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mardi, février 17, 2026
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Locaux de X perquisitionnés à Paris : la plateforme dénonce un “acte abusif”

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  • Les locaux français du réseau social X ont été perquisitionnés lundi dans le cadre d’une enquête pénale ouverte en 2025.
  • Mardi 3 février, la plateforme d’Elon Musk a fustigé une procédure “reposant sur des motivations politiques” et assure ne pas avoir commis d’infraction.
  • Le parquet de Paris enquête sur plusieurs chefs graves et a convoqué Elon Musk pour une audition le 20 avril.

   Une perquisition a été diligentée lundi dans les locaux français du réseau social X, a annoncé la procureure de Paris Laure Beccuau dans un communiqué. Cette opération s’inscrit dans le cadre d’une enquête pénale ouverte en 2025 pour vérifier la conformité des pratiques de la plateforme avec la loi.

Le parquet de Paris précise que les investigations portent notamment sur des infractions de complicité de détention et de diffusion d’images de mineurs présentant un caractère pédopornographique, de contestation de crime contre l’humanité, ainsi que sur l’administration d’une plateforme en ligne illicite en bande organisée.

X dénonce une procédure “politique” et réfute toute infraction

Au lendemain de l’opération, X a choisi la riposte publique. Dans un message publié mardi 3 février, l’entreprise a dénoncé un “acte judiciaire abusif” reposant “sur des motivations politiques”, affirmant qu’elle ne se laisserait “pas intimider”.

La plateforme assure que “les allégations ayant justifié cette perquisition sont infondées” et martèle qu’elle “réfute catégoriquement avoir commis la moindre infraction”.

X affirme que la perquisition vise, selon elle, des accusations liées aux mécanismes techniques de la plateforme : “Les autorités judiciaires françaises ont perquisitionné ce jour les bureaux parisiens de X dans le cadre d’une enquête pénale reposant sur des motivations politiques et faisant suite à des allégations de manipulation d’algorithmes et de prétendues extractions frauduleuses de données. Nous sommes déçus par ce développement mais il ne nous surprend pas.”

Dans sa communication, X critique également la médiatisation de la perquisition, y voyant la preuve d’un dévoiement de la procédure :

Le parquet de Paris a donné un large écho médiatique à cette mesure, démontrant ainsi qu’elle constitue un acte judiciaire abusif visant à atteindre des objectifs politiques illégitimes.”

La plateforme soutient que les autorités viseraient indirectement le siège et la direction aux États-Unis en passant par l’entité française : “Le parquet de Paris tente manifestement d’exercer une pression sur la direction générale de X aux États-Unis en visant notre entité française, étrangère aux faits poursuivis, ainsi que ses employés, au mépris des mécanismes procéduraux établis par les traités internationaux leur permettant de collecter des preuves ainsi que du droit de X de se défendre.”

L’enquête élargie au fonctionnement de Grok

Autre évolution notable : les investigations ont récemment été élargies au fonctionnement de Grok, l’outil d’intelligence artificielle associé à l’écosystème de X. Sans détailler les aspects précis examinés à ce stade, ce périmètre plus large place désormais l’IA et les systèmes algorithmiques au cœur du dossier, au moment même où X évoque des accusations de “manipulation d’algorithmes” et d’“extractions frauduleuses de données”.

La procureure de Paris a indiqué qu’Elon Musk, propriétaire de X, était convoqué pour être entendu le 20 avril dans l’enquête sur les dérives présumées de la plateforme. Linda Yaccarino, ancienne directrice générale de X, est également citée comme convoquée dans ce dossier.

X invoque la liberté d’expression et promet de se défendre

Dans son message, l’entreprise insiste sur une dimension de principe et affirme que la procédure porte atteinte aux libertés : “Cette mise en scène ne fait que renforcer (notre) conviction que cette enquête viole le droit français, constitue un détournement de procédure et porte atteinte à la liberté d’expression”, écrit X, se disant “déterminé à défendre ses droits fondamentaux ainsi que ceux de ses utilisateurs”.

Et de conclure : “Nous ne nous laisserons pas intimider par les mesures mises en oeuvre aujourd’hui par les autorités judiciaires françaises.”

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