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jeudi, avril 30, 2026
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Croissance à l’arrêt, inflation en hausse : l’économie française sous pression

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  • Selon l’Insee, la croissance française a été nulle au premier trimestre 2026, contre +0,2% au trimestre précédent.
  • En avril, les prix à la consommation ont progressé de 2,2% sur un an, sous l’effet notamment de la hausse des prix de l’énergie.

   C’est une contre-performance inattendue. Le produit intérieur brut (PIB) de la France est resté stable au premier trimestre 2026 (0%), après une progression de 0,2% au dernier trimestre 2025, selon la première estimation publiée jeudi par l’Insee.

L’institut statistique met en avant une demande intérieure « atone » et une contribution du commerce extérieur « fortement négative». Ce diagnostic suggère que le ralentissement de l’activité était déjà à l’œuvre avant même le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, le 28 février.

Le chiffre tranche avec les projections récentes. La Banque de France évoquait encore récemment une croissance pouvant atteindre « jusqu’à 0,3% ». Fin mars, l’Insee avait lui-même revu sa prévision à 0,2%, contre 0,3% initialement.

Une consommation des ménages toujours fragile

Dans ce contexte, la consommation des ménages peine à jouer son rôle de moteur. Certes, les dépenses de biens ont rebondi en mars (+0,7% sur un mois), après un repli marqué en février (-1,4%). Mais ce sursaut ne suffit pas à compenser la faiblesse du trimestre.

Sur l’ensemble du premier trimestre 2026, la consommation de biens recule de 0,6%, après +0,4% au trimestre précédent. En cause, notamment, le net repli des dépenses en énergie (-2,3% après +0,5%), sous l’effet des ajustements sur le gazole, le gaz et l’électricité.

En mars, ces dépenses apparaissent quasi stables (+0,1%). Dans le détail, la consommation d’électricité « se redresse légèrement », tandis que celle de gasoil diminue, précise l’Insee.

La consommation alimentaire n’échappe pas à cette dynamique. Elle s’inscrit en léger recul sur le mois (-0,1% après -0,6% en février) et sur le trimestre, pénalisée notamment par une baisse marquée des achats de tabac (-3,5%). Hors tabac, elle progresse toutefois marginalement (+0,1%).

L’inflation accélère, portée par l’énergie

Autre signal de tension : le retour de l’inflation. Selon l’Insee, les prix à la consommation augmentent de 2,2% sur un an en avril, après 1,7% en mars. Il s’agit du niveau le plus élevé depuis juillet 2024. Cette accélération s’explique largement par l’énergie. Les prix des produits pétroliers bondissent de 14,2% sur un an, après +7,4% en mars, dans un contexte de forte hausse des cours du pétrole liée aux tensions au Moyen-Orient.

Sur un mois, les prix poursuivent leur progression pour le troisième mois consécutif (+1% en mars, +0,6% en février). La hausse est tirée à la fois par les services — notamment les transports et l’hébergement — et par l’énergie, en particulier le gazole, l’essence et les combustibles liquides.

Dans le détail, les prix des services accélèrent légèrement sur un an, tandis que ceux de l’alimentation ralentissent. Les produits manufacturés, eux, enregistrent une baisse un peu plus marquée que le mois précédent.

L’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH), qui permet les comparaisons européennes, progresse de 2,5% sur un an en avril, après +2% en mars. Sur un mois, il augmenterait de 1,2%.

La tendance dépasse le seul cadre français. Dans la zone euro, l’inflation a atteint 2,6% en mars, son plus haut niveau depuis mi-2024. Elle pourrait se rapprocher de 3% en avril, selon un panel d’économistes interrogés par Factset.

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