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Trump-Iran : vers une trêve de deux semaines et des négociations à Islamabad

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  • Dans la nuit du mardi 7 au mercredi 8 avril, Donald Trump a annoncé suspendre pendant deux semaines l’intervention militaire américaine prévue contre l’Iran, à condition que Téhéran rouvre « totalement » le détroit d’Ormuz.
  • L’Iran a indiqué accepter des négociations avec Washington à Islamabad sous médiation pakistanaise, tout en précisant qu’il ne considérait pas cette séquence comme la fin de la guerre.

   C’est un revirement de dernière minute dans une crise déjà explosive. Dans la nuit du mardi 7 au mercredi 8 avril, Donald Trump a annoncé suspendre pour deux semaines la menace de frappes contre l’Iran, alors que son ultimatum arrivait à expiration.

Le président américain affirme avoir reçu de Téhéran un plan « viable » en dix points, ouvrant la voie à des discussions diplomatiques. Sur sa plateforme Truth Social, il a officialisé sa décision dans un long message :

« A la suite de discussions avec le Premier ministre Shehbaz Sharif et le maréchal Asim Munir, du Pakistan, au cours desquelles ils m’ont demandé de suspendre l’intervention militaire prévue ce soir contre l’Iran, et sous réserve que la République islamique d’Iran accepte l’OUVERTURE TOTALE, IMMEDIATE et SECURISEE du détroit d’Ormuz, j’accepte de suspendre les bombardements et les attaques contre l’Iran pour une période de deux semaines ».

Une annonce intervenue un peu plus d’une heure avant l’échéance fixée par Washington. Au cœur des tensions : le détroit d’Ormuz, passage clé du commerce énergétique mondial. Avant le conflit, près de 20 % du pétrole mondial y transitait. Depuis plusieurs semaines, l’Iran en bloque presque totalement l’accès.

Washington conditionne désormais toute désescalade à sa réouverture complète. Quelques heures avant de temporiser, Donald Trump avait pourtant haussé le ton de manière spectaculaire.

Le président américain avait menacé d’éradiquer « une civilisation entière » si Téhéran ne cédait pas, affirmant encore : « une civilisation entière va mourir ce soir », avant d’ajouter : « Je ne veux pas que cela se produise, mais ce sera probablement le cas ».

Le dernier ultimatum donnait à l’Iran jusqu’à 20 heures à Washington (minuit GMT) pour débloquer ce passage stratégique.

Vers un cessez-le-feu “réciproque” ?

 Malgré ces déclarations alarmistes, Donald Trump affirme désormais privilégier la voie diplomatique. Il évoque un possible apaisement militaire : « Il s’agira d’un CESSEZ-LE-FEU réciproque ! », a-t-il assuré, estimant que les États-Unis « ont déjà atteint et dépassé tous nos objectifs militaires » depuis le début des frappes américano-israéliennes le 28 février.

Le président américain a également évoqué des discussions « très avancées » en vue d’un accord « à long terme », indiquant que la proposition iranienne « constitue une base viable pour négocier ».

L’Iran accepte des négociations sous médiation pakistanaise

Du côté de Téhéran, les signaux sont prudents mais ouverts. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a confirmé sur X que son pays était prêt à faire un geste : « [L’Iran accepte de rouvrir] pendant une période de deux semaines le détroit d’Ormuz si les attaques contre l’Iran cessent ».

Dans un communiqué, le Conseil suprême de la sécurité nationale iranien a précisé : « Il a été décidé au plus haut niveau que l’Iran engagera, pendant une période de deux semaines (…), des négociations avec la partie américaine à Islamabad ».

Le Pakistan s’impose ainsi comme un acteur central de la médiation. Son Premier ministre, Shehbaz Sharif, avait d’ailleurs plaidé quelques heures plus tôt pour un délai supplémentaire, évoquant des « résultats substantiels » proches et la nécessité de « laisser la diplomatie suivre son cours ». Il avait « demandé instamment au président Trump de prolonger le délai de deux semaines ».

Malgré cette ouverture, l’Iran reste ferme sur un point : il ne s’agit pas d’un accord de paix. Le Conseil suprême de la sécurité nationale a tenu à préciser : « Il est précisé que cela ne signifie pas la fin de la guerre, et que l’Iran n’acceptera la cessation des hostilités que lorsque » les négociations auront abouti.

Selon plusieurs médias iraniens, le plan proposé par Téhéran inclut notamment la reconnaissance de son droit à enrichir l’uranium et la levée des sanctions américaines.

L’annonce d’une désescalade a immédiatement eu un impact sur les marchés mondiaux. Les prix du pétrole ont chuté de près de 18 %, repassant sous la barre des 100 dollars le baril. Après plus de cinq semaines de frappes israélo-américaines, cette pause diplomatique ouvre une fenêtre d’accalmie. Mais elle reste fragile.

Entre exigences américaines, conditions iraniennes et négociations à venir, l’équilibre demeure précaire. Le succès ou l’échec des discussions à Islamabad pourrait déterminer l’évolution d’un conflit aux répercussions mondiales.

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