- Le Maroc dispose désormais des conditions nécessaires pour faire de l’investissement privé le principal moteur de sa croissance à moyen et long terme.
- C’est le message délivré par le Wali de Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri, qui estime que les réformes engagées ces dernières années doivent permettre au secteur privé de prendre progressivement le relais de l’investissement public.
L’investissement privé est appelé à jouer un rôle de plus en plus central dans la dynamique économique du Maroc. À l’issue de la deuxième réunion trimestrielle de 2026 du Conseil de Bank Al-Maghrib (BAM), le Wali de la banque centrale, Abdellatif Jouahri, a affirmé que les conditions étaient désormais réunies pour amorcer cette transition.
« Tous les ingrédients sont aujourd’hui réunis pour permettre à l’investissement privé de prendre progressivement le relais de l’investissement public et soutenir durablement la croissance économique au-delà de 2030″, a déclaré le responsable lors d’un point de presse tenu mardi à Rabat
Si l’investissement public continuera à soutenir l’activité dans les prochaines années, l’ambition des autorités est désormais d’accroître significativement la contribution du secteur privé à la création de richesse et d’emplois.
Des réformes structurelles déjà en place
Pour Abdellatif Jouahri, plusieurs instruments institutionnels et réglementaires sont désormais opérationnels pour favoriser cette montée en puissance du capital privé.
Le Wali de BAM a notamment cité la loi sur les partenariats public-privé (PPP), la nouvelle Charte de l’investissement, le rôle des Centres régionaux d’investissement (CRI) ainsi que les programmes d’aménagement du territoire visant à réduire les disparités régionales.
Ces dispositifs doivent contribuer à améliorer l’attractivité du Royaume auprès des investisseurs nationaux et internationaux, tout en facilitant la concrétisation des projets dans l’ensemble des régions.
Les entreprises publiques resteront un levier de croissance
Si le secteur privé est appelé à prendre davantage de place, l’investissement des entreprises publiques continuera également de soutenir l’économie marocaine.
Abdellatif Jouahri a notamment cité l’exemple du groupe OCP, dont les programmes d’investissement demeurent importants. Le leader mondial des phosphates conserve, selon lui, d’importantes perspectives de développement, notamment dans les secteurs émergents liés à la transition énergétique.
Le Wali de BAM a souligné que le groupe dispose encore de marges de croissance significatives, en particulier dans des filières d’avenir comme l’hydrogène vert.
Une mobilisation des banques et du patronat en préparation
Afin d’accélérer le financement de l’investissement productif, Bank Al-Maghrib prépare une réunion de concertation réunissant plusieurs acteurs économiques majeurs. Cette rencontre associera le Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM), le ministère de l’Économie et des Finances, le ministère de l’Investissement ainsi que la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM).
Selon Abdellatif Jouahri, l’objectif est d’« examiner les moyens de renforcer davantage l’investissement privé » et d’identifier les actions susceptibles d’accroître la contribution du secteur productif à la croissance nationale.
Cette initiative intervient dans un contexte où le financement de l’économie et l’amélioration de l’accès au crédit figurent parmi les principaux enjeux pour soutenir l’investissement des entreprises.
Les TPE au cœur de la stratégie de développement
Le Wali de Bank Al-Maghrib a également insisté sur le rôle stratégique des très petites entreprises (TPE), qui représentent plus de 90 % du tissu entrepreneurial marocain.
Il a rappelé les différentes initiatives récemment mises en place en faveur de cette catégorie d’entreprises ainsi que les mécanismes qui seront déployés par le Fonds Mohammed VI pour l’Investissement.
L’objectif est de faciliter l’accès au financement des PME et des TPE, considérées comme un levier essentiel pour stimuler l’investissement privé, renforcer la compétitivité du tissu productif et soutenir durablement la croissance économique du Royaume.
À travers cette stratégie, les autorités marocaines entendent faire émerger un modèle de croissance davantage porté par l’investissement privé, tout en maintenant un niveau élevé d’investissement public dans les secteurs stratégiques afin d’accompagner les grandes transformations économiques du pays.
