- Le ministre algérien de l’Énergie, Mohamed Arkab, a reçu la vice-présidente exécutive Afrique d’Equinor, Nina Birgitte Koch, afin de faire le point sur la coopération entre Sonatrach et le groupe norvégien.
- Au-delà des projets historiques d’In Salah et d’In Amenas, les deux partenaires souhaitent accélérer leur collaboration dans l’exploration gazière, la réduction des émissions carbone et le développement de nouvelles opportunités industrielles en Algérie.
Sonatrach et Equinor consolident un partenariat historique. L’Algérie et le groupe énergétique norvégien Equinor entendent approfondir une coopération bâtie depuis plusieurs décennies dans le secteur des hydrocarbures. Réunis mardi au siège du ministère de l’Énergie, le ministre d’État chargé des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, et Nina Birgitte Koch, vice-présidente exécutive Afrique d’Equinor, ont examiné les perspectives de développement du partenariat entre Sonatrach et le groupe scandinave.
Les discussions ont porté sur les activités de recherche, d’exploration, de développement et de production d’hydrocarbures, dans un contexte où l’Algérie renforce sa place sur l’échiquier énergétique international.
Anciennement connu sous le nom de Statoil, Equinor figure parmi les principaux groupes énergétiques mondiaux. Présent dans plus de 30 pays, le géant norvégien combine une activité historique dans les hydrocarbures avec une stratégie de transition progressive vers les énergies renouvelables.
In Amenas et In Salah, symboles d’une coopération durable
Les deux parties ont salué les résultats obtenus sur les projets gaziers d’In Amenas et d’In Salah, développés conjointement par Sonatrach, Equinor et BP.
Situé dans la wilaya d’Illizi, à proximité de la frontière libyenne, In Amenas demeure l’un des plus importants gisements de gaz naturel du pays. Le site avait été marqué par l’attaque terroriste de janvier 2013 qui avait coûté la vie à quarante travailleurs étrangers. Malgré ce drame, les partenaires avaient poursuivi l’exploitation du champ, illustrant la solidité de leur engagement à long terme.
De son côté, In Salah est reconnu dans l’industrie énergétique pour avoir accueilli l’un des premiers projets de captage et de stockage géologique du CO₂ à grande échelle, mené entre 2004 et 2011.
La réduction des émissions au cœur des discussions
L’un des principaux axes de la rencontre a concerné les enjeux environnementaux et la décarbonation des activités pétrogazières. Selon le ministère, les échanges ont porté sur les technologies de protection de l’environnement, la réduction des émissions de méthane et de dioxyde de carbone ainsi que les projets de captage et de stockage du carbone (CSC).
Cette orientation répond à une exigence croissante des marchés internationaux. D’après l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le secteur pétrolier et gazier représente environ 15 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre liées à l’énergie, une part importante provenant des fuites de méthane.
Dans ce contexte, Equinor pourrait apporter à Sonatrach son expertise dans les technologies de réduction des émissions et de gestion du carbone. Le groupe norvégien s’est fixé l’objectif d’atteindre la neutralité carbone de ses opérations à l’horizon 2050.
Nina Birgitte Koch a ainsi réaffirmé « la volonté du groupe Equinor de renforcer sa présence en Algérie et d’élargir les domaines de partenariat avec le secteur, notamment en matière d’exploitation optimale des ressources et de réduction des émissions de gaz ».
Arkab met en avant les avantages du cadre réglementaire algérien
Lors de cette rencontre, Mohamed Arkab a également cherché à rassurer les investisseurs internationaux sur l’attractivité du marché algérien.
Le ministre a mis en avant les dispositions de la loi sur les hydrocarbures adoptée en 2019, soulignant les avantages qu’elle offre en matière « de transparence, de stabilité et d’incitations destinées aux partenaires et investisseurs ».
Il a également insisté sur les opportunités existantes dans les domaines de la recherche, du développement, de la formation et du transfert de technologie.
Cette réforme législative avait pour objectif de rendre l’Algérie plus compétitive face aux autres pays producteurs en améliorant les conditions d’investissement et en simplifiant certaines procédures administratives. Malgré ces évolutions, plusieurs majors internationales continuent d’évaluer avec prudence les contraintes opérationnelles liées aux projets sahariens.
L’Algérie renforce son rôle dans l’approvisionnement énergétique
La rencontre intervient dans un contexte particulièrement favorable à Alger. Depuis la réduction des exportations de gaz russe vers l’Europe à la suite de la guerre en Ukraine, l’Algérie a consolidé sa position parmi les principaux fournisseurs énergétiques du continent.
Sonatrach a renforcé ses livraisons vers plusieurs marchés clés, notamment l’Italie, l’Espagne et la France, tout en multipliant les accords de long terme avec les compagnies européennes. Nina Birgitte Koch a salué cette évolution en soulignant « la place qu’occupe l’Algérie en tant que partenaire fiable et acteur clé sur le marché international de l’énergie ».
Selon les données de la Commission européenne, l’Algérie représente désormais près de 12 % des importations de gaz de l’Union européenne, confirmant son statut de fournisseur stratégique pour la sécurité énergétique du continent.
Cap sur la pétrochimie, la formation et le transfert de technologie
Au-delà des activités d’exploration et de production, Sonatrach et Equinor ont également évoqué les perspectives de coopération dans la pétrochimie, un segment que l’Algérie souhaite développer afin d’accroître la valeur ajoutée locale de ses ressources énergétiques.
La formation des compétences et le transfert de technologie figurent également parmi les priorités identifiées par les deux partenaires. Cette orientation s’inscrit dans la stratégie de Sonatrach visant à renforcer progressivement l’expertise nationale et à réduire sa dépendance aux compétences étrangères.
À travers ce rapprochement avec Equinor, l’Algérie cherche ainsi à conjuguer sécurité énergétique, attractivité des investissements et transition environnementale, tout en consolidant son rôle de fournisseur incontournable de gaz pour l’Europe.
