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À l’ONU, Macron annonce la reconnaissance de l’État de Palestine par la France

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  • À la tribune de l’ONU, Emmanuel Macron a déclaré : « La France reconnaît aujourd’hui l’État de Palestine ».
  • Une annonce assortie d’un appel pressant à la paix et d’un engagement pour la reconstruction de Gaza.

   À New York, lundi 22 septembre, Emmanuel Macron a officialisé la reconnaissance par la France de l’État de Palestine. « La France reconnaît aujourd’hui l’État de Palestine », a proclamé le chef de l’État à la tribune de l’ONU. Cette décision, annoncée dès l’été, s’inscrit dans un mouvement diplomatique plus large, aux côtés notamment de la Belgique, du Luxembourg, du Royaume-Uni, du Canada, de l’Australie et du Portugal.

Un « symbole fort » que Paris entend prolonger par un engagement concret : la stabilisation et la reconstruction de Gaza, avec en ligne de mire l’éventuelle ouverture d’une ambassade française, conditionnée à un cessez-le-feu et à la libération des otages.

Pendant près de trente minutes, le président français a mis en scène l’urgence d’un règlement : « Le temps est venu de libérer les otages. Le temps est venu d’arrêter la guerre. Le temps de la paix est venu ». Et de prévenir : une paix « que nous sommes à quelques instants de ne plus pouvoir la saisir ». Selon lui, plus rien « n’impose la guerre à Gaza », alors que l’enclave est ravagée par des bombardements depuis deux ans, à la suite des attaques terroristes du Hamas le 7 octobre 2023.

L’Arabie saoudite, co-organisatrice de la conférence onusienne aux côtés de la France, a appelé l’ensemble des pays à prendre « une mesure historique et similaire (…) pour arriver à une paix totale au Moyen-Orient ».

« Le droit doit l’emporter sur la force », a-t-il plaidé, admettant que « certains diront trop tard, d’autres diront trop tôt », mais martelant : « nous ne pouvons plus attendre ».

Un acte politique présenté comme une responsabilité

Le chef de l’État a reconnu l’échec de la communauté internationale à tenir la promesse d’une paix durable. « La promesse d’un État arabe reste inachevée. Nous avons failli à bâtir une paix juste et durable au Proche-Orient », a-t-il regretté. Cette reconnaissance, a-t-il insisté, est « une manière d’affirmer que le peuple palestinien n’est pas un peuple de trop, fort de son histoire, de son enracinement, de sa dignité ».

L’étape de « la stabilisation et la reconstruction de Gaza »

Emmanuel Macron a esquissé un « deuxième temps » : « celui de la stabilisation et de la reconstruction de Gaza ». Il a rappelé les engagements de l’Autorité palestinienne (AP), dirigée par Mahmoud Abbas. Selon lui, ce dernier a « condamné les attaques terroristes du 7 octobre et pris l’engagement d’exclure le Hamas de la gouvernance future » de la Palestine. La solution, a-t-il résumé, réside dans un État palestinien « souverain et démilitarisé, reconnaissant Israël et reconnu par Israël ». La France, a-t-il assuré, est prête « à contribuer à une mission de sécurité » pour accompagner ce processus.

« La France reconnaît aujourd’hui l’État de Palestine », a proclamé le chef de l’État à la tribune de l’ONU

Ambassade : une ouverture conditionnée

Concernant l’établissement d’une représentation diplomatique, le président a temporisé : « Je pourrais décider d’établir une ambassade auprès de l’État de Palestine dès lors que tous les otages détenus à Gaza auront été libérés et qu’un cessez-le-feu aura été établi ». Une ligne rouge qui lie la reconnaissance politique à des garanties concrètes sur le terrain.

La décision française a été saluée « d’historique et courageuse » par l’Autorité palestinienne. L’Arabie saoudite, co-organisatrice de la conférence onusienne aux côtés de la France, a appelé l’ensemble des pays à prendre « une mesure historique et similaire (…) pour arriver à une paix totale au Moyen-Orient ». Des soutiens qui donnent la mesure de l’effet d’entraînement recherché par Paris.

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