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Réforme des retraites : le Medef défend sa position et appelle à relancer un dialogue social constructif

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  • Alors que le conclave sur les retraites s’est terminé sans accord, le président du Medef, Patrick Martin, dénonce un format inadapté des discussions et plaide pour une gestion patronale plus responsable du système.
  • Pénibilité, carrières longues et coût du travail : les lignes de fracture persistent, mais le dialogue n’est pas rompu.

   Au lendemain de la fin du conclave sur les retraites, le président du Medef, Patrick Martin, a tenu à s’exprimer au micro de Franceinfo. S’il reconnaît l’échec des négociations, il refuse d’en porter la responsabilité exclusive.

 « Il faut que le dialogue social se poursuive », martèle-t-il, ajoutant : « On s’est prêté de bonne foi à cet exercice. On a fait des propositions très robustes, très sérieuses. »

Alors que plusieurs syndicats, dont la CFDT, pointent la responsabilité du Medef dans cet échec, Patrick Martin répond avec fermeté : « Si vous croyez qu’on a 18 jours à perdre pour faire semblant de négocier, c’est une erreur d’appréciation. Accabler le Medef, c’est dans l’ordre des choses. »

 Un format de négociation jugé inadapté

 Pour le patron des patrons, le problème réside moins dans les intentions que dans la méthode.

 « Le format n’était pas le bon. Il a conduit à ce que chacun campe sur ses positions », a-t-il indiqué

Selon lui, la solution résiderait dans une gestion directe des régimes de retraite par les partenaires sociaux. « Qu’on nous donne les clés sur les retraites. Prenons la main sur la gestion des retraites de base, appliquons une gestion responsable comme on le fait sur les retraites complémentaires, et les choses s’apaiseront et les solutions viendront », a-t-il ajouté.

Carrières longues et pénibilité : les points de blocage

Parmi les principaux sujets de désaccord figure la question des carrières longues. Patrick Martin admet que « la négociation a échoué sur les carrières longues », accusant certains syndicats de refuser de remettre en cause certains dispositifs.

« Les organisations syndicales ne veulent pas remettre en cause un certain nombre de dispositifs sur les carrières longues, ce qui permettrait de dégager des marges de manœuvre financière sans augmenter le coût du travail », déplore-t-il.

Le patron du Medef va plus loin en mettant en cause les motivations syndicales.« Un certain nombre d’organisations syndicales ont l’objectif non-dit de faire partir le plus possible de personnes avant l’âge légal. Si l’objectif, c’est que 50 % d’une classe d’âge parte avant l’âge légal, ça ne marchera pas. », ajoute -t-il.

 Il rejette également la proposition de la CFDT visant à permettre des départs anticipés pour les salariés exposés à la pénibilité, si les entreprises ne mettent pas en œuvre des mesures de prévention : « Il ne faut pas qu’un éventuel accord se traduise par une augmentation du coût du travail », explique -t-il.

Dialogue à poursuivre, selon la CPME

Malgré le blocage, les organisations patronales n’excluent pas une sortie de crise. Le président de la CPME, Amir Reza-Tofighi, s’est montré optimiste après un entretien avec le Premier ministre François Bayrou.

 « J’ai bon espoir qu’on puisse, dans les prochaines heures, en tout cas dans les prochains jours très vite, trouver un accord avec les organisations syndicales (…) On va discuter sans être autour d’une table, mais en tout cas, on va discuter entre partenaires sociaux pour réussir à trouver les voies de passage sur la pénibilité. », a-t-il déclaré

Le président de la CPME insiste sur l’enjeu humain : « Le sujet est comment on s’assure que les salariés qui font des métiers pénibles soient bien traités sur leur fin de carrière. Il faut vraiment que ce soit autour de la pénibilité qu’on puisse trouver la voie de passage. »

 Équilibre économique et social en ligne de mire

 Patrick Martin conclut en rappelant que la réforme des retraites ne peut faire abstraction de la réalité économique : « Il faut prendre en compte un objectif humain et un objectif économique de croissance et d’emploi. »

 Et d’insister sur la nécessité d’un compromis réaliste : « Équilibrer dans la durée les régimes de retraite, ne pas altérer la croissance, l’emploi et le pouvoir d’achat, et être raisonnable quant au nombre de personnes qui peuvent partir avant l’âge légal. »

 Pour le président du Medef, l’absence d’un « accord sur les objectifs stratégiques » a mené à l’impasse actuelle. Mais il garde confiance : « Nous serons constructifs et de partie prenante pour reprendre ces discussions. »

 

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