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Liban : les frappes israéliennes menacent le cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran

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  • La trêve conclue entre les États-Unis et l’Iran vacille déjà. Au Liban, des frappes israéliennes massives ont fait plus de 250 morts, suscitant l’inquiétude de l’ONU et des Européens.
  • Emmanuel Macron et plusieurs dirigeants appellent à inclure Beyrouth dans le cessez-le-feu, au risque sinon d’un embrasement régional.

    À peine entrée en vigueur, la trêve au Moyen-Orient apparaît déjà extrêmement fragile. Le cessez-le-feu négocié entre les États-Unis et l’Iran est mis à rude épreuve par une intensification des frappes israéliennes au Liban.

Mercredi, Israël a lancé une vague de bombardements d’une ampleur inédite depuis la reprise des combats avec le Hezbollah le mois dernier. Plus de 100 sites liés au mouvement soutenu par Téhéran ont été visés. Selon le service de défense civile libanais, ces frappes ont fait plus de 254 morts et plus de 1.000 blessés, aggravant une situation humanitaire déjà critique.

Face à cette escalade, le président français Emmanuel Macron a insisté auprès de ses homologues pour que le Liban soit inclus dans l’accord de cessez-le-feu. Plusieurs responsables européens ont aussi exprimé leur inquiétude face à l’exclusion du Liban du périmètre de la trêve.

La ministre britannique des Affaires étrangères, Yvette Cooper, a dénoncé une offensive israélienne “profondément préjudiciable”. Elle a averti que l’accord actuel pourrait “déstabiliser toute la région” s’il ne s’étendait pas au Liban.

 “Cette escalade que nous avons observée hier de la part d’Israël, je pense, a été profondément préjudiciable et nous voulons voir la fin des hostilités au Liban”, a-t-elle déclaré sur Times Radio.

Elle a également insisté sur la nécessité d’une coopération entre les parties : “Il est vraiment important que le gouvernement israélien et le gouvernement libanais puissent travailler ensemble pour faire face à cette menace du Hezbollah”.

De son côté, la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a estimé que “les actions israéliennes mettent le cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran sous forte pression”, appelant à ce que “la trêve avec l’Iran s’étende au Liban”.

L’ONU met en garde contre un “grave danger” pour la paix

Les Nations unies tirent également la sonnette d’alarme. Le porte-parole du secrétaire général Antonio Guterres a averti que la poursuite des opérations militaires au Liban faisait peser un “grave danger” sur l’accord en cours.

 “La poursuite de l’activité militaire au Liban fait peser un grave danger sur le cessez-le-feu et les efforts menés en faveur d’une paix durable et générale dans la région”, a-t-il déclaré dans un communiqué. L’institution appelle à une cessation immédiate des hostilités pour éviter un embrasement généralisé.

Téhéran dénonce une “violation claire” du cessez-le-feu

 L’Iran accuse Israël d’avoir violé les termes de l’accord. Le président Masoud Pezeshkian a dénoncé des frappes constituant une“violation claire” du cessez-le-feu. Selon lui, ces attaques “rendraient les négociations dénuées de sens” et témoignent d’“un signe dangereux de tromperie et de manque d’engagement envers de potentiels accords”.

Le président iranien a également mis en garde : “Nos mains restent sur la détente”, affirmant que Téhéran n’abandonnera jamais ses “frères et sœurs libanais”.

Même position du côté du président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, qui a affirmé que le Liban était une “partie indissociable du cessez-le-feu”. Il a averti que toute violation entraînerait “des coûts explicites et des réponses FORTES”.

Désaccords autour du rôle du Pakistan dans l’accord

Au cœur des tensions diplomatiques, une divergence majeure oppose les parties sur le périmètre du cessez-le-feu. L’Iran et le Pakistan, médiateur clé, affirment que le Liban est dans l’accord, tandis que les États-Unis et Israël soutiennent le contraire.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a demandé à son homologue pakistanais Shehbaz Sharif de clarifier la situation, afin“d’éviter toute répétition des attaques israéliennes que nous avons vues hier”.

Beyrouth sous les bombes, Israël maintient ses frappes

 Sur le terrain, les bombardements se poursuivent. Jeudi, des frappes israéliennes ont visé le sud du Liban, notamment le village de Zrarieh, où un immeuble résidentiel a été touché. À Beyrouth, le quartier de Chiyah a été lourdement endommagé, avec plusieurs immeubles touchés.

L’armée israélienne a également émis un ordre d’évacuation pour les banlieues sud de la capitale, notamment le quartier de Jnah, annonçant de nouvelles frappes contre des positions du Hezbollah. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a affirmé qu’Israël “continuera de frapper le Hezbollah partout où cela sera nécessaire”.

Alors que la communauté internationale multiplie les appels à l’apaisement, la situation reste explosive. L’absence d’accord clair sur l’inclusion du Liban fragilise l’ensemble du dispositif diplomatique mis en place entre l’Iran et les États-Unis.

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