- Les dirigeants du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont tracé à Bahreïn une feuille de route pour renforcer l’intégration économique, touristique, numérique et sécuritaire de la région.
- Au cœur de la déclaration finale du 46ᵉ sommet : marché commun, union douanière, énergie propre et lutte contre les menaces régionales.
Réunis à Manama, les chefs d’État du Golfe (Arabie saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis (EAU), Koweït, Oman et Qatar) ont insisté sur « l’importance de finaliser les exigences du marché commun du Golfe et de l’union douanière », de « renforcer le commerce et le tourisme » et de « promouvoir les projets d’énergie propre et renouvelable ». Une vision d’ensemble qui vise à faire de la région un pôle économique intégré, une destination touristique unifiée et un acteur clé de la transition énergétique mondiale.
Vers un marché commun pleinement opérationnel
Dans le communiqué final du 46ᵉ sommet du Golfe, tenu à Bahreïn, les dirigeants ont réaffirmé leur volonté d’accélérer l’intégration économique entre les pays membres.
Ils ont souligné « l’importance de finaliser les exigences du marché commun du Golfe et de l’union douanière, de renforcer le commerce et le tourisme, et d’encourager l’investissement dans les projets stratégiques, en particulier dans les domaines des infrastructures, du transport, de l’énergie, des télécommunications, de l’eau et de l’alimentation ».
Cette orientation s’inscrit dans la continuité des réformes engagées depuis plusieurs années pour diversifier des économies longtemps dépendantes des revenus pétroliers. Le communiqué indique la volonté des États du Golfe de « poursuivre la réalisation d’un développement économique accru » et de consolider une base productive plus large, capable de résister aux chocs externes et aux fluctuations des marchés énergétiques.
Les dirigeants ont également mis en avant « la nécessité de poursuivre les voies de diversification économique et de renforcer une économie fondée sur l’innovation et la durabilité », afin de garantir « une prospérité à long terme pour les pays du Conseil et leurs peuples ».

Un bloc touristique unifié pour la région du Golfe
Parmi les annonces marquantes, les pays du Golfe affichent leur ambition de faire de la région « une bloc touristique unifié avec des législations et des procédures harmonisées ». L’objectif est clair : faciliter la circulation des visiteurs, simplifier les démarches administratives et créer une identité touristique commune, tout en valorisant les spécificités de chaque pays.
En rapprochant leurs réglementations, les membres du CCG espèrent attirer davantage de visiteurs internationaux, mais aussi encourager le tourisme intra-régional. La complémentarité des offres – tourisme religieux, culturel, balnéaire, d’affaires et de shopping – est appelée à devenir un levier de croissance majeur.
Intégration numérique et révolution des paiements électroniques
La transformation numérique est un autre pilier central de la déclaration. Les dirigeants ont affirmé leur engagement à « renforcer l’intégration des infrastructures numériques, faciliter le commerce électronique et soutenir le développement de systèmes communs de paiement numérique et de services cloud », estimant que ces mesures contribueront à « la réalisation d’une pleine citoyenneté économique » et au soutien d’« un développement global et durable ».
Les États du Golfe voient dans la digitalisation un moyen d’améliorer la compétitivité de leurs économies et de moderniser leurs services publics comme privés. Le communiqué met en avant « l’importance de renforcer la coopération dans les domaines de la technologie, de l’intelligence artificielle et de la cybersécurité », dans le cadre « d’une stratégie commune du Golfe » visant à « renforcer l’intégration des connaissances » et à « échanger les expertises en matière de transformation numérique ».
Les dirigeants insistent aussi sur la nécessité de « faire face à la cybercriminalité » et de « fournir un environnement numérique sûr pour les sociétés », en misant sur une participation plus active des jeunes et des femmes « dans la marche du développement ». Le texte souligne enfin « le rôle des centres de recherche et de réflexion dans l’anticipation du futur et l’élaboration de politiques publiques » au service du développement durable.
Climat, environnement et énergie propre au cœur de la vision
La dimension environnementale occupe une place importante dans le communiqué. Les pays du Golfe réaffirment « la responsabilité environnementale » qui leur incombe et s’engagent à « encourager les initiatives durables », à « renouveler l’engagement en faveur de la protection de l’environnement » et à « faire face aux défis du changement climatique ».
Les dirigeants déclarent vouloir « réduire les émissions de carbone, renforcer les projets d’énergie propre et renouvelable et préserver les ressources naturelles et marines », en cohérence avec « les initiatives du Golfe et mondiales visant à atteindre la neutralité carbone et les objectifs du développement durable ».
Ces engagements visent à repositionner les économies du Golfe dans un monde en transition énergétique, où les énergies fossiles occupent une place décroissante. Le développement des énergies renouvelables, des technologies de captage du carbone et des solutions d’efficacité énergétique devient ainsi un axe stratégique majeur.
Coopération industrielle et protection des produits du Golfe
Sur le plan industriel, les ministres et hauts responsables économiques du CCG prévoient d’« accélérer la mise en œuvre des mesures de protection collective » des biens et produits du Golfe. Lors d’une réunion du Comité de coopération industrielle tenue au Koweït, à laquelle participait le vice-ministre saoudien concerné, l’accent a été mis sur la nécessité de renforcer la compétitivité régionale face à la concurrence internationale.
Ces mesures visent à soutenir les industries locales, protéger certaines filières stratégiques et promouvoir des chaînes de valeur communes entre les pays membres. L’objectif est de consolider la base industrielle du Golfe et de créer davantage d’emplois de qualité pour les citoyens.
Sécurité régionale, lutte contre le terrorisme et coopération internationale
Au-delà de l’économie, le sommet a également abordé la dimension sécuritaire et géopolitique. Le communiqué souligne « le renforcement de la coopération internationale pour préserver la sécurité régionale » et la volonté de « consolider les liens de partenariat et de coopération politique, sécuritaire et économique avec les pays amis, les organisations internationales et les blocs économiques ».
Les dirigeants affirment leur détermination à « lutter contre toutes formes d’extrémisme, de terrorisme, de discours de haine et d’incitation », ainsi qu’à « faire face à la criminalité transfrontalière ». Ils réaffirment leur soutien aux « efforts des forces navales conjointes, basées au Royaume de Bahreïn », afin de « renforcer la sécurité énergétique, protéger la navigation maritime et le commerce international ».
Enfin, les pays du Golfe réaffirment leur objectif stratégique de « faire du Moyen-Orient une zone exempte d’armes nucléaires et d’armes de destruction massive » et de « prévenir les courses aux armements », dans le but de « renforcer la sécurité et la stabilité régionales ».
