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IATF 2025 à Alger : la ZLECAf au cœur de l’intégration, de l’emploi et de l’industrialisation en Afrique

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  • À Alger, la 4 Foire commerciale intra-africaine place la ZLECAf au cœur de l’intégration économique : infrastructures intégrées, industrialisation, emplois et « Made in Africa ».
  • Dirigeants et institutions appellent à lever les barrières, investir localement et transformer les ressources en valeur ajoutée.

   Alger —  La 4ᵉ Foire commerciale intra-africaine (IATF 2025) s’est ouverte jeudi au Centre international de conférences (CIC) Abdelatif-Rahal, sous le slogan « Passerelle vers de nouvelles opportunités ». Au centre de la cérémonie d’ouverture, une séance-débat présidentielle a donné le ton : faire de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) le levier d’une intégration accélérée et d’une montée en puissance industrielle du continent.

Présidée par Abdelmadjid Tebboune, la session a réuni Mohamed Younes El-Menfi (Libye), Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani (Mauritanie), Kaïs Saïed (Tunisie), Daniel Chapo (Mozambique) et Mahamat Idriss Déby (Tchad). À leurs côtés, Kithure Kindiki, vice-président du Kenya, Lucia Witbooi, vice-présidente de la Namibie, Terrance Drew, Premier ministre de Saint-Christophe-et-Niévès, Nestor Ntahontuye, Premier ministre du Burundi, ainsi que l’ancien président du Niger Mahamadou Issoufou.

Dans un discours résolument tourné vers l’action, Abdelmadjid Tebboune a rappelé que « l’avenir de l’Afrique, auquel l’Algérie croit, repose sur la capacité collective de ses pays à mettre en place une infrastructure intégrée ». Il a appelé à créer un climat d’investissement favorable à tous, objectif qui « passe par la conjugaison des efforts, la mobilisation des énergies et l’unification du processus afin de transformer la ZLECAf en un véritable outil de développement ». Et d’insister :

« À l’Afrique de produire sa propre nourriture, d’investir ses richesses au profit de ses enfants et de prendre la place qui lui revient de droit dans le monde d’aujourd’hui et celui de demain », a affirmé le président algérien

Et d’ajouter : le continent « a besoin de développement » ; « celui qui veut mettre fin à l’immigration dite +irrégulière+ n’a qu’à nous aider à investir et à offrir des opportunités d’emploi aux jeunes africains ».

  L’allocution du president algérien Abdelmadjid Tebboune lors de la   cérémonie d’ouverture #IATF2025(CD@iatf2025)

Ressources et prospérité partagée

Depuis la tribune, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a relié stratégie nationale et agenda continental : « La Mauritanie est disposée à transformer ses ressources et ses capacités en ressources bénéfiques pour une prospérité participative, pour une prospérité commune, au bénéfice de notre continent. » Un message qui renvoie à l’exigence de chaînes de valeur régionales capables de transformer localement les ressources naturelles, plutôt que de les exporter à faible valeur ajoutée.

« Croire au Made in Africa »

Au nom de l’Union africaine, l’ambassadrice Selma Malika Haddadi, vice-présidente, a lancé un appel concret aux décideurs et aux capitaines d’industrie réunis à Alger :

« Avant de quitter l’Algérie, engagez-vous dans un partenariat, levez un obstacle, simplifiez un processus ou accordez votre confiance à un produit africain auquel vous ne faisiez pas confiance auparavant. Nous ne pouvons pas demander au monde de croire au “Made in Africa” si nous n’y croyons pas nous-mêmes. »

Elle a décrit l’intégration commerciale comme un parcours guidé par la vision, l’ambition et la prospérité partagée, en mettant en avant des initiatives phares de l’IATF : Pavillon des jeunes startups, Pavillon des femmes africaines dans la transformation, promotion de l’innovation, de la création de valeur et de l’industrialisation verte.

  Selma Malika Haddadi, Vice-présidente, Union Africaine   (CD@iatf2025)

Et d’appeler à des actions tangibles : lever les barrières, relier les économies, investir dans les produits fabriqués localement pour assurer la transformation économique du continent. Dans cette dynamique, ZLECAf et Banque africaine de développement sont présentées comme des instruments centraux pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2063.

Cap sur la valeur ajoutée et l’emploi

Pour Wamkele Mene, Secrétaire général de la ZLECAf, la photographie 2024 confirme le mouvement : « Le commerce intra-africain s’est fortement redressé en 2024, atteignant 220 milliards de dollars US — soit une hausse de 12,5 % par rapport à 2023. » Mais il prévient que les chiffres ne disent pas tout :

« Le véritable succès de l’IATF ne se mesure pas aux chiffres. Il se mesure aux emplois créés, aux femmes entrepreneures soutenues, aux PME renforcées et aux opportunités offertes aux jeunes entrepreneurs. »

Wamkele Mene, Secrétaire général de la ZLECAf ( Cd @iatf2025)

Olusegun Obasanjo, président du Conseil consultatif de l’IATF et ancien président du Nigéria, replace l’événement dans la durée : « Le Salon intra-africain du commerce s’est imposé comme la conférence la plus importante du continent en matière de commerce et d’investissement. »

Depuis 2018, rappelle-t-il, l’IATF a généré plus de 120 milliards de dollars US en accords commerciaux et d’investissement. Et de conclure sur la portée symbolique de la rencontre :
« L’IATF n’est pas seulement une foire commerciale, c’est un voyage à travers notre continent et l’Afrique mondiale, porté par des nations qui partagent la vision du commerce africain et de l’intégration régionale. »

Un agenda resserré, un cap clair

Organisée du 4 au 10 septembre, l’édition 2025 ambitionne de convertir les débats en deals, de connecter acheteurs et investisseurs et d’accélérer l’industrialisation via des plateformes thématiques (industries créatives, automobile, agro-transformation, numérique).

Sur la scène d’Alger, une ligne de force s’est imposée : sans infrastructures intégrées, sans climat d’affaires stable, sans foi partagée dans le “fabriqué en Afrique”, la ZLECAf ne pourra pas livrer tout son potentiel. Avec elles, en revanche, l’Afrique peut produire davantage, commercialiser mieux et créer des emplois.

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