- L’Algérie anticipe une récolte céréalière exceptionnelle pour la saison en cours, à la faveur de conditions climatiques favorables, de l’élargissement des superficies cultivées et du renforcement des moyens de collecte.
- Depuis Timimoun, où il a donné le coup d’envoi de la campagne moisson-battage, le ministre de l’Agriculture, Yacine El Mahdi Oualid, a mis en avant le rôle croissant des wilayas du Sud dans la stratégie nationale de sécurité alimentaire.
Une campagne lancée sous de bons auspices. Le coup d’envoi de la campagne moisson-battage a été donné à Timimoun, depuis une exploitation du périmètre agricole de Stah Ougrout. À cette occasion, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine El Mahdi Oualid, a indiqué que la récolte céréalière s’annonce « prometteuse » pour la saison en cours.
Selon le ministre, les différents indicateurs convergent vers une moisson record pour les principales variétés de céréales. Une perspective soutenue par les conditions climatiques, mais aussi par les mesures d’appui engagées en début de saison agricole au profit des professionnels de la filière.
Semences, intrants, collecte : un dispositif renforcé
La campagne céréalière a bénéficié d’un accompagnement renforcé, notamment pour l’acquisition des engrais, des semences et des autres intrants agricoles. Au total, 4,2 millions de quintaux de semences certifiées ont été mis à disposition des céréaliculteurs afin de répondre à la demande enregistrée.
Plus de trois millions d’hectares ont été consacrés à la culture céréalière à l’échelle nationale. Dans le détail, plus d’un million d’hectares ont été réservés au blé dur, tandis qu’une superficie équivalente a été affectée à l’orge. Ces volumes traduisent la volonté des pouvoirs publics de consolider les cultures stratégiques, dans un contexte où la sécurité alimentaire demeure un enjeu économique majeur.
Timimoun, vitrine de la montée en puissance du Sud agricole
Dans les wilayas du Sud, où la campagne moisson-battage a débuté dès avril, la superficie emblavée a atteint environ 150 000 hectares. Les premiers résultats laissent entrevoir une récolte favorable, confirmant le potentiel croissant de ces territoires dans la production céréalière nationale.
La wilaya de Timimoun illustre cette dynamique. Selon Yacine El Mahdi Oualid, la superficie cultivée y a progressé de plus de 50 % par rapport à la saison précédente, ce qui témoigne « du dynamisme et du développement que connaissent les cultures stratégiques dans cette wilaya ».
D’après le directeur de wilaya des services agricoles, Rafik Benmansour, la production attendue dans la région devrait avoisiner les 700 000 quintaux de céréales, sur une superficie cultivée de 13 126 hectares. Ces terres sont réparties entre les périmètres d’Ougrout, Tinerkouk et Amguidène.
Plus de 1 200 moissonneuses mobilisées au niveau national
Pour sécuriser cette campagne, le dispositif de collecte a été consolidé. Le ministre a annoncé la mise en service, à l’échelle nationale, d’environ 300 moissonneuses-batteuses modernes de grande taille par la société Agrodiv. Objectif : réduire les pertes de production, accélérer les opérations de récolte et améliorer les conditions de travail des agriculteurs.
Cette montée en puissance de la mécanisation porte à plus de 1 200 le nombre total de moissonneuses mobilisées au niveau national, en incluant les équipements relevant de l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC).
Le ministre a également salué la mobilisation des différents acteurs de la filière, notamment autour de la formation des conducteurs de moissonneuses, assurée avec l’appui du secteur de la Formation professionnelle et des investisseurs. Cette coordination vise à améliorer les rendements à l’hectare et à relever le défi de la sécurité alimentaire.
Le stockage, autre maillon stratégique de la filière céréalière
Au-delà de la production, l’exécutif entend renforcer les capacités de stockage, un enjeu central pour limiter les pertes et sécuriser l’approvisionnement. Le programme lancé prévoit la réalisation de 350 centres de stockage de proximité, d’une capacité de 50 000 quintaux chacun, soit une capacité globale de 17,5 millions de quintaux.
Il comprend également la construction de 30 silos de stockage de céréales à long terme, d’une capacité de 250 000 quintaux chacun, ainsi que la levée du gel sur 16 silos suspendus depuis 2016.
L’objectif affiché est de porter la capacité totale de stockage des céréales de plus de 4 millions de tonnes actuellement à plus de 9 millions de tonnes. Un saut d’échelle présenté comme indispensable pour accompagner la hausse attendue de la production et renforcer la souveraineté alimentaire du pays.
