- Le salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) sera revalorisé d’environ 2,4 % à partir du 1er juin, à la faveur du retour de l’inflation au-dessus du seuil des 2 %.
- Une augmentation automatique qui permettra aux salariés modestes de bénéficier d’un gain de pouvoir d’achat estimé à près de 44 euros bruts par mois.
Le gouvernement a confirmé mercredi une nouvelle hausse du Smic dès le 1er juin. Invité de France Info, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a annoncé une augmentation « autour de 2,4 % », précisant qu’il s’agissait d’une revalorisation « mécanique » liée à l’évolution des prix à la consommation.
Cette hausse intervient après la publication par l’Insee des chiffres de l’inflation pour le mois d’avril. Selon l’institut statistique, les prix à la consommation ont progressé de 2,2 % sur un an, franchissant ainsi le seuil qui déclenche automatiquement une revalorisation du salaire minimum en cours d’année.
« Le Smic va augmenter autour de 2,4 %, on est en train d’affiner le deuxième chiffre après la virgule », a déclaré le ministre.
Un Smic brut porté à près de 1.867 euros mensuels
Actuellement fixé à 12,02 euros bruts de l’heure, le Smic correspond à une rémunération mensuelle brute de 1.823,03 euros pour un salarié travaillant 35 heures par semaine. En net, cela représente environ 1.443,11 euros par mois.
Avec la revalorisation annoncée, le Smic mensuel brut atteindrait environ 1.866,78 euros. Une progression qui se traduirait par un gain proche de 44 euros bruts mensuels pour les salariés concernés. « Pour un salarié au SMIC, cela fait environ 44 euros bruts par mois de plus, c’est substantiel », a indiqué Jean-Pierre Farandou.
Cette hausse permettrait au salaire minimum d’évoluer légèrement plus rapidement que l’inflation observée en avril, offrant un léger soutien au pouvoir d’achat des ménages les plus exposés à la hausse des prix.
Une mesure présentée comme un soutien au pouvoir d’achat
Le ministre du Travail a salué une « bonne nouvelle pour le pouvoir d’achat des Français qui ont des revenus modestes ». Dans un contexte marqué par la persistance des tensions sur les dépenses contraintes — alimentation, logement ou énergie — cette revalorisation vise à limiter l’érosion du niveau de vie des salariés les moins rémunérés.
Le Smic avait déjà connu une première hausse automatique au 1er janvier dernier. Sans intervention supplémentaire du gouvernement, il avait alors été revalorisé de 1,18 % pour suivre l’évolution de l’inflation hors tabac.
Un mécanisme d’indexation encadré par la loi
Le fonctionnement du Smic repose sur un mécanisme légal d’indexation destiné à protéger les travailleurs les plus modestes contre la hausse du coût de la vie. Chaque année, le salaire minimum est revalorisé automatiquement au 1er janvier, notamment en fonction de l’inflation supportée par les 20 % des ménages aux revenus les plus faibles. Une revalorisation supplémentaire intervient également en cours d’année lorsque l’indice des prix dépasse 2 % depuis la dernière hausse.
Au-delà de ces ajustements automatiques, le gouvernement conserve la possibilité d’accorder un « coup de pouce » exceptionnel au Smic. Une option que l’exécutif n’a toutefois pas retenue cette fois-ci, privilégiant l’application stricte du mécanisme prévu par la loi.
