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Crise des carburants : le gouvernement prêt à activer le chômage partiel pour soutenir les entreprises

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  • Face à la flambée des prix des carburants liée à la guerre au Moyen-Orient, l’exécutif envisage de nouvelles mesures pour protéger les entreprises.
  • Le recours au chômage partiel, ciblé sur les secteurs les plus touchés, est désormais sur la table.

   Le gouvernement anticipe les conséquences économiques de la crise énergétique. Invité sur franceinfo lundi 30 mars, Jean-Pierre Farandou s’est dit prêt à mobiliser un outil déjà éprouvé : « Je suis prêt à mettre en place des mesures de chômage partiel pour soulager les entreprises qui ont une baisse d’activité ».

Cette mesure concernerait « toutes les entreprises qui font face à une baisse d’activité brutale liée directement à la crise« , notamment dans le secteur des transports routiers. Le ministre précise toutefois qu’elles restent pour l’instant peu nombreuses, tout en assurant que « toutes les entreprises sont éligibles ».

Sur le plan financier, le ministre avance un coût « autour de 70 millions d’euros« , tout en appelant à la prudence :« Il faudra voir en avançant au fur et à mesure dans l’année« . Il confirme néanmoins l’engagement budgétaire de l’État : « Cette ligne dans le budget, on va l’engager ».

Ce mécanisme s’ajoute à un plan d’aide déjà annoncé, dont le montant total atteint 77,6 millions d’euros, destiné aux secteurs particulièrement exposés comme la pêche, l’agriculture et les transports. Parmi les mesures phares, une aide exceptionnelle de 20 centimes d’euro par litre de carburant sera versée aux TPE et PME du transport routier les plus en difficulté durant le mois d’avril.

Le Medef alerte sur l’ampleur des difficultés

Du côté des entreprises, le constat est plus préoccupant. Paola Fabiani estime que ces annonces vont « dans le bon sens« , tout en soulignant l’ampleur des tensions.

Contrairement à l’analyse gouvernementale, elle insiste : « Il y a des entreprises qui sont sévèrement touchées« , notamment dans les transports et la logistique, mais aussi dans des secteurs moins visibles comme le tourisme, les services à la personne ou encore certaines industries telles que la chimie et la plasturgie.

L’organisation patronale indique avoir mis en place une cellule de veille quotidienne pour suivre l’évolution de la situation auprès de ses 247 000 entreprises adhérentes.

Des mesures sur mesure réclamées par les entreprises

Face à cette diversité de situations, le Medef plaide pour une réponse différenciée. Paola Fabiani appelle à « des mesures adaptées à chaque secteur et à chaque entreprise« . Elle propose notamment des solutions immédiates pour soulager la trésorerie : « Des reports de paiements de charges sociales et fiscales au cas par cas, sans pénalité, pour ne pas encore plus alourdir la trésorerie qui est déjà très en tension ».

Selon elle, ces dispositifs permettraient de « jouer sur la trésorerie » sans fragiliser davantage les structures les plus exposées.

Dans un contexte international incertain, le gouvernement reste prudent. Jean-Pierre Farandou rappelle que les décisions dépendront de l’évolution de la situation : « C’est une décision qui peut être prise en fonction de ce qu’il se passe, et on voit bien qu’il y a beaucoup d’incertitudes« . Il insiste enfin sur les limites budgétaires : »L’argent de l’État n’est pas extensible« , appelant à un équilibre entre soutien économique et maîtrise des finances publiques.

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