- Le 22 mai 2025, l’administration Trump a révoqué la certification SEVIS de l’université Harvard, interdisant à l’institution d’accueillir des étudiants internationaux pour l’année universitaire 2025-2026.
- Cette mesure affecte environ 6 800 étudiants étrangers, soit 27 % de la population étudiante de Harvard.
L’administration Trump vient de déclencher une nouvelle tempête diplomatique et universitaire. Jeudi 22 mai, le gouvernement fédéral a brutalement retiré à l’université Harvard le droit d’accueillir des étudiants étrangers à partir de la rentrée 2025-2026. Une décision sans précédent qui a immédiatement suscité la réprobation de la communauté universitaire, mais aussi de Pékin, qui dénonce une « politisation » des études internationales.
Harvard visée : la certification SEVIS révoquée
« La certification du programme SEVIS de l’université Harvard est révoquée avec effet immédiat », a annoncé Kristi Noem, secrétaire à la Sécurité intérieure des États-Unis. Cette mesure signifie que l’institution, fondée en 1636, ne pourra plus accueillir d’étudiants munis de visas F ou J, essentiels pour les étudiants et chercheurs internationaux.
À ce jour, près de 6 700 étudiants étrangers sont inscrits à Harvard, soit 27 % de la population étudiante. Nombre d’entre eux sont originaires de Chine, qui constitue l’un des principaux viviers de recrutement pour l’université.
Un motif polémique et un ultimatum gouvernemental
L’administration justifie sa décision par le refus de Harvard de transmettre certaines informations jugées sensibles. Dans une lettre adressée à l’université, Mme Noem évoque « un environnement dangereux sur le campus, hostile aux étudiants juifs, encourageant les sympathies pro-Hamas et utilisant des politiques racistes de ‘diversité, d’équité et d’inclusion' ».
Harvard dispose de 72 heures pour fournir des documents concernant d’éventuelles activités « illégales » de ses étudiants étrangers au cours des cinq dernières années. Faute de quoi, l’interdiction pourrait s’étendre ou se durcir.
Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump a multiplié les attaques contre les grandes universités américaines, les qualifiant d’« institutions antisémite d’extrême gauche ». Dans son viseur : les mouvements étudiants critiques de la politique israélienne et les politiques de diversité, qu’il considère comme des vecteurs de division idéologique.
Harvard et ses soutiens dénoncent une dérive autoritaire
L’université n’a pas tardé à réagir. Dans un communiqué, son porte-parole Jason Newton dénonce une décision « illégale » et « profondément dommageable pour l’enseignement supérieur américain ».
« Nous sommes pleinement déterminés à préserver la capacité de Harvard à accueillir des étudiants et chercheurs internationaux, qui enrichissent l’université – et cette nation – de manière inestimable. », ajoute Jason Newton
L’Association américaine des professeurs universitaires (AAUP) à Harvard a également condamné une « mesure de représailles» et « une manifestation flagrante d’autoritarisme ». Elle affirme que « l’administration Trump cherche illégalement à détruire l’enseignement supérieur aux États-Unis ».
Pékin s’en mêle : un affront diplomatique pour la Chine
Vendredi 23 mai, la Chine a officiellement réagi. Le ministère des Affaires étrangères a dénoncé « la politisation de l’accès des étudiants internationaux à l’enseignement supérieur » américain. Pékin rappelle que les ressortissants chinois constituent une part importante de la population étrangère de Harvard.
« La démarche de la partie américaine ne fera que nuire à l’image et à la réputation internationale des États-Unis « , a déclaré un porte-parole du ministère. Cette réaction illustre l’ampleur diplomatique que pourrait prendre ce dossier, sur fond de tensions sino-américaines persistantes.
Une offensive aux multiples facettes contre les campus américains
Ce n’est pas la première attaque de l’administration Trump contre Harvard. Déjà affaiblie par le retrait de plus de deux milliards de dollars de subventions fédérales, l’université fait désormais face à une mesure susceptible d’affecter sa compétitivité mondiale et son modèle économique, largement fondé sur les droits d’inscription des étudiants internationaux.
Au-delà du cas de Harvard, c’est l’ensemble du monde universitaire qui retient son souffle. Plusieurs observateurs redoutent une remise en cause de l’indépendance académique et un climat délétère pour la liberté d’expression sur les campus.
