements permanents, la réparation des routes et la remise en état des réseaux de distribution.
Enfin, la dernière phase, programmée entre 2028 et 2030, vise le développement économique de la région, à travers la création de zones industrielles, d’un port commercial, d’un port de pêche et d’un aéroport.

Gouvernance transitoire et sécurité
La gestion du territoire sera confiée à un comité de technocrates indépendants, sous l’égide de l’Autorité palestinienne, durant une période transitoire de six mois. Abdel Fattah al-Sissi a précisé que « l’Égypte, en coopération avec ses frères en Palestine, a travaillé pour former un comité administratif de professionnels et de technocrates palestiniens indépendants chargés de gérer la bande de Gaza ».
Les forces de sécurité, composées de membres de Cisjordanie et de Gaza, seront formées en Égypte et en Jordanie, afin de garantir la stabilité du territoire. Le projet prévoit également la possibilité d’une présence internationale sous mandat de l’ONU.
Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a déclaré que l’ONU « soutenait fermement » ce plan. De son côté, le Hamas a salué cette initiative, bien qu’il ne fasse pas partie du processus de gouvernance transitoire.
Une conférence internationale des donateurs sera organisée au Caire afin de mobiliser les fonds nécessaires, sous la supervision d’un fonds international garantissant « l’efficacité, la durabilité du financement » ainsi que « la transparence et la surveillance nécessaires ».
Face aux projets américains, le plan de la Ligue arabe se présente comme une alternative pour la reconstruction de Gaza et la souveraineté palestinienne. En unifiant les rangs palestiniens et en mobilisant le soutien international, cette initiative pourrait marquer un tournant dans la quête d’une paix durable au Proche-Orient.
« L’État de Palestine assumera ses responsabilités dans la bande de Gaza par le biais de ses institutions gouvernementales», a affirmé Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, lors du sommet.
