La BERD relève sa prévision de croissance pour le Maroc à 4,8 % en 2026, contre 4,4 % en juin. L'institution met en avant le rebond agricole, avec une production en hausse de 18,4 % au premier semestre, une inflation contenue et les apports du tourisme et des transferts des Marocains résidant à l'étranger.
| Prévision de croissance 2026 | 4,8 %BERD, contre 4,4 % en juin |
|---|---|
| Production agricole premier semestre | 18,4 %progression |
| Croissance du PIB au premier trimestre 2026 | 4,6 %sur un an |
| Réserves de change | 54,3 milliards de dollarsaoût 2026, plus de cinq mois d'importations |
| Ratio d'endettement | 65,8 % du PIBcontre 66,6 % en 2025 |
Les perspectives s’éclaircissent pour l’économie marocaine. La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) table désormais sur une croissance de 4,8 % en 2026, contre 4,4 % dans ses prévisions de juin, soit un relèvement de 0,4 point. Dans ses dernières perspectives régionales, l’institution met en avant la reprise de l’agriculture, après plusieurs années de sécheresse.
Cette amélioration intervient malgré un ralentissement de certaines activités industrielles et de la construction. Elle repose également sur une inflation contenue et sur les apports en devises du tourisme et des Marocains résidant à l’étranger.
Le rebond agricole soutient l’activité
La production agricole a progressé de 18,4 % au premier semestre, compensant la moindre vigueur d’autres secteurs. Ce redressement confirme le poids de l’agriculture dans la trajectoire de croissance du Royaume, après les difficultés provoquées par la sécheresse.
Au premier trimestre 2026, le produit intérieur brut (PIB) a augmenté de 4,6 % sur un an. L’investissement a toutefois marqué le pas, après avoir atteint un niveau particulièrement élevé l’année précédente. La révision des prévisions annuelles ne traduit donc pas une accélération uniforme de l’économie : le dynamisme agricole s’accompagne d’un essoufflement de certains moteurs de l’activité.
Une inflation faible, une politique monétaire prudente
La hausse des prix est restée limitée à 0,5 % en moyenne sur les six premiers mois de l’année, malgré des tensions temporaires liées à l’énergie. Cette modération constitue un élément favorable pour le pouvoir d’achat et les coûts des entreprises.
Selon les données économiques de la BERD consacrées au Maroc, Bank Al-Maghrib avait maintenu son taux directeur à 2,25 % en juin 2026, invoquant les incertitudes géopolitiques élevées.
Le tourisme et les transferts soutiennent les comptes extérieurs
Le creusement du déficit commercial n’a pas entraîné de dégradation équivalente du solde courant. Les recettes touristiques et les transferts des Marocains résidant à l’étranger ont contribué à contenir le déficit du compte courant à 1,2 % du PIB au premier trimestre.
Les réserves de change offrent également une marge de sécurité. Elles atteignaient 54,3 milliards de dollars en août 2026, soit plus de cinq mois d’importations.
Sur le plan budgétaire, le gouvernement vise un déficit de 3,4 % du PIB cette année. Le ratio d’endettement devrait revenir à 65,8 % du PIB, contre 66,6 % en 2025. L’émission obligataire réalisée sur les marchés internationaux a, par ailleurs, suscité une forte demande des investisseurs.
Une croissance à contre-courant d’une région fragilisée
La trajectoire marocaine se distingue de la prévision d’ensemble pour le Sud et l’Est de la Méditerranée, région désignée par la BERD sous l’acronyme SEMED. L’institution y anticipe une contraction de 0,7 % en 2026, notamment sous l’effet du recul de l’économie irakienne et de la récession attendue au Liban.
Cet agrégat masque cependant de fortes disparités : hors Irak, la croissance régionale atteindrait 3,9 %, selon la banque. Pour le Maroc, la BERD prévoit une progression du PIB de 3,9 % en 2027, après les 4,8 % attendus cette année. La volatilité des matières premières et les incertitudes commerciales internationales restent susceptibles de peser sur ces perspectives.
Questions fréquentes
Quelle croissance la BERD prévoit-elle pour le Maroc en 2026 ?
La BERD table sur une croissance de 4,8 % en 2026, contre 4,4 % dans ses prévisions de juin, soit un relèvement de 0,4 point.
Pourquoi la croissance marocaine s'améliore-t-elle ?
Le rebond agricole, avec une production en hausse de 18,4 % au premier semestre, soutient l'activité, appuyé par une inflation contenue et les apports du tourisme et des Marocains résidant à l'étranger.
Quel est le taux directeur de Bank Al-Maghrib ?
Bank Al-Maghrib avait maintenu son taux directeur à 2,25 % en juin 2026, invoquant les incertitudes géopolitiques élevées.
Quelle croissance la BERD prévoit-elle pour le Maroc en 2027 ?
La BERD prévoit une progression du PIB de 3,9 % en 2027, après les 4,8 % attendus en 2026.
