- Olivier Faure exige du Premier ministre Sébastien Lecornu une « copie complète » du projet de budget avant leur rendez-vous à Matignon vendredi 3 octobre.
- À défaut d’inflexions sociales et fiscales claires, le PS brandit la menace d’une motion de censure, jusqu’à une possible dissolution.
À l’approche d’un rendez-vous présenté comme « la dernière chance » vendredi 3 octobre à Matignon, le premier secrétaire du PS exige du Premier ministre Sébastien Lecornu un projet de budget détaillé, chiffré et cohérent. À défaut, les socialistes déposeront leur propre motion de censure et pourraient entraîner la chute du gouvernement.
Le ton est donné. Lundi 29 septembre, Olivier Faure a réclamé au chef du gouvernement de présenter « une copie complète » de son projet de budget lors de leur prochaine rencontre.Selon lui, la version dévoilée dans Le Parisien « ne peut pas être la copie d’arrivée ».
« On n’a pas très bien compris ce qu’il était prêt à faire (…) Je veux savoir exactement ce qui sera demandé aux Françaises et aux Français et quel sera le rendement des mesures », a-t-il déclaré sur BFMTV.
Un rendez-vous « de la dernière chance »
Les socialistes seront reçus à Matignon vendredi 3 octobre pour discuter des arbitrages finaux. Objectif : mesurer « jusqu’où » Sébastien Lecornu est prêt à aller en matière de justice sociale et fiscale.
« Tout dépend de lui et de sa capacité à entendre ce que demandent les Français », insiste Olivier Faure, rappelant qu’en 2024 « aucune majorité absolue » n’est sortie des urnes, avec « une préférence à l’égard de la gauche ».
Censure en vue si « rien ne change »
Le PS veut un budget global, pas un empilement de mesures. À défaut, « le résultat est déjà connu : il y aura une censure, ce gouvernement tombera et il y aura vraisemblablement une dissolution », avertit le patron des socialistes. Le parti est prêt à déposer sa propre motion. Concernant celle de La France insoumise, « nous verrons », temporise le député de Seine-et-Marne.
Justice fiscale : alternative à la taxe Zucman, mais même rendement
Sur le volet recettes, Olivier Faure se dit ouvert à une alternative à la taxe Zucman sur les très hauts patrimoines — rejetée par Matignon — à condition d’en préserver le rendement, que le PS chiffre à 15 milliards d’euros. L’enjeu, explique-t-il, est de « protéger les classes moyenne et populaire ».
« Ce que les ultrariches ne paient pas, ce sont tous les autres qui le payent », a -t-il ajouté
Il cible également le Medef, qui « fait semblant » de présenter cette taxe comme une charge pour les entreprises, alors qu’elle serait destinée aux patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros, prélevés à hauteur d’environ 2 % par an — des actifs qui « rapportent en moyenne de 10 à 12 % ».
Matignon sommé de « changer d’habitude »
Pour Olivier Faure, le Premier ministre « donne le sentiment de ne rien vouloir changer ». Selon lui, « les mêmes causes produiront les mêmes effets », prévient-il. Message sous-jacent : sans inflexion de cap et sans transparence sur l’ensemble des mesures — effort demandé, recettes et économies — le PS assumera d’ouvrir une crise parlementaire.
