- Marine Le Pen, reçue dans le cadre des consultations à Matigon, salue un geste « plus respectueux de la démocratie ».
- La cheffe de file du Rassemblement national (RN) maintient toutefois la pression et prévient : sans « rupture » avec la politique menée depuis 2017, le gouvernement s’expose à une « censure ».
En renonçant au 49.3, Sébastien Lecornu « accepte l’idée qu’il doit trouver une majorité à l’Assemblée nationale », estime Marine Le Pen. Mais la présidente des députés RN fixe des lignes rouges sur l’immigration, la fiscalité des classes moyennes et la contribution à l’Union européenne, et prévient : « Pour le Rassemblement national, c’est la rupture ou la censure. »
Un renoncement « plus respectueux de la démocratie »
Marine Le Pen a jugé que l’annonce du Premier ministre — « il n’aura pas recours au 49.3 sur le budget » — était « plus respectueuse de la démocratie » que la méthode de ses prédécesseurs.
À l’issue de l’entretien, la présidente des députés RN dit ressortir « sans avoir une vision précise de ce que Monsieur Lecornu souhaite faire, ce qui est un peu inquiétant à quelques jours de la déclaration de politique générale ». Elle espère que le grand oral du Premier ministre, attendu la semaine prochaine, sera « plus clair » et « capable de marquer une vision », afin de « convaincre le Rassemblement national de participer aux travaux du budget ».
« Personne n’attend [la nomination] des ministres », a-t-elle observé, se disant davantage préoccupée par le futur discours de Sébastien Lecornu.
« Rupture » ou censure : les conditions posées par le RN
Marine Le Pen affirme qu’à ce stade, elle ne « voit pas bien la rupture avec le macronisme » et que la déclaration de politique générale « permettra de voir s’il existe une rupture ou pas ». Elle affirme avoir « réitéré au Premier ministre les exigences des électeurs du RN ». Selon elle, ces exigences tiennent en trois priorités : « arrêter avec la folie dépensière d’une immigration absolument dérégulée » ; « alléger si c’est possible, la pression fiscale sur les classes moyennes » ; et « retrouver de la sagesse dans la contribution à l’Union européenne ».
« Nous attendrons lundi pour voir s’il prend en considération ces éléments », ajout-elle
Une majorité à construire à l’Assemblée
En renonçant au 49.3, l’exécutif s’engage dans une voie plus parlementaire, où chaque vote comptera. L’équation politique reste délicate : il s’agit de rassembler au-delà de la majorité relative, sans quoi l’examen budgétaire pourrait buter sur des motions de rejet ou une « censure » soutenue par une partie des oppositions. Les consultations en cours à Matignon doivent préciser les marges de manœuvre du gouvernement et la réalité des convergences possibles.
