- Les députés ont largement adopté l’actualisation de la loi de programmation militaire 2024-2030, portant l’effort de défense à 436 milliards d’euros d’ici à 2030.
- Face aux tensions géopolitiques et aux enseignements des conflits récents, le gouvernement assume une montée en puissance budgétaire et capacitaire des armées.
- Un effort militaire porté à 436 milliards d’euros d’ici 2030
L’Assemblée nationale a adopté, mardi, l’actualisation de la loi de programmation militaire pour la période 2024-2030, avec 440 voix pour et 122 contre. Le texte prévoit 36 milliards d’euros supplémentaires pour les armées, portant l’enveloppe globale à 436 milliards d’euros d’ici à 2030.
Pour le gouvernement, cette révision répond à une dégradation durable du contexte stratégique. « Pour gagner une guerre, il faut l’avoir anticipée », a justifié Catherine Vautrin, ministre des Armées et des Anciens combattants, mercredi 20 mai sur franceinfo.
Munitions, avions, chars : une montée en puissance des capacités
Le texte vise à « accélérer » et « densifier » l’effort de réarmement français. Selon Catherine Vautrin, l’État investira notamment « huit milliards de plus rien que pour les munitions », ainsi que davantage de moyens pour les avions de combat et les chars.
« Nous devons faire évoluer nos équipements », a insisté la ministre, en rappelant que la France adopte « une position défensive». Elle a résumé la doctrine gouvernementale en une formule : « Pour être respecté, il faut être craint. Pour être craint, il faut être entraîné et équipé. »
Une actualisation dictée par l’Ukraine, le Moyen-Orient et la crise Covid
Adoptée en 2023, la loi de programmation militaire prévoyait initialement une actualisation en 2027. Mais l’exécutif estime que les crises récentes imposent d’aller plus vite.
Dans l’hémicycle, Catherine Vautrin a invoqué « les retours d’expérience d’Ukraine comme du Proche et Moyen-Orient, mais aussi de la crise Covid », pour défendre « la nécessité d’accélérer » l’effort de défense.
La ministre rappelle qu’« en dix ans, nous aurons doublé le budget des armées », tout en prévenant que l’effort « devra se poursuivre au-delà de 2027 ».
Drones, renseignement et jeunesse : un texte élargi
Au-delà des moyens budgétaires, le projet de loi introduit plusieurs mesures opérationnelles. Il prévoit notamment la possibilité, pour certains opérateurs privés comme les aéroports, d’utiliser des dispositifs de brouillage ou de neutralisation de drones, y compris via des sous-traitants privés sous conditions.
Le texte élargit également le recours aux algorithmes par les services de renseignement pour exploiter des données de connexion, notamment au nom de la défense nationale, de la lutte contre la criminalité organisée et contre les trafics de stupéfiants ou d’armes.
Enfin, la Journée Défense et Citoyenneté doit être transformée en Journée de mobilisation, davantage centrée sur les enjeux militaires.
Le Rafale face à la concurrence du F-35
Interrogée sur les ventes de Rafale, alors que plusieurs pays européens continuent de privilégier le F-35 américain, Catherine Vautrin a assuré que la France travaillait à « améliorer la compétitivité de cet avion ».
« Nous pouvons faire des progrès sur le continent européen et nous y travaillons », a-t-elle déclaré, dans un contexte où l’industrie de défense européenne cherche à renforcer son autonomie stratégique. Le texte doit désormais être examiné au Sénat à partir du 2 juin.
