- L’Algérie veut accélérer la transformation numérique de son industrie pharmaceutique.
- Le ministère du secteur a engagé des discussions avec Huawei autour d’un partenariat visant à moderniser les plateformes administratives, simplifier le traitement des dossiers et intégrer l’intelligence artificielle dans les services numériques.
L’Algérie poursuit son virage numérique dans un secteur jugé stratégique pour sa souveraineté économique. Mardi à Alger, le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ouacim Kouidri, a reçu une délégation du géant technologique chinois Huawei afin d’examiner les possibilités de coopération dans la transformation numérique de l’industrie pharmaceutique nationale.
Selon un communiqué du ministère, cette rencontre a permis de « prendre connaissance de l’expertise dont dispose le groupe Huawei dans les domaines de la numérisation et des technologies modernes », dans la perspective d’un partenariat visant à moderniser les outils et services numériques du secteur.
Huawei met son expertise technologique au service du secteur pharmaceutique
Avec un chiffre d’affaires annuel supérieur à 90 milliards de dollars et une présence dans plus de 170 pays, Huawei s’est imposé comme l’un des principaux acteurs mondiaux des technologies numériques. Le groupe a notamment développé plusieurs projets de santé connectée et de digitalisation des systèmes de santé en Chine, mais également en Afrique du Sud, au Kenya et en Égypte.
À Alger, les discussions ont porté sur les solutions susceptibles d’accompagner la modernisation de l’administration pharmaceutique. Huawei a ainsi présenté plusieurs propositions pour « accompagner les efforts du ministère en matière de modernisation de l’administration et d’amélioration des plateformes numériques destinées aux opérateurs économiques et aux acteurs du secteur de l’industrie pharmaceutique », précise le communiqué.
Réduire les lourdeurs administratives du secteur
Cette initiative intervient alors que l’industrie pharmaceutique algérienne connaît une profonde mutation. Depuis l’adoption de la loi sur la santé de 2018 et les politiques visant à renforcer la production locale de médicaments, les autorités cherchent à améliorer l’efficacité administrative du secteur.
La digitalisation apparaît comme un levier majeur pour simplifier les procédures liées aux autorisations de mise sur le marché, à la gestion des dossiers des producteurs nationaux ou encore aux échanges entre les opérateurs économiques et les administrations concernées.
L’objectif est de réduire les délais de traitement, de renforcer la transparence des procédures et d’améliorer la qualité des services proposés aux industriels.
L’intelligence artificielle au cœur du projet
L’un des axes les plus ambitieux des discussions concerne l’intégration de l’intelligence artificielle dans les services numériques du ministère.
Les entretiens ont notamment porté sur « les perspectives d’intégration de l’intelligence artificielle dans le développement et l’amélioration des services numériques du secteur, de manière à accélérer le traitement des dossiers et à optimiser les performances », souligne le communiqué.
Cette orientation rejoint les grandes tendances observées à l’échelle internationale. Plusieurs pays, notamment les Émirats arabes unis et le Maroc, ont déjà engagé des projets similaires visant à moderniser leurs agences du médicament et leurs systèmes de gestion sanitaire grâce aux technologies numériques.
Une priorité inscrite dans la stratégie nationale de transformation numérique
Pour Ouacim Kouidri, cette démarche dépasse le seul cadre du secteur pharmaceutique. Le ministre a rappelé « le caractère stratégique de la numérisation du secteur de l’industrie pharmaceutique, conformément aux orientations des hautes autorités du pays visant à établir une administration moderne fondée sur la numérisation et les technologies modernes ».
Cette vision s’inscrit dans la politique nationale de transformation numérique engagée par les autorités algériennes. La création du ministère de la Numérisation et des Statistiques, le déploiement progressif de l’identité numérique et la généralisation des services administratifs en ligne figurent parmi les principaux chantiers destinés à moderniser l’action publique.
Dans ce contexte, un éventuel partenariat entre Huawei et le ministère de l’Industrie pharmaceutique pourrait constituer une nouvelle étape dans la digitalisation de l’administration algérienne et contribuer à renforcer l’efficacité d’un secteur appelé à jouer un rôle croissant dans l’économie nationale.
