- Le changement entre en vigueur ce dimanche 1er mars : la majoration des allocations familiales, versée jusqu’ici dès 14 ans, ne sera désormais déclenchée qu’à 18 ans.
- Pour certaines familles, la mesure représente un manque à gagner pouvant atteindre 900 euros par an.
- Le gouvernement met en avant des économies destinées à financer le futur congé de naissance prévu au 1er juillet.
La réforme est actée : selon un décret publié samedi 28 février au Journal officiel, le décalage de 14 à 18 ans de la majoration des allocations familiales pour les familles avec plusieurs enfants entre en vigueur dimanche.
Jusqu’ici, les foyers avec deux enfants bénéficiaient d’une majoration lorsque le plus jeune atteignait 14 ans. Pour les familles de trois enfants ou plus, cette augmentation intervenait pour chaque enfant franchissant cet âge, jusqu’à ses 20 ans.
À compter du 1er mars, la majoration n’interviendra qu’aux 18 ans de l’adolescent, et restera versée jusqu’à ses 20 ans.
Qui est concerné ? Une clause de maintien pour les 14 ans “déjà passés”
Le texte prévoit une transition : les familles dont l’enfant a eu 14 ans avant le 1er mars continueront de percevoir l’ancien dispositif. En clair, celles qui bénéficiaient déjà de la majoration ne la perdent pas.
En revanche, pour les ménages dont l’enfant atteint 14 ans à partir de cette date, il faudra désormais attendre quatre ans de plus pour que la majoration s’applique.
La majoration varie selon les revenus du ménage : de 18,88 euros à 75,53 euros par mois. Le décalage de 14 à 18 ans supprime donc, pour les familles concernées, quatre années de versement.
Conséquence : « pour certaines familles, cette mesure va entraîner un manque à gagner pouvant atteindre jusqu’à 900 euros par an ». Sur la période 14–18 ans, cela représente jusqu’à 3 600 euros par enfant pour les foyers percevant les montants les plus élevés de la majoration.
Des économies affichées pour financer le futur congé de naissance
Le gouvernement assume un objectif budgétaire. Selon le gouvernement, le décalage… permettra de réaliser 210 millions d’euros d’économies dès cette année, puis 1,2 milliard par an d’ici quatre ans. Ces économies doivent, toujours selon l’exécutif, contribuer à financer un nouveau dispositif social : le congé de naissance.
Ce congé, annoncé lors des discussions du projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2026, doit entrer en vigueur au 1er juillet et « s’ajoutera aux congés maternité et paternité ».
Congé de naissance : ce que prévoit le dispositif annoncé au 1er juillet
Dans sa version présentée, le congé de naissance serait de deux mois pour chaque parent . Côté indemnisation, il serait rémunéré à 70 % du salaire net le premier mois et 60 % le second ». Son coût est estimé à « 600 millions d’euros en année pleine ».
Techniquement, la mesure change un “seuil” d’âge. Concrètement, elle transforme le calendrier du soutien financier accordé aux familles au moment où les dépenses liées à l’adolescence s’intensifient. Avec un basculement à 18 ans, l’aide renforcée arrive désormais au moment de la majorité — et non plus à l’entrée au lycée ou en fin de collège.
Entre économies publiques revendiquées et impact immédiat sur le budget de certains foyers, la réforme devrait alimenter le débat dans les prochains mois, à l’approche de la mise en place du congé de naissance.
