- Mercredi 21 janvier, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a défendu la création d’une « allocation de solidarité unifiée ».
- Cette prestation viserait à unifier le RSA, la prime d’activité et des aides au logement, avec la mise en place d’un compte social unique accessible via un site en gouv.fr.
Une “allocation de solidarité unifiée” pour remplacer le RSA, la prime d’activité et une partie des aides au logement : c’est la réforme défendue par Jean-Pierre Farandou. Le ministre promet un compte social unique sur un site en gouv.fr, une loi pour poser les principes, puis “trois ans” de refonte technique. Et propose une méthode : réunir partis, syndicats, associations et collectivités pour calibrer un barème jugé décisif.
Jean-Pierre Farandou assume une ligne claire : créer une “allocation de solidarité unifiée” qui unifierait le RSA, la prime d’activité et les aides aux logements. Sur franceinfo, le ministre présente ce projet comme un outil central de la “politique de lutte contre la pauvreté”, avec “plusieurs objectifs”.
Cette réforme, déjà envisagée fin 2024 par Michel Barnier — alors Premier ministre — devait être lancée en 2025 avant d’être reprise par François Bayrou. Désormais, c’est le ministère du Travail qui pousse l’idée d’une architecture plus lisible, censée limiter les démarches multiples et les règles parfois contradictoires.
Un compte social unique pour lutter contre le non-recours
Premier pilier mis en avant : améliorer l’accès effectif aux prestations. “D’abord, l’objectif est d’aider au recours aux droits, parce qu’on va créer un compte social unique qui sera accessible de manière digitale”, défend Jean-Pierre Farandou.
Ce compte, annoncé comme accessible sur un site en .gouv.fr, doit permettre aux usagers de vérifier leurs droits plus facilement. Selon le ministre, ce dispositif “permettra à chaque Français de connaître l’état de ses droits. Les choses seront donc plus simples pour que les Français bénéficient légitimement de leurs droits”.
Deuxième objectif : réduire des inégalités de traitement jugées problématiques. Pour Jean-Pierre Farandou, le système actuel peut produire des situations “potentiellement pas très équitables”, notamment parce que certaines aides reposent sur un statut plutôt que sur le revenu.
“Il y a, par exemple, pas mal d’aides qui sont liées au statut de chômeur”, souligne-t-il, alors que “vous avez des chômeurs qui gagnent parfois plus d’argent que des gens qui travaillent”. Derrière cette formule, l’exécutif met en avant l’idée d’une allocation mieux ajustée aux ressources réelles, afin d’éviter des écarts difficiles à justifier.
Troisième axe, plus politique : l’emploi. “Le troisième objectif de la loi, c’est l’incitation au travail, parce qu’il est important que les Français soient incités à reprendre le travail”, insiste le ministre du Travail.
L’enjeu sera de construire un barème qui limite les effets de seuil et rende la reprise d’activité financièrement avantageuse. C’est l’un des points les plus sensibles de la réforme, car il touche directement au niveau des aides, aux conditions d’éligibilité et à l’équilibre entre soutien social et retour à l’emploi.
Trois ans de chantier et une loi pour fixer les principes
Le calendrier, lui, se veut long et structuré. “Les principes de cette réforme passeront dans une loi et ensuite, on aura trois ans pour mettre à plat tout le système, parce que ça passe aussi par un grand projet informatique”, explique Jean-Pierre Farandou.
La réforme implique en effet une transformation technique profonde : “Il faut fusionner toutes les bases”, résume le ministre, qui évoque une refonte de l’écosystème de données et des outils de gestion nécessaires à une allocation unique.
Un groupe de travail “avec tous” pour fixer le barème
Conscient des tensions possibles, Jean-Pierre Farandou propose une méthode de concertation large.
“On a donc trois ans devant nous, et je propose la mise en place d’un groupe de travail avec tous les partis politiques, tous les syndicats, toutes les associations, tous les départements, toutes les municipalités pour travailler ensemble sur la précision dans le barème de cette nouvelle allocation”, a t-il précisé
Autrement dit, le gouvernement veut éviter un barème décidé en vase clos, et mettre autour de la table les principaux acteurs sociaux et territoriaux. Un signal politique : la réforme, si elle avance, devra composer avec les réalités locales, les associations de terrain, les partenaires sociaux… et des arbitrages budgétaires forcément sensibles.
