- Alors que le marché automobile européen accuse un recul global des immatriculations en 2025, les véhicules électriques et hybrides s’imposent de plus en plus face aux motorisations thermiques.
- Une transition énergétique en marche, mais encore loin des ambitions climatiques de l’Union.
Le début de l’année 2025 s’annonce morose pour l’industrie automobile européenne. Selon les derniers chiffres de l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA), les immatriculations de voitures neuves dans l’Union européenne ont reculé sur les cinq premiers mois de l’année, en comparaison avec la même période de 2024.
Seul le mois de mai a marqué une respiration positive, avec une légère hausse de 1,6 %. Ce sursaut ne suffit cependant pas à inverser la tendance globale, marquée par une demande en baisse sur de nombreux marchés.
Les véhicules électriques poursuivent leur ascension
Malgré ce ralentissement, les véhicules électriques à batterie (BEV) continuent de progresser. Sur l’ensemble des cinq premiers mois de l’année, leur part de marché atteint 15,4 %, en hausse par rapport à 2024. Le mois de mai s’est révélé particulièrement porteur, avec une hausse des ventes de 25 %.
L’ACEA nuance toutefois cette dynamique, estimant que les ventes restent « loin de ce qu’elles devraient être » au regard des objectifs climatiques européens.
Les hybrides en tête du marché
En parallèle, les voitures hybrides-électriques (HEV) se sont imposées comme la première motorisation vendue en Europe. Elles représentent désormais 35,1 % des ventes, grâce à une croissance de près de 20 % sur un an.
Ce sont notamment la France (+38,3 %) et l’Espagne (+35 %) qui ont tiré cette progression. Dans ces pays, l’hybride devient un compromis apprécié par les consommateurs encore hésitants à franchir le pas du 100 % électrique.
L’Espagne en tête de la reprise
Parmi les quatre plus grandes économies de l’Union (France, Allemagne, Italie et Espagne), seule l’Espagne affiche une croissance globale des immatriculations au cours des cinq premiers mois de l’année. Le marché y a progressé de 13,6 %, porté par une hausse spectaculaire des motorisations alternatives : +79 % pour les véhicules électriques, +66 % pour les hybrides rechargeables, et +35 % pour les hybrides simples.
Le recul des motorisations thermiques
Les voitures à essence et diesel continuent de perdre du terrain face aux alternatives électrifiées. Leur part de marché combinée est tombée à 38,1 %, contre 48,5 % un an plus tôt.
Quelques pays enregistrent toutefois des hausses ponctuelles. Les voitures essence ont progressé en Bulgarie, Croatie et Lettonie, tandis que les ventes de diesels ont crû en Hongrie, Lituanie, Pays-Bas et Slovénie.
Les leaders du marché européen
Malgré les bouleversements, le groupe Volkswagen reste le premier constructeur européen. Ses immatriculations ont progressé de 4,8 % sur un an. Sa marque Cupra se distingue particulièrement (+50 %), alors que Porsche accuse un repli notable de 22 %.
Stellantis enregistre une baisse de 10 %, tandis que Renault (+6,6 %) et BMW (+3,9 %) parviennent à progresser. Les groupes Toyota, Hyundai et Mercedes-Benz, en revanche, voient leurs ventes diminuer.
Tesla devancée par le chinois SAIC
Sur le segment électrique, le constructeur chinois SAIC Motor fait une percée spectaculaire. Ses ventes dans l’Union européenne ont bondi de 49,1 % entre janvier et mai, avec 88 475 véhicules immatriculés. Ce chiffre lui permet de dépasser Tesla, dont les immatriculations ont chuté de 45,2 %, à 50 413 unités.
Cette évolution souligne la montée en puissance des marques asiatiques, notamment chinoises, sur le marché européen de l’électrique.
Une transition qui s’accélère, mais reste incomplète
L’année 2025 confirme que le marché automobile européen est en pleine mutation. Si les ventes globales de voitures neuves reculent, les motorisations électriques et hybrides gagnent du terrain et redéfinissent les équilibres du secteur.
Toutefois, la route reste longue pour atteindre les objectifs climatiques et industriels fixés par l’Union européenne. L’électrification du parc automobile est désormais une réalité, mais elle devra s’intensifier dans les années à venir pour répondre aux défis environnementaux et concurrentiels qui se dessinent
