- À l’occasion de VivaTech, le gouvernement lance la troisième phase de l’initiative Tibi avec une mobilisation record de 13 milliards d’euros supplémentaires en faveur des entreprises technologiques françaises et européennes.
- L’objectif est de renforcer le financement de l’innovation de rupture, de soutenir la souveraineté industrielle et de faire émerger des champions européens capables de rivaliser à l’échelle mondiale.
Le gouvernement franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de soutien aux entreprises technologiques. À l’occasion de VivaTech, Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, a annoncé le lancement de la troisième phase de l’initiative Tibi, accompagnée d’une mobilisation supplémentaire de 13 milliards d’euros par les investisseurs institutionnels partenaires.
Cette nouvelle enveloppe porte à près de 31 milliards d’euros les capitaux mobilisés depuis la création du dispositif en 2020. L’exécutif vise désormais un total de 15 milliards d’euros engagés d’ici la fin de l’année dans le cadre de cette troisième phase.
« Dans le cadre de Vivatech, nous annonçons une mobilisation exceptionnelle et record de 13 milliards d’euros supplémentaires au titre de la troisième phase de l’initiative Tibi, qui seront investis dans les entreprises en croissance et innovantes françaises et européennes », a souligné Roland Lescure.
Roland Lescure a souligné la portée stratégique de cette troisième phase de l’initiative Tibi, qu’il qualifie d’étape « d’une ampleur inédite » dans un contexte qu’il juge décisif pour la compétitivité européenne. Selon le ministre, cette mobilisation record traduit la confiance des investisseurs institutionnels dans l’écosystème technologique français et européen, mais aussi la capacité des acteurs publics et privés à « orienter massivement l’épargne » vers l’innovation et les technologies de rupture. Un effort qu’il estime essentiel pour renforcer la « souveraineté économique et industrielle » de la France et de l’Europe.

La deeptech au cœur de la stratégie française
Cette troisième phase marque une évolution majeure du programme. Pour la première fois, la moitié des investissements mobilisés seront orientés vers les entreprises de la deeptech, notamment dans les domaines de l’intelligence artificielle, du calcul quantique, des biotechnologies ou encore des technologies spatiales.
L’objectif affiché est de renforcer la position de la France dans les secteurs technologiques critiques et de consolider son autonomie stratégique face à la concurrence internationale.
Emmanuel Macron a salué la montée en puissance de l’écosystème technologique français, estimant que la France s’est désormais imposée comme une « puissance technologique de premier rang ». Pour le chef de l’État, la promotion 2026 du Next40/120 illustre le chemin parcouru au cours de la dernière décennie, avec « cent vingt entreprises françaises » capables de maîtriser des technologies de rupture dans des secteurs stratégiques. Des acteurs qui, selon lui, contribuent à la création d’emplois sur le territoire national tout en « conquérant des marchés à l’échelle mondiale », confirmant ainsi le changement de dimension de la French Tech.
Selon le chef de l’État, cette dynamique est le fruit « d’une décennie de choix assumés en faveur de l’innovation, de la recherche et de l’investissement public ».
Un renforcement du volet souveraineté et défense
La nouvelle phase de l’initiative Tibi élargit également le cercle de ses partenaires. Une quarantaine d’investisseurs institutionnels participent désormais au dispositif, avec l’arrivée de nouveaux acteurs majeurs tels que Carac, SNCF, RATP, mais aussi des groupes stratégiques comme Naval Group, MBDA et Eutelsat.
Cette ouverture traduit la volonté du gouvernement de renforcer le financement des technologies liées à la souveraineté et à la défense, dans un contexte de compétition technologique accrue entre grandes puissances.
Parallèlement, la Caisse des dépôts et consignations pilotera un volet dédié aux PME et ETI cotées en Bourse. L’objectif est de soutenir davantage le marché financier français et d’encourager les introductions en Bourse des entreprises technologiques en phase d’accélération.

Des entreprises technologiques qui participent à la réindustrialisation
Au-delà du financement de l’innovation, l’exécutif met en avant l’impact économique et industriel des entreprises soutenues par l’écosystème French Tech.
Roland Lescure souligne ainsi que la promotion 2026 du Next40/120 représente « 11,3 milliards d’euros de revenus cumulés, 33 500 emplois en France, 33 sites industriels dans dix régions ». Pour le ministre, ces résultats illustrent « une réindustrialisation avec des entreprises jeunes et technologiques » qui ont choisi « de fabriquer ici, de recruter ici, de construire ici les capacités industrielles dont la France et l’Europe ont besoin ».
« C’est le modèle que nous défendons, et cette promotion en est la preuve la plus convaincante », a-t-il ajouté.
L’intelligence artificielle et le quantique comme leviers stratégiques
La promotion 2026 du Next40/120 met particulièrement en lumière la montée en puissance des technologies de rupture françaises.
Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, estime que cette nouvelle sélection « démontre que la France dispose aujourd’hui de champions de l’intelligence artificielle, de la cybersécurité et du calcul quantique capables de s’imposer face aux grandes plateformes mondiales ».
Selon elle, ces avancées constituent « un atout stratégique considérable » dans un contexte où les dépendances technologiques peuvent peser directement sur l’autonomie des États.
La ministre a également rappelé le rôle du plan « Osez l’IA », des stratégies nationales soutenues par France 2030 et des initiatives portées par la France sur la scène internationale pour transformer ces avancées en leadership économique durable.
Une ambition européenne pour faire émerger des fonds de taille mondiale
Au-delà du cadre national, la troisième phase de l’initiative Tibi affiche une dimension résolument européenne. Le gouvernement souhaite favoriser l’émergence de grands fonds paneuropéens capables de financer les entreprises technologiques tout au long de leur croissance, y compris lors des tours de table les plus importants.
Cette stratégie doit permettre de limiter la dépendance des startups européennes aux capitaux étrangers et de renforcer l’ancrage des futurs champions technologiques sur le continent.
Julie Huguet, directrice de la Mission French Tech, souligne que « 38 % des lauréats du Next40 sont issus de la deeptech, dans des secteurs au cœur de notre souveraineté ».
« Les champions français de l’intelligence artificielle, du calcul quantique et de la robotique sont en train d’émerger », affirme-t-elle. « C’est une France technologique indépendante qui se construit, et cette promotion en est la démonstration la plus convaincante. »
