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Commerce extérieur : le Maroc enregistre une hausse des échanges, mais le déficit commercial se creuse

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  • En 2024, les échanges commerciaux du Maroc atteignent un niveau record de 1 217,6 milliards de dirhams.
  • Mais derrière cette dynamique : un déficit commercial continue de se creuser, illustrant les limites de la balance extérieure du Royaume.

   Les échanges commerciaux du Maroc avec le reste du monde ont poursuivi leur progression en 2024, atteignant 1 217,6 milliards de dirhams, en hausse de 6,3 % par rapport à l’année précédente. C’est ce que révèle le rapport annuel sur le commerce extérieur publié par l’Office des Changes. Une dynamique positive qui cache toutefois une réalité plus contrastée : le déficit commercial du Royaume s’aggrave, porté par une croissance plus rapide des importations que des exportations.

Un déficit commercial qui frôle les 305 milliards de dirhams

Les importations marocaines se sont établies à 761,3 MMDH, en progression de 6,4 %, alors que les exportations ont atteint 456,3 MMDH, soit une hausse de 6,1 %. Résultat : le déficit commercial s’élargit à -304,9 MMDH, contre -285,5 MMDH en 2023. Le taux de couverture s’en trouve légèrement réduit, passant de 60,1 % à 59,9 %.

L’économie marocaine reste ainsi fortement exposée aux aléas du commerce international, avec un taux de dépendance au PIB qui grimpe à 39,7 %, contre 39,2 % un an plus tôt.

Des importations tirées par léquipement et la consommation

Cette poussée des importations s’explique principalement par la hausse des achats de produits finis d’équipement (+13 %, 180,3 MMDH), de biens de consommation (+10,7 %, 177,5 MMDH) et de demi-produits (+8 %, 163,9 MMDH). La facture énergétique, en revanche, recule de 6,7 %, sous l’effet d’une baisse des prix, s’établissant à 113,8 MMDH.

Les importations alimentaires affichent une hausse modérée de 2,2 %, soutenue notamment par l’explosion des achats d’animaux vivants (+95,2 %) et de café (+73,9 %), malgré un net recul sur le blé et les tourteaux.

Lautomobile, locomotive des exportations

Du côté des exportations, le secteur automobile reste en tête avec 157,6 MMDH (+6,3 %), suivi de près par les phosphates et dérivés (87,1 MMDH, +13,5 %) et l’agroalimentaire (87 MMDH). L’aéronautique affiche également une croissance solide (+14,9 %), tandis que le textile et cuir recule légèrement (-0,5 %), confirmant les difficultés structurelles de cette filière.

LEurope domine encore, mais lAsie monte en puissance

Sur le plan géographique, l’Europe conserve sa position dominante, représentant 62 % des échanges commerciaux du Royaume. Toutefois, cette part diminue légèrement au profit de l’Asie (20,1 %), tirée par la Chine, avec une hausse remarquable de 18,4 % des flux bilatéraux.

Les échanges avec l’Amérique progressent également (+6,1 %), principalement grâce aux États-Unis (+15,8 %). En Afrique, la tendance s’inverse après une année difficile : les flux remontent de 6,3 %, grâce notamment à l’Égypte, principal partenaire du continent, avec une envolée de 34,7 %.

Des accords de libre-échange en faveur des partenaires

Les échanges sous accords de libre-échange (ALE) enregistrent une croissance notable de 8,5 %, particulièrement avec l’Union européenne (+6,7 %), les États-Unis (+14,7 %) et la Turquie (+8,2 %). Mais derrière ces chiffres positifs, le constat est sans appel : ces accords bénéficient davantage aux partenaires qu’au Maroc.

L’Europe, qui capte 71,4 % des exportations marocaines, reste la principale source de déficit commercial pour le Royaume, même si celui-ci s’est légèrement réduit à -103,2 MMDH en 2024, contre -107,4 MMDH un an plus tôt.

Dans le détail, l’Espagne conserve sa place de premier partenaire européen (29,1 % des échanges), suivie de la France (21 %), de l’Allemagne (8,4 %), de l’Italie (7,7 %) et de la Turquie (6,7 %).

Afrique : reprise des flux, mais solde en recul

Malgré la relance des échanges avec l’Afrique, notamment avec l’Égypte, le solde commercial africain du Maroc se détériore. Bien que toujours excédentaire, il chute à 7,2 MMDH, contre 12 MMDH précédemment.

Cette baisse s’explique par l’aggravation du déficit avec l’Égypte (+3 MMDH), ainsi que par une baisse des excédents avec la Côte d’Ivoire (-1,5 MMDH) et Djibouti (-1,3 MMDH).

Vers une nécessaire redynamisation de lappareil exportateur

Malgré des échanges en croissance, le déficit commercial structurel du Maroc demeure une source de préoccupation. L’écart persistant entre importations et exportations, couplé à des accords commerciaux déséquilibrés, met en lumière la nécessité de renforcer la compétitivité des filières exportatrices marocaines.

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