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Acier brut : les États-Unis passent devant le Japon, la Chine reste intouchable

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  • Portés par une demande intérieure en hausse et une politique commerciale plus protectionniste, les États-Unis ont produit 82 millions de tonnes d’acier brut en 2025.
  • Un volume qui leur permet de repasser devant le Japon et de retrouver la troisième place mondiale, derrière la Chine et l’Inde.

   C’est un basculement symbolique et industriel : en 2025, les États-Unis ont dépassé le Japon en production d’acier brut pour la première fois depuis 1999. Avec 82 millions de tonnes, la production américaine a progressé de +3,1 % par rapport à 2024, selon les données annuelles de la World Steel Association (WSA). L’Amérique se hisse ainsi au troisième rang mondial, derrière la Chine et l’Inde.

Cette progression tranche avec une année globalement morose pour la sidérurgie mondiale. Hormis l’Inde, dont la production a augmenté de plus de 10 %, les États-Unis figurent parmi les rares grands pays à afficher une évolution positive en 2025.

Un contraste marqué avec la baisse en Chine, au Japon et en Europe

La performance américaine intervient alors que plusieurs puissances sidérurgiques ont vu leurs volumes reculer. La production a diminué de 4,4 % en Chine, de 4 % au Japon, de 4,5 % en Russie, de 8,6 % en Allemagne et de 2,6 % en Corée du Sud, selon la WSA.

Au Japon, la production est tombée à 80,7 millions de tonnes en 2025, soit -4 % sur un an. Une tendance de fond : dans les années 1970, la sidérurgie japonaise dépassait encore les 100 millions de tonnes. Le pays doit aujourd’hui composer avec des défis structurels, notamment le déclin démographique et une transformation industrielle qui pèsent durablement sur le secteur.

La recette américaine : demande intérieure et protectionnisme commercial

La croissance de la production d’acier aux États-Unis s’explique par une combinaison de facteurs, à la fois conjoncturels et politiques.

D’abord, la demande intérieure s’est renforcée, tirée par des secteurs clés : construction de centres de données dédiés à l’intelligence artificielle, projets énergétiques lourds et besoins d’infrastructures. Autant de chantiers qui consomment d’importants volumes d’acier.

Ensuite, l’administration de Donald Trump a durci sa politique commerciale. En mars 2025, des droits de douane de 25 % ont été introduits sur les importations d’acier et d’aluminium, avant d’être relevés à 50 % en juin. Une stratégie protectionniste qui a rapidement modifié la structure du marché domestique.

Effet direct : l’acier importé a perdu du terrain dans la consommation américaine. La part des importations, qui tournait autour de 25 % au début de 2025, est retombée à 14 % en novembre, selon des données publiées par Argus Media, spécialiste des matières premières.

Dans les faits, les industriels ont anticipé une hausse du prix de l’acier importé et ont privilégié un accroissement de la production locale. Une dynamique qui a contribué à soutenir les volumes américains sur l’ensemble de l’année.

Nucor évoque un carnet de commandes “historiquement élevé”

Du côté des entreprises, Nucor, principal producteur d’acier aux États-Unis, a communiqué sur un carnet de commandes “historiquement élevé”, en hausse de près de 40 % dans le secteur de la sidérurgie et de 15 % dans celui des produits sidérurgiques.

Le groupe estime que la demande restera soutenue, non seulement grâce aux centres de données et aux infrastructures, mais aussi via des projets publics tels que la sécurisation de la frontière américano-mexicaine. Nucor prévoit également d’achever d’ici fin 2026 une nouvelle usine de tôles en Virginie-Occidentale, dotée d’une capacité annuelle de 3 millions de tonnes courtes, afin de renforcer son appareil productif.

La Chine toujours ultra-dominante, l’Inde confirme sa montée en puissance

Malgré son recul, la Chine demeure très largement numéro un mondial. Avec près de 961 millions de tonnes produites en 2025 (soit -4,4 % sur un an), elle pèse à elle seule plus de la moitié de la production mondiale totale, estimée à 1.850 millions de tonnes par la WSA.

Derrière, l’Inde consolide sa deuxième place : 165 millions de tonnes produites en 2025, avec une progression de plus de 10 %. Une hausse portée par une demande intérieure robuste, liée à l’urbanisation et au développement des infrastructures.

Europe : une sidérurgie sous pression, la France en recul

En Europe, la sidérurgie traverse une période difficile. La production d’acier dans l’Union européenne a historiquement chuté et la part de l’Europe dans la production mondiale est passée d’environ 7 % à 4 % ces dernières années, sous l’effet de la concurrence étrangère et de défis énergétiques.

En France, la production d’acier brut est estimée à 9,82 millions de tonnes en 2025, soit une baisse de 8,7 % par rapport à 2024, selon la WSA. Cela place le pays au 20e rang mondial, loin derrière l’Allemagne (8e), l’Italie (12e) et l’Espagne (16e).

 

 

 

 

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