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Tunisie : les exportations progressent, mais le déficit commercial continue de se creuser

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  • Malgré une hausse des exportations portée par l’huile d’olive et les industries mécaniques, la Tunisie voit son déficit commercial se creuser à 5 232,7 millions de dinars au premier trimestre 2026.
  • La facture énergétique et la progression des importations continuent de peser lourdement sur les équilibres extérieurs.

   Le déficit commercial de la Tunisie s’est établi à -5 232,7 millions de dinars au premier trimestre 2026, contre -5 049,5 millions de dinars un an plus tôt, selon les données publiées par l’Institut national de la statistique (INS).

Cette aggravation intervient dans un contexte de reprise modérée des échanges extérieurs. Si les exportations ont progressé, elles n’ont pas suffi à compenser la hausse continue des importations, maintenant la balance commerciale dans le rouge.

Dans le détail, le déficit reste largement tiré par la facture énergétique, qui constitue le principal poste de déséquilibre des échanges extérieurs. À cela s’ajoutent les déficits enregistrés au niveau des matières premières, des biens d’équipement et des biens de consommation, confirmant la dépendance structurelle du pays à l’égard des importations.

Seul le secteur alimentaire affiche un excédent, contribuant à atténuer partiellement le déficit global. Malgré cela, l’amélioration du taux de couverture observée sur la période traduit un rééquilibrage limité, insuffisant pour inverser la tendance.

Des exportations en progression grâce à l’industrie et à l’agroalimentaire

Les exportations tunisiennes ont enregistré une hausse de 6,1 % au cours du premier trimestre 2026. Cette performance est principalement portée par les industries mécaniques et électriques, ainsi que par le secteur agroalimentaire. Ce dernier bénéficie notamment d’une forte dynamique des ventes d’huile d’olive, confirmant son rôle stratégique dans les recettes en devises.

Le secteur énergétique contribue également à cette progression, grâce à l’augmentation des exportations de produits raffinés. En revanche, certains secteurs traditionnels restent en difficulté. Les mines et le textile-habillement affichent des contre-performances, pénalisés par des contraintes à la fois conjoncturelles et structurelles.

L’Union européenne, partenaire commercial clé

Sur le plan géographique, l’Union européenne demeure le principal débouché des exportations tunisiennes, concentrant plus des deux tiers des ventes à l’étranger. Les exportations vers ce marché ont progressé, notamment à destination de la France, de l’Italie et de l’Allemagne. En revanche, des reculs ont été observés sur d’autres marchés européens, traduisant une évolution contrastée selon les partenaires.

Les échanges avec les pays arabes présentent également des dynamiques divergentes : certaines destinations du Moyen-Orient enregistrent des hausses significatives, tandis que les exportations vers les pays du Maghreb sont en repli.

Des importations toujours élevées

Parallèlement, les importations ont augmenté de 5,5 % au premier trimestre, atteignant un niveau élevé. Cette progression s’explique par une hausse généralisée des achats dans toutes les catégories de produits, notamment les produits énergétiques, les produits alimentaires et les biens d’équipement.

L’Union européenne reste le principal fournisseur de la Tunisie, bien que les échanges avec certains partenaires hors Europe évoluent de manière contrastée.

Au total, la structure du commerce extérieur tunisien met en évidence une forte dépendance énergétique et une vulnérabilité sectorielle persistante. Malgré des signaux positifs du côté des exportations, notamment dans l’agroalimentaire et l’industrie, le rythme soutenu des importations continue de creuser le déficit.

Les données de l’INS confirment ainsi que le rééquilibrage de la balance commerciale reste un défi majeur pour l’économie tunisienne à court et moyen terme.

 

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