- Une délégation économique allemande de haut niveau est en visite en Algérie pour renforcer les partenariats dans le gaz, les technologies bas carbone et l’hydrogène vert.
- Au cœur des discussions : le projet « TaqatHy+ », doté de 28 millions d’euros, destiné à réduire les émissions de méthane et à soutenir la transition énergétique.
L’Algérie et l’Allemagne accélèrent leurs discussions autour des enjeux énergétiques et de transition bas carbone.Une délégation économique allemande de haut niveau, conduite par Oliver Rentschle, directeur général chargé de la géoéconomie au ministère fédéral des Affaires étrangères, est en visite en Algérie.
La délégation a été reçue par Miloud Medjelled, secrétaire général du ministère des Hydrocarbures, en présence de l’ambassadeur d’Allemagne en Algérie, de cadres du ministère et de représentants du groupe Sonatrach.
Côté allemand, la mission réunit des responsables du ministère des Affaires étrangères et du ministère de l’Economie, ainsi que des représentants de grands groupes énergétiques et industriels, dont Bosch, Siemens et VNG.
Une coopération énergétique jugée « solide et fructueuse »
Selon le ministère des Hydrocarbures, la rencontre a permis de passer en revue l’état actuel et les perspectives de la coopération bilatérale algéro-allemande. Une relation qualifiée de « solide et fructueuse », notamment dans le secteur de l’énergie.
Les discussions ont porté sur plusieurs dossiers stratégiques : la commercialisation du gaz naturel, l’intégration de technologies bas carbone dans l’industrie gazière, la réduction des émissions de méthane et les projets pilotes de production d’hydrogène vert portés par Sonatrach.
Pour Alger comme pour Berlin, l’enjeu est de consolider une coopération déjà engagée, tout en l’orientant davantage vers les impératifs de transition énergétique et de décarbonation industrielle.
Le gaz algérien, levier d’un partenariat plus technologique
Dans un contexte de recomposition des approvisionnements énergétiques en Europe, l’Algérie confirme son rôle de partenaire stratégique pour l’Allemagne. Mais les échanges ne se limitent plus à la seule commercialisation du gaz naturel.
Les deux parties souhaitent désormais développer des partenariats « fondés sur le transfert de connaissances et d’expertises, la maîtrise des technologies de production et la promotion de l’intégration nationale ».
Cette orientation traduit une volonté de faire évoluer la coopération vers des projets industriels plus intégrés, associant formation, technologie, efficacité énergétique et localisation progressive de certaines activités.

« TaqatHy+ », vitrine de la coopération algéro-allemande
La rencontre a également permis d’examiner l’état d’avancement du projet « TaqatHy+ », consacré à la réduction des émissions de méthane et du torchage dans l’industrie gazière.
Le contrat d’exécution de ce projet a été signé en avril 2025. Doté d’une enveloppe totale de 28 millions d’euros, il bénéficie du soutien de l’Union européenne depuis février 2025, venu compléter un financement allemand de 13 millions d’euros.
Mis en œuvre par la GIZ, « TaqatHy+ » doit se poursuivre jusqu’en mai 2029. Son objectif est d’accélérer le déploiement des énergies renouvelables, le développement de l’hydrogène vert et l’intégration de solutions innovantes en matière d’efficacité énergétique.
Selon le communiqué du ministère, « ces travaux contribuent au respect des engagements internationaux en matière de climat et stimulent l’innovation technologique ainsi que le développement des compétences et des savoir-faire locaux ».
L’hydrogène vert au cœur des nouvelles ambitions
Au-delà du gaz, l’hydrogène vert s’impose comme l’un des axes structurants de la relation énergétique entre Alger et Berlin. Sonatrach développe déjà des projets pilotes dans ce domaine, tandis que l’Allemagne cherche à sécuriser, à moyen terme, des partenariats capables d’accompagner sa stratégie de décarbonation.
Pour l’Algérie, cette coopération représente une opportunité de valoriser son potentiel énergétique, solaire et industriel, tout en renforçant ses capacités technologiques locales.
Des projets concrets attendus dans le pétrole et le gaz
Miloud Medjelled a souligné l’importance de poursuivre le développement des échanges techniques et scientifiques entre les experts et les institutions des deux pays. Le secrétaire général du ministère des Hydrocarbures a également insisté sur la nécessité de mettre en œuvre de nouveaux projets concrets, fondés sur des technologies modernes et des solutions innovantes.
Les secteurs pétrolier et gazier, la fabrication et la localisation des équipements associés, ainsi que la formation et le développement des capacités humaines figurent parmi les priorités retenues.
Alger veut inscrire la coopération dans la durée
A l’issue de la rencontre, les deux parties ont réaffirmé leur volonté de renforcer la coopération bilatérale et de développer des partenariats mutuellement avantageux.
Pour Alger, l’objectif est de faire de la coopération énergétique avec l’Allemagne un levier de modernisation industrielle, de transfert technologique et d’intégration nationale. Pour Berlin, il s’agit de consolider un partenariat énergétique avec un acteur clé du bassin méditerranéen, à l’heure où la sécurité d’approvisionnement et la transition bas carbone redessinent les alliances énergétiques.
