- Ce lundi 17 novembre, Paris accueille une édition inédite du sommet Choose France, entièrement consacrée aux entreprises françaises qui investissent dans l’Hexagone.
- Au programme : 30,4 milliards d’euros d’engagements, 151 projets et un message politique clair en faveur de la réindustrialisation et de la souveraineté économique.
Le sommet Choose France, traditionnellement vitrine de l’attractivité française auprès des investisseurs étrangers, inaugure pour la première fois une « édition France » dédiée aux champions tricolores. Avec 30,4 milliards d’euros d’investissements annoncés, des projets portés par Safran, Sanofi, Danone, Mistral ou encore Urgo, le gouvernement entend prouver que « Choose France n’est pas qu’un slogan » et que « les implantations se multiplient » sur tout le territoire.
Une « édition France » pour rassurer et mobiliser les entreprises
Ce lundi 17 novembre, ce sont 150 entreprises françaises – grands groupes, PME, ETI, start-up – ainsi que des fédérations professionnelles et des organisations syndicales et patronales qui sont attendues à Paris pour cette nouvelle édition du sommet Choose France. Pour la première fois, l’événement, habituellement tourné vers les investisseurs étrangers, consacre une « édition France » aux entreprises tricolores qui misent sur l’Hexagone.
Le gouvernement doit y annoncer 30,4 milliards d’euros d’investissements dans 151 projets répartis sur l’ensemble du territoire, a appris Echosplus auprès de Bercy. Parmi eux, 9,2 milliards d’euros irriguent des secteurs jugés stratégiques comme le tourisme, le numérique, la santé ou encore les transports.
Au total, 21,2 milliards d’euros d’investissements ont déjà été dévoilés par les entreprises au cours des douze derniers mois, preuve que la dynamique est déjà enclenchée.
Dans un contexte d’incertitude politique qui continue de peser sur le climat des affaires, cette édition veut envoyer un signal de stabilité aux acteurs économiques et mettre en lumière les décisions d’investissement des groupes français dans leur propre pays.
Budget 2026, souveraineté et attractivité au cœur des échanges
Au-delà des annonces chiffrées, le sommet se veut un lieu de dialogue entre les pouvoirs publics et les entreprises. Les participants sont invités à échanger sur le budget 2026 avec la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, mais aussi sur la diversification des partenariats avec le ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité, Nicolas Forissier.
La question de la souveraineté industrielle sera abordée avec le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin, tandis que la souveraineté numérique et l’essor de l’intelligence artificielle feront l’objet de discussions avec la ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, Anne Le Hénanff.
Le Premier ministre doit participer en début d’après-midi à ce rendez-vous qui réunit 150 entreprises, des fédérations professionnelles ainsi que des organisations syndicales et patronales. L’enjeu est clair : rassurer les investisseurs, maintenir le cap de la réindustrialisation et montrer que la France reste attractive, y compris pour ses propres champions.
Safran, Mistral, Urgo… des projets emblématiques sur tout le territoire
Parmi les groupes mis en avant figure Safran, acteur majeur de l’aéronautique, de l’espace et de la défense. Le groupe a annoncé l’ouverture d’une nouvelle usine en France et la construction d’une usine de freins carbone dans l’Ain, pour un investissement de plus de 450 millions d’euros à terme. Une décision qui s’inscrit dans la stratégie de montée en puissance industrielle et de renforcement de la filière aéronautique.
Le sommet devait également compter la présence de Mistral, pépite française spécialisée dans l’intelligence artificielle générative, qui a récemment levé 1,7 milliard d’euros. Sa participation illustre la volonté des pouvoirs publics de faire de la France un acteur de premier plan dans l’IA et de consolider sa souveraineté numérique.
Autre exemple de réinvestissement productif : Urgo, spécialiste du pansement, qui a annoncé un investissement de 50 millions d’euros pour l’ouverture d’une nouvelle usine dans la Loire. Un projet qui contribuera à la création d’emplois industriels et à la relocalisation de capacités de production en région.
Sanofi, Danone : des mastodontes qui réinvestissent dans l’Hexagone
Le secteur de la santé occupe également une place centrale dans cette édition France de Choose France. Sanofi doit y annoncer une enveloppe de 700 millions d’euros d’investissements « sur une année glissante » en 2025-2026. Ces montants concernent à la fois des projets déjà engagés mais aussi d’autres à venir , signe que le groupe pharmaceutique inscrit ses investissements dans la durée et sur plusieurs sites français.
Dans l’agroalimentaire, Danone a communiqué sur des prévisions d’investissement de 300 millions d’euros. Le groupe prévoit également la relocalisation de la production de plus de 45 000 tonnes de produits d’ici 2028. Un mouvement qui répond à des enjeux de souveraineté alimentaire, de sécurisation des chaînes d’approvisionnement et de réduction de l’empreinte carbone liée au transport.
Ces annonces s’inscrivent dans une tendance plus large de retour de certaines productions en France, encouragée par les pouvoirs publics à travers différents dispositifs de soutien à l’investissement industriel.
« Choose France n’est pas qu’un slogan »
Face aux interrogations du monde économique, le ministre de l’Industrie affiche sa détermination. Pour lui, « Choose France n’est pas qu’un slogan » : il entend « maintenir le cap » de la réindustrialisation et assure que « les implantations se multiplient » sur le territoire. Un message qui vise autant à rassurer les investisseurs qu’à soutenir les territoires industriels, parfois fragilisés par des décennies de désindustrialisation.
Cette première « édition France » du sommet a d’ailleurs vocation à être pérennisée, comme l’ont annoncé Bercy et Matignon. Les entreprises françaises ont clairement exprimé leur souhait que les investissements tricolores soient célébrés et valorisés lors d’un événement dédié, à la hauteur des enjeux économiques et sociaux qu’ils représentent.
