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France : l’inflation remonte à 2,2 % en avril, portée par les prix de l’énergie

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  • L’inflation repart à la hausse en France, portée par l’envolée des prix de l’énergie et des produits pétroliers.
  • Si la Banque de France estime que le mouvement reste, à ce stade, concentré sur l’énergie, elle prévient qu’elle restera vigilante face au risque d’effets de second tour.

   Le reflux de l’inflation marque une pause en France. Selon l’estimation définitive publiée mercredi 13 mai par l’Insee, les prix à la consommation ont progressé de 1 % sur un mois et de 2,2 % sur un an en avril.

Ce rebond intervient après une période de modération des prix, dans un contexte marqué par de nouvelles tensions sur les marchés de l’énergie, en particulier sur le pétrole. Il remet au premier plan la sensibilité de l’économie française aux chocs énergétiques internationaux.

Services, transports et hébergement en hausse

Dans le détail, l’Insee attribue une partie de cette progression à des facteurs saisonniers. La hausse des prix s’explique par celle, en grande partie saisonnière, des prix des services (+1,2 % après +0,2 %), notamment de ceux du transport (+9,1 % après une stabilité) et de l’hébergement (+4,9 % après –0,8 %) , précise l’institut statistique.

Les transports et l’hébergement ont ainsi fortement contribué à la progression mensuelle des prix, sous l’effet des déplacements et de la demande saisonnière.

L’énergie concentre l’essentiel de la pression

Mais le principal moteur du rebond reste l’énergie. Les prix de ce poste ont bondi de 14,3 % sur un an en avril, après +7,4 % en mars. La progression est encore plus spectaculaire pour les produits pétroliers, dont les prix ont augmenté de 31,4 %, contre +18,1 % le mois précédent.

Pour François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, « la hausse de l’inflation est aujourd’hui concentrée sur les prix de l’énergie ». Invité mercredi 13 mai sur franceinfo, il a relié cette poussée au conflit au Moyen-Orient, rappelant qu’avant cette guerre, la France « avait l’inflation la plus basse d’Europe, autour d’1 % », contre « 2,5 % » aujourd’hui.

La Banque de France se veut toutefois rassurante sur l’ampleur du phénomène. « Il n’y a pas de diffusion » de cette hausse de l’inflation « vers les autres biens et services », a souligné François Villeroy de Galhau.

Le gouverneur estime que « cette inflation sous-jacente », c’est-à-dire la transmission des hausses à l’ensemble des produits, « est aujourd’hui extrêmement maîtrisée ». Il prévient néanmoins que l’institution monétaire regardera « avec attention cette diffusion éventuelle ».

 Les taux maintenus, la vigilance demeure

Face à cette nouvelle poussée des prix, la Banque de France reste sur une ligne de prudence. « La banque centrale doit être prête à intervenir pour prévenir les effets de second tour », a affirmé François Villeroy de Galhau, qui quittera son poste début juin.

Il a rappelé que la décision de maintenir les taux fin avril répondait à un manque de visibilité sur la propagation du choc énergétique. « On n’a pas encore suffisamment d’informations sur la diffusion aux autres produits », a-t-il justifié.

À ce stade, le rebond inflationniste apparaît donc avant tout comme un choc énergétique importé. Mais sa trajectoire dépendra désormais de l’évolution des prix du pétrole et de la capacité des entreprises à absorber ces hausses sans les répercuter plus largement sur les consommateurs.

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