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Agriculteurs : une « grande journée d’action » annoncée vendredi 26 septembre partout en France

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  • Après les mobilisations des 10 et 18 septembre, le monde agricole entend hausser le ton. FNSEA et Jeunes Agriculteurs appellent à une journée nationale d’actions pour dénoncer une concurrence jugée déloyale et l’empilement de normes.
  • Manifestations, blocages et opérations symboliques sont annoncés dans de nombreux départements.

La scène est désormais familière : des tracteurs alignés à l’aube, des gilets fluorescents sur le bas-côté, des banderoles qui claquent au vent. Vendredi 26 septembre, les agriculteurs promettent une « grande journée d’action » à l’échelle du pays. L’appel, porté par la FNSEA, principal syndicat, et les Jeunes Agriculteurs (JA), s’inscrit dans un mois de septembre déjà marqué par la mobilisation « Bloquons tout » du 10 et une journée intersyndicale le 18.

 « La période n’est pas facile sur les exploitations, entre la fin des récoltes et le début des semis, mais il y a urgence », prévient Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, qui invite « tous les départements » à se mobiliser. « À chacun sa façon d’exprimer sa colère… ce n’est qu’une première étape », insiste-t-il.

Concurrence et normes au banc des accusés

Au cœur du malaise, un sentiment de distorsion de concurrence. Les producteurs dénoncent l’arrivée d’œufs ukrainiens qui, selon eux, ne respecteraient pas les mêmes standards que la production française. L’accord UE–Mercosur inquiète également : il faciliterait l’importation de viande, sucre, riz, miel ou soja sud-américains, perçus comme une menace directe pour plusieurs filières européennes. S’ajoutent des taxes américaines pointées du doigt par la profession, et une complexité réglementaire devenue, disent-ils, « ingérable » au quotidien.

La revendication majeure est posée : remettre l’agriculture au cœur des politiques publiques et de la PAC, avec des règles lisibles, appliquées de la même manière aux produits importés et aux productions françaises, et des prix rémunérateurs garantissant la pérennité des fermes.

Un front syndical en ordre dispersé

Si plusieurs antennes locales de la Coordination rurale annoncent leur soutien à la journée du 26 septembre, la Confédération paysanne, troisième syndicat, prend ses distances. Elle critique « les fausses promesses de l’appel du 26 septembre porté par les dirigeants de la FNSEA » et conteste l’orientation donnée au mouvement. En filigrane, c’est la bataille des modèles agricoles — volumes, prix, transition — qui refait surface, alors que le terrain, lui, réclame des solutions immédiates sur les revenus et la simplification.

Sur le terrain : manifestations, blocages, opérations « coup de poing »

La palette d’actions annoncée est large : rencontres avec les parlementaires, interventions en grandes surfaces pour « vérifier les provenances », blocages de routes et de ronds-points, voire actions aux péages. Dans la Manche, la FDSEA promet des contrôles visibles dans les supermarchés.

En Haute-Garonne, une manifestation d’ampleur est annoncée, avec des regroupements par canton et des actions de blocage. Dans les Pyrénées-Orientales, le péage de l’A9 est dans le viseur. Le Tarn-et-Garonne a déjà connu des blocages en début de semaine et se prépare à remettre le couvert vendredi.

Côté circulation, la profession assure vouloir interpeller plus que paralyser, mais reconnaît que des perturbations seront inévitables selon les points sensibles (axe routier, zone commerciale, plateforme logistique). Les automobilistes sont invités à anticiper des itinéraires alternatifs et des temps de trajet allongés.

 « On produit, on se tait, et pourtant… »

 Sur les exploitations, la colère tient autant à l’économique qu’au symbolique. « On produit, on se tait, et pourtant ce sont nos charges qui montent et nos prix qui stagnent », glisse un céréalier, évoquant des factures d’intrants en dents de scie et des normes « qui changent plus vite que les semoirs ne sortent des hangars ». Le calendrier agricole, lui, ne pardonne pas : fin de campagne, semis à lancer, trésorerie sous pression. La journée du 26 est pensée comme un signal : « On ne demande pas la lune, on demande de pouvoir vivre de notre travail », résume une éleveuse.

 Ce que demandent les agriculteurs

  • Concurrence loyale : conditionner les importations au respect des mêmes standards sanitaires, environnementaux et sociaux.
  • Simplification : alléger et stabiliser les règles, éviter les surtranspositions et clarifier les contrôles.
  • Revenus : sécuriser des prix rémunérateurs sur les filières stratégiques, faire respecter la loi dans les négociations commerciales.
  • Souveraineté : replacer la production au centre de la PAC et des politiques publiques, en assumant des objectifs de sécurité alimentaire.

 

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