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Compétitivité européenne : von der Leyen veut lever les barrières internes et accélérer l’union des capitaux

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  • À la veille d’un sommet européen décisif, la présidente de la Commission européenne appelle les Vingt-Sept à accélérer l’intégration du marché unique, à débloquer l’union des marchés des capitaux et à simplifier les règles.
  • Objectif : doper les entreprises européennes face à la concurrence américaine et chinoise.

Devant le Parlement européen, mercredi 11 février à Strasbourg, Ursula von der Leyen a donné le ton : l’Union européenne doit d’abord s’attaquer à ses propres freins si elle veut peser davantage dans la compétition mondiale. L’Europe doit « éliminer les entraves » internes à sa compétitivité, a-t-elle plaidé, faute de quoi elle ne pourra devenir « un vrai géant mondial ».

Le message intervient à la veille d’un sommet important de l’UE, où les Vingt-Sept doivent tenter de doper la compétitivité des entreprises européennes, confrontées à une concurrence « de plus en plus dure » de la part des acteurs chinois et américains.

Pour la présidente de la Commission,  parachever l’intégration économique en supprimant les barrières encore présentes entre États membres est une priorité. Citant la fragmentation « sous stéroïdes » du secteur financier européen, Ursula von der Leyen a appelé à finaliser au plus vite le marché unique en éliminant « un par un » les obstacles qui nuisent, selon elle, à l’activité économique dans l’Union.

Elle a également défendu une approche plus large, combinant ouverture commerciale et allègement des règles : poursuite des accords de libre-échange et « simplification » réglementaire pour libérer le potentiel de croissance.

Capitaux : « Nous devons le faire cette année »

Le financement de l’économie est l’un des angles d’attaque centraux de Bruxelles. Ursula von der Leyen a insisté sur l’urgence d’une action concrète pour mobiliser l’épargne et investir dans l’innovation.

« Nos entreprises ont besoin de capitaux dès maintenant. Nous devons le faire cette année », a-t-elle martelé devant les eurodéputés.

Dans cette optique, elle a annoncé qu’elle proposerait aux dirigeants européens d’approuver, lors du sommet européen de mars, une feuille de route commune pour l’union des marchés des capitaux à l’horizon 2028.

Pour illustrer la faiblesse structurelle de l’UE, la présidente de la Commission a comparé l’Europe aux États-Unis, où le système financier apparaît plus intégré et plus lisible pour les investisseurs.

« Prenons l’exemple des États-Unis. Un seul système financier, une seule capitale financière et une poignée d’autres centres financiers. Ici, en Europe, nous avons non seulement 27 systèmes financiers différents, chacun avec son propre superviseur », a-t-elle insisté.

La fragmentation des marchés se traduit aussi par un nombre très élevé de places boursières. « Mais aussi plus de 300 places boursières à travers notre Union. C’est une fragmentation à outrance. Nous avons besoin d’un marché des capitaux unique, vaste, profond et liquide. Et c’est l’objectif de notre Union de l’épargne et de l’investissement », a-t-elle ajouté, appelant à créer un marché capable d’absorber les besoins de financement des entreprises européennes.

La Commission ouvre la porte à la coopération renforcée

Au-delà des outils économiques, Bruxelles pousse aussi une méthode politique : avancer plus vite avec les pays volontaires, sans attendre l’unanimité. Dans une lettre adressée aux chefs d’État et de gouvernement, Ursula von der Leyen insiste pour utiliser davantage les mécanismes déjà prévus par les traités.

« Nous ne devons pas hésiter à utiliser les possibilités prévues dans les traités sur la coopération renforcée », écrit-elle dans ce courrier consulté par plusieurs médias. Ces coopérations renforcées, rarement mobilisées, permettent à un groupe d’États membres d’avancer sur certains dossiers sans être bloqué par les réticences des autres.

Enfin, Ursula von der Leyen a confirmé que la Commission présenterait en mars un projet visant à créer un nouveau statut juridique paneuropéen pour les entreprises, baptisé « EU Inc ». Ce dispositif, également appelé « 28e régime », doit permettre aux sociétés d’exercer leurs activités dans l’ensemble de l’Union « sans formalités supplémentaires ni surcoûts administratifs ».

Un outil pensé pour réduire la complexité administrative du marché intérieur — et faciliter l’extension à l’échelle européenne, notamment pour les PME et les jeunes entreprises.

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