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Fed : Trump désigne Kevin Warsh pour succéder à Jerome Powell

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  • Donald Trump a annoncé, vendredi 30 janvier, avoir choisi Kevin Warsh pour prendre la tête de la Réserve fédérale américaine.
  • Ancien gouverneur de l’institution et partisan affiché de taux plus bas ces derniers mois, l’homme de 55 ans devra encore être confirmé par le Sénat.
  • Première réaction : un dollar plus ferme et un recul marqué de l’or et de l’argent, signe que les investisseurs ne le voient pas comme un simple relais politique.

   Donald Trump a finalement arrêté son choix ce vendredi 30 janvier pour la présidence de la Réserve fédérale : Kevin Warsh, 55 ans, figure connue des milieux d’affaires et ancien gouverneur de l’institution.

Pour être effective, la nomination doit encore être confirmée par le Sénat, où le parti présidentiel est majoritaire. Le mandat du président de la banque centrale américaine dure quatre ans et peut être renouvelé. L’actuel patron de la Fed, Jerome Powell, doit quitter son poste en mai.

Le président Donald Trump a officialisé son choix via Truth Social, avec une formule très personnelle :

 « Je connais Kevin depuis longtemps et je n’ai aucun doute qu’il restera dans l’histoire comme l’un des GRANDS présidents de la Fed, peut-être le meilleur. Par-dessus tout, il a “tout du premier rôle”, et il ne vous laissera jamais tomber. Félicitations Kevin ! »

 Plus tard, depuis le Bureau ovale, Donald Trump a assuré que Kevin Warsh était « bien sûr » favorable, comme lui, à un abaissement des taux directeurs — tout en affirmant ne pas lui avoir demandé de s’y engager.

Sur le fond, la mécanique de la Fed limite toutefois toute lecture “présidentialiste” : l’orientation des taux n’est pas décidée par le seul président, qui ne représente qu’une voix sur douze au sein du comité de politique monétaire.

Les marchés financiers ont semblé considérer, dès l’annonce, que Kevin Warsh ne servirait pas de cheval de Troie et saurait préserver l’indépendance de l’institution : le dollar a repris de la vigueur. Autre signal notable, le décrochage spectaculaire des cours de l’or et de l’argent, traditionnellement recherchés comme valeurs refuges, suggérant que les investisseurs estiment en avoir moins besoin à ce stade.

 Un ex-“faucon” de la Fed, critique de l’argent facile

Les opérateurs n’ont pas oublié que Kevin Warsh était classé parmi les “faucons” lorsqu’il était gouverneur (2006-2011). Dans le jargon des banques centrales, un “faucon” désigne un responsable très attaché à la lutte contre l’inflation, à l’inverse des “colombes”, plus enclines à la souplesse monétaire.

Propulsé à ce poste par George W. Bush, Kevin Warsh était devenu à 35 ans le plus jeune gouverneur de l’histoire de la banque centrale. Il aurait pu rester en fonctions jusqu’en 2018, terme initial de son mandat, mais avait démissionné en 2011, critiquant la poursuite d’une politique monétaire très accommodante mise en place après la crise financière de 2008.

Dans une tribune publiée par le The Wall Street Journal en novembre, il avait dénoncé la « gouvernance défaillante » de la Fed et défendu des « politiques pro-croissance » du gouvernement.

Un profil Wall Street, une trajectoire politique, un réseau très privilégié

Natif d’Albany, Kevin Warsh a étudié dans des universités prestigieuses — Stanford University et Harvard University — avant de passer par la banque Morgan Stanley, où il a atteint le rang de vice-président.

Il a ensuite quitté les fusions-acquisitions pour rejoindre l’exécutif, devenant conseiller économique de George W. Bush, notamment sur les flux de capitaux, les marchés financiers et les banques.

C’est aussi à cette période qu’il a épousé Jane Lauder, héritière de la famille du groupe de cosmétiques Estée Lauder. Un lien familial qui le rapproche de Donald Trump : le père de Jane, Ronald Lauder, milliardaire et grand contributeur du parti républicain, est un ami de jeunesse du président américain et un conseiller occasionnel.

Ce que change le choix Warsh : une bataille politique et monétaire

 La séquence s’ouvre désormais sur deux fronts. D’un côté, le passage obligé par le Sénat, où l’audition de Kevin Warsh sera scrutée pour ses positions sur l’inflation, la croissance et l’indépendance de la Fed. De l’autre, la question des taux : Donald Trump pousse pour un assouplissement, mais la décision restera collégiale — et les marchés, pour l’instant, semblent miser sur un président de la Fed capable de tenir la ligne institutionnelle.

 

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