- En passe de rejoindre la zone euro, la Bulgarie coche enfin toutes les cases de la convergence économique.
- Après des années de turbulences, Sofia s’apprête à franchir une étape décisive vers l’intégration financière européenne.
Après des années de préparatifs et plusieurs reports, la Bulgarie s’apprête à intégrer la zone euro début 2026. La Commission européenne et la Banque centrale européenne (BCE) ont donné leur aval mercredi, estimant que le pays répond désormais aux critères économiques nécessaires pour adopter la monnaie unique.
« Le rapport d’aujourd’hui est un moment historique pour la Bulgarie, la zone euro et l’Union européenne », a salué Valdis Dombrovskis, commissaire européen à l’Économie. De son côté, Philip Lane, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), a félicité Sofia pour son « engagement remarquable » dans la mise en œuvre des réformes économiques.
Des indicateurs revenus dans les clous
Si le pays des Balkans semblait encore loin du compte il y a un an, la situation s’est nettement améliorée. En avril, l’inflation est retombée à 3,5 %, après avoir dépassé les 15 % au plus fort de la crise énergétique provoquée par l’invasion russe de l’Ukraine.
Le retour à la stabilité des prix a été un facteur déterminant dans l’évaluation de la BCE et de la Commission européenne, qui jugent également conformes les autres indicateurs clés : dette publique, déficit budgétaire, taux d’intérêt à long terme et taux de change.
La dernière étape de ce processus reste l’approbation formelle des ministres des Finances de la zone euro, attendue pour le 8 juillet prochain. Une simple formalité, selon les observateurs à Bruxelles.
Une adhésion contestée en interne
En Bulgarie, pourtant, cette perspective ne fait pas l’unanimité. Ces derniers mois, plusieurs manifestations ont été organisées à Sofia et dans d’autres grandes villes du pays, souvent alimentées par des campagnes de désinformation relayées sur les réseaux sociaux. Celles-ci mettent en avant des récits anxiogènes : risque de flambée des prix, perte de souveraineté monétaire, appauvrissement généralisé.
Le président Roumen Radev s’est fait l’écho de ces inquiétudes, allant jusqu’à proposer un référendum sur l’euro – une initiative rejetée par le Parlement, dominé par une majorité pro-européenne. Celle-ci accuse le chef de l’État de jouer la carte de l’influence russe pour freiner l’intégration européenne du pays.
Vers une intégration renforcée dans l’UE
Pour ses partisans, l’entrée dans la zone euro représente une avancée stratégique. Elle permettra à la Bulgarie de bénéficier de taux d’emprunt plus favorables, de renforcer l’attractivité de son économie pour les investisseurs étrangers et de faciliter les échanges commerciaux avec les autres États membres.
Elle offrira aussi au pays une voix dans les décisions de politique monétaire prises par la BCE – un levier supplémentaire à l’heure où l’Union européenne cherche à renforcer sa cohésion économique et géopolitique.
Dernier État à avoir rejoint la zone euro, la Croatie a adopté la monnaie unique en 2023. La Bulgarie pourrait être la prochaine, à condition que le calendrier soit tenu.
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