- Le Plan d’épargne retraite confirme son installation dans le paysage patrimonial des Français.
- Créé par la loi Pacte en 2019, le PER a dépassé fin 2025 le seuil symbolique des 150 milliards d’euros d’encours, porté par une progression soutenue des versements et par l’essor de l’épargne longue orientée vers le financement des entreprises.
Le Plan d’épargne retraite (PER) poursuit sa montée en puissance. Selon un communiqué publié dimanche 17 mai par le ministère de l’Économie, ce produit d’épargne a franchi au quatrième trimestre 2025 le seuil record des 150 milliards d’euros d’encours.
« Il y a désormais plus de 12,9 millions de titulaires du PER, pour un total de 150,4 milliards d’euros d’encours au 31 décembre 2025″, indique Bercy.
Créé en 2019 dans le cadre de la loi Pacte, le PER confirme ainsi son essor ininterrompu depuis 2020. Ses encours ont progressé de 20 % sur l’année 2025 et de 46 % en deux ans, selon les données consolidées des fédérations professionnelles distribuant ces produits, dont France Assureurs, l’AFG, la FNMF et la FIPS.
Les PER individuels concentrent l’essentiel des encours
La dynamique est visible sur l’ensemble des compartiments du marché. Les PER individuels restent le principal moteur du dispositif, avec 88,5 milliards d’euros d’encours à fin 2025, soit une hausse de 21 % sur un an.
Les PER d’entreprise collectifs affichent également une forte progression, à 33,86 milliards d’euros d’encours, en hausse de 22 %. Les PER obligatoires, de leur côté, atteignent 28,04 milliards d’euros, soit une progression de 13 %.
Cette croissance témoigne de l’appétit croissant des ménages pour les solutions d’épargne de long terme, dans un contexte où la préparation financière de la retraite s’impose comme un enjeu patrimonial central.
Une montée en puissance confirmée par les assureurs
Le succès du PER avait déjà été signalé par France Assureurs. En janvier, la fédération professionnelle indiquait que les versements sur ce produit d’épargne avaient progressé de 16 % en 2025, pour atteindre 20,2 milliards d’euros.
Cette progression illustre l’ancrage progressif du PER dans les stratégies d’épargne des ménages. Le dispositif permet aux titulaires de se constituer un capital sur le long terme, avec la possibilité, au moment de la retraite, de récupérer les sommes sous forme de capital ou de bénéficier d’une rente mensuelle.
La gestion est, dans la majorité des cas, déléguée aux assureurs. Le principe repose sur une allocation évolutive : plus le souscripteur est jeune, plus les placements peuvent être exposés à des supports risqués, notamment les unités de compte, potentiellement plus rémunératrices sur longue période. À l’approche de la retraite, l’épargne est progressivement sécurisée.
Un levier de financement pour les entreprises
Au-delà de la préparation de la retraite, le gouvernement met en avant le rôle du PER dans le financement de l’économie réelle. Selon Bercy, « le PER contribue directement à la diversification de l’épargne des Français, tout en finançant les entreprises sur le long terme. »
Le ministère précise que plus de 60 % des actifs du PER financent directement les entreprises, dont plus de 5 milliards d’euros investis dans des actifs non cotés.
Cette orientation devrait être renforcée par la loi Industrie verte. Celle-ci permet aux assureurs et aux gestionnaires d’actifs de flécher une partie des encours vers le capital-investissement dans les PME et ETI, les fonds d’infrastructures ou encore les actions de PME et ETI cotées, dans des conditions jugées équilibrées pour les épargnants.
Un développement appelé à se poursuivre en 2026
Pour l’exécutif, la trajectoire du PER devrait rester favorable en 2026. L’entrée en vigueur des dernières exigences réglementaires issues de la loi Industrie verte doit contribuer à orienter davantage l’épargne longue vers le financement des entreprises et de l’économie européenne.
Bercy inscrit cette évolution dans le cadre plus large des objectifs du rapport Draghi, qui plaide pour une mobilisation accrue de l’épargne privée afin de soutenir la compétitivité et l’investissement en Europe.
« Le PER franchit un seuil symbolique avec plus de 150 milliards d’euros d’encours. Le succès du PER est également une très bonne nouvelle pour le financement de long terme de nos entreprises, notamment européennes », a déclaré Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle énergétique et numérique.
Avec près de 13 millions de titulaires et une collecte toujours dynamique, le Plan d’épargne retraite confirme son statut de produit central dans l’épargne longue des Français.
