7.2 C
Paris
lundi, février 16, 2026
AccueilActualitéMeeting du Medef du 13 octobre : pourquoi la CPME et l’U2P...

Meeting du Medef du 13 octobre : pourquoi la CPME et l’U2P disent non

Date:

  • La CPME et l’U2P refusent de participer à la « grande messe » voulue par le Medef le 13 octobre à Paris.
  • Les deux organisations dénoncent une initiative unilatérale et préfèrent porter leurs messages directement aux parlementaires.

Une rupture entre organisations patronales? La CPME, emboîtée par l’U2P, ne se rendra pas au meeting lancé par Patrick Martin (Medef) et choisit une stratégie de lobbying ciblé sur le budget à venir, en érigeant notamment le pacte Dutreil en « ligne rouge ».

Dans une interview au Parisien, le président de la CPME, Amir Reza-Tofighi, coupe court : « Non, nous n’irons pas à la mobilisation du Medef. Ce meeting n’a pas été préparé collectivement. Nous n’avons pas été consultés lors de sa préparation, sans quoi nous aurions dit que le calendrier est mal choisi », le gouvernement n’ayant « pas encore été nommé ».

Après consultation interne, le patron de la deuxième organisation représentative d’entreprises précise : « J’ai consulté mes instances. Et à une très forte majorité elles nous ont dit de ne pas participer à la mobilisation du 13 octobre. »

L’U2P refuse la « grande messe »

L’annonce du meeting par Patrick Martin a pris de court les autres organisations. Michel Picon, président de l’U2P (entreprises de proximité), a lui aussi décliné l’invitation, refusant de voir les petits patrons servir de « chair à canon » à une « lutte de classes inversée ». Une prise de position qui confirme l’ampleur du désaccord sur la méthode et le calendrier.

Parlement : la CPME mise sur le terrain institutionnel

Plutôt qu’un rassemblement, la CPME privilégie le terrain institutionnel. « Nous allons dans les prochains jours, contacter l’ensemble des députés et sénateurs de tous bords, pour que nos adhérents puissent aller à leur rencontre et expliquer la réalité des enjeux des entreprises pour le prochain budget », explique Amir Reza-Tofighi.

L’objectif est clair : peser directement sur les arbitrages budgétaires à venir. Amir Reza-Tofighi annonce une mobilisation de terrain, véritable tournée à travers le pays pour porter la voix des PME. L’idée est d’aller convaincre les élus là où se prennent les décisions. Comme il le résume lui-même, « nous allons déployer ce Tour de France pour dire aux parlementaires de ne pas s’attaquer au coût du travail, qu’il s’agisse des allégements de charges ou de nouvelles taxes ».

Il insiste également sur la transmission des entreprises, un point jugé crucial par la CPME : « Il ne faut pas non plus toucher au pacte Dutreil, qui permet de transmettre une entreprise familiale, même si des corrections peuvent être apportées », précise t-il.

Le pacte Dutreil, point de crispation majeur

Institué en 2003, le pacte Dutreil facilite la transmission d’entreprises en accordant un abattement de 75 % sur la valeur des titres transmis, sous condition d’un engagement de conservation porté aujourd’hui à six ans (huit ans initialement). Le dispositif serait dans le viseur de Bercy, notamment en raison de la règle imposant d’affecter « au moins 50 % d’actifs professionnels » au sein des holdings familiales, laissant mécaniquement la place à des actifs privés pour le solde.

Alors qu’un rapport de la Cour des comptes est attendu, la CPME fixe une limite nette : pour Amir Reza-Tofighi, remettre en cause le dispositif « c’est une ligne rouge ».

 

Les plus populaires