- Sonatrach signe deux accords stratégiques pour renforcer sa production pétrolière et ses exportations énergétiques.
- Le groupe investit dans le développement du champ de Hassi Bir Rekaiz et signe un mémorandum d’entente ouvrant la voie à l’exportation de pétrole et de produits pétroliers vers l’Égypte.
Un projet à plus d’un milliard de dollars dans le bassin de Berkine. Sonatrach poursuit sa feuille de route industrielle. Le groupe a conclu un contrat d’ingénierie, d’approvisionnement et de construction (EPC) avec la compagnie thaïlandaise PTTEP et un consortium réunissant Petrojet et Arkad pour accélérer le développement du champ de Hassi Bir Rekaiz, situé dans le bassin de Berkine, au sud-est du pays.
Le montant du contrat dépasse le milliard de dollars, confirmant l’importance stratégique de cet actif. Le projet prévoit la construction d’une station de traitement d’une capacité supérieure à 31.000 barils par jour, ainsi que des installations connexes pour le gaz et les eaux de production. Le calendrier d’exécution est fixé à 39 mois.
Au-delà de l’investissement, le projet mise sur une intégration significative du contenu local, un axe désormais central dans la politique industrielle algérienne.
Une trajectoire de production ambitieuse
Entré en production en juin 2022 avec 13.000 barils par jour, le champ de Hassi Bir Rekaiz a rapidement monté en cadence pour atteindre 17.000 barils en août 2023. La seconde phase doit permettre de franchir un nouveau cap.
L’objectif est de porter la production à 30.000 barils par jour d’ici 2029, puis doubler ce volume à 60.000 barils par jour à l’horizon 2031. Une montée en puissance progressive qui s’inscrit dans la stratégie de sécurisation des capacités nationales.
L’Égypte, nouveau débouché commercial
En parallèle, Sonatrach renforce son positionnement à l’export. Le groupe a signé un mémorandum d’entente avec la compagnie nationale égyptienne EGPC, première étape vers la conclusion de contrats de vente de pétrole et de produits pétroliers. La cérémonie a réuni plusieurs responsables de premier plan, dont le ministre algérien de l’Énergie Mohamed Arkab, son homologue égyptien Karim Ibrahim Ali Badawi et le PDG de Sonatrach Nour Eddine Daoudi.
Cette ouverture vers le marché égyptien traduit une volonté de diversification des débouchés dans un contexte de recomposition des flux énergétiques régionaux.
Une coopération énergétique à dimension régionale
Dans un contexte marqué par la recherche de sécurité énergétique, Alger et Le Caire entendent approfondir leur coopération. « Ces accords s’inscrivent dans le cadre du renforcement des relations de coopération fraternelle privilégiées entre l’Algérie et l’Égypte », a déclaré Mohamed Arkab.
Selon lui, ces partenariats « reflètent également la volonté commune de consolider la coopération arabe et africaine et de promouvoir les partenariats stratégiques entre les pays du continent ».
Le ministre a également mis en avant un environnement d’investissement qu’il juge « prometteur« , soutenu par des réformes législatives destinées à renforcer l’attractivité du secteur.
Sonatrach mise sur des alliances à forte valeur ajoutée
Pour le PDG du groupe, ces accords traduisent une stratégie d’ouverture maîtrisée. Nour Eddine Daoudi a souligné « l’engagement du groupe à s’inscrire dans des alliances internationales à haute valeur ajoutée », estimant que le partenariat avec le consortium Petrojet/Arkad « représente une étape décisive dans l’avancement du projet ».
Côté égyptien, Karim Badawi a salué « la profondeur du partenariat solide » entre les deux pays, considérant que ces initiatives ouvrent « de nouvelles perspectives au secteur de l’énergie ». Il a également qualifié la participation de Petrojet d’« étape déterminante et extrêmement importante« .
À travers ces deux accords, Sonatrach confirme sa volonté d’accroître ses capacités de production tout en élargissant ses débouchés commerciaux. Une stratégie qui vise, à terme, à consolider la place de l’Algérie comme acteur clé du marché énergétique régional et international.
