- Stellantis a annoncé un protocole d’accord avec le constructeur chinois Dongfeng pour distribuer en Europe la marque premium Voyah et produire des véhicules électriques ou hybrides dans son usine de Rennes.
- Un projet stratégique pour le groupe, qui cherche à relancer sa compétitivité en Europe, tout en donnant de nouvelles perspectives au site historique de La Janais.
Un nouveau partenariat chinois pour Stellantis. Le groupe italo-franco-américain a annoncé mercredi la signature d’un protocole d’accord avec Dongfeng, son partenaire historique en Chine, afin de développer la distribution et la production de véhicules à énergies nouvelles en Europe.
Selon les termes de l’accord, les deux groupes prévoient de créer une coentreprise basée en Europe, détenue à 51 % par Stellantis et à 49 % par Dongfeng. Cette structure serait chargée des ventes et de la distribution des véhicules de la marque premium Voyah, appartenant au groupe chinois, sur plusieurs marchés européens ciblés.
« Les partenaires entendent établir une nouvelle coentreprise détenue à 51% par Stellantis et à 49% par Dongfeng basée en Europe », précise Stellantis, ajoutant que celle-ci serait « responsable des ventes et de la distribution des véhicules de la marque premium Voyah de Dongfeng ».
Rennes au cœur du dispositif industriel
L’accord prévoit également une possible production de véhicules électriques ou hybrides de Dongfeng dans l’usine Stellantis de La Janais, près de Rennes. Ce site historique de Citroën, inauguré en 1961 par le général de Gaulle, pourrait ainsi fabriquer des modèles destinés au marché européen.
Pour les marques chinoises, l’enjeu est stratégique : produire en Europe permettrait notamment d’éviter les taxes européennes appliquées aux voitures électriques importées de Chine. Pour Stellantis, l’opération offrirait une nouvelle activité à une usine sous-employée depuis plusieurs années.
Aujourd’hui, le site rennais ne produit plus qu’un modèle, le SUV Citroën C5 Aircross. Il compte environ 2.000 salariés, dont 500 intérimaires, contre 12.000 au début des années 1980.
« Une bonne nouvelle pour l’usine de Rennes »
Chez Stellantis, le projet est présenté comme un prolongement industriel majeur pour La Janais. « C’est une bonne nouvelle pour l’usine de Rennes. Au lieu d’une visibilité à sept ou huit ans avec le C5 Aircross, elle la prolonge d’autant », fait valoir un porte-parole du groupe.
Même tonalité du côté de la direction du site. « C’est une formidable opportunité pour le site, qui récompense plusieurs années de transformation et d’adaptation », souligne Guillaume Olivari, directeur de l’usine de Rennes.
Les syndicats réclament des garanties
L’annonce a toutefois suscité des réactions prudentes des organisations syndicales. La CFDT demande des « garanties solides pour les salariés du site et de la sous-traitance ».
La CGT réclame, de son côté, que ce projet soit accompagné d’un « plan d’embauche massif » et qu’il ne conduise pas « à une dégradation des conditions de travail et des salaires ».
Ce protocole d’accord intervient quelques jours après l’annonce d’une relance du partenariat entre Stellantis et Dongfeng en Chine. Les deux groupes prévoient d’y produire conjointement de nouveaux modèles Peugeot et Jeep à énergies nouvelles à partir de 2027, destinés au marché chinois et à l’international.
La nouvelle coentreprise européenne pourrait également prendre en charge des achats afin de « tirer parti de l’écosystème très compétitif des véhicules électriques chinois de Dongfeng ».
Pour Stellantis, qui perd des parts de marché en Europe depuis quatre ans et a accusé plus de 20 milliards d’euros de pertes en 2025, ces partenariats chinois devraient occuper une place centrale dans le plan stratégique que le groupe doit présenter jeudi. Objectif : renouer avec la rentabilité, renforcer son offre électrique et regagner du terrain sur un marché européen de plus en plus concurrentiel.
