Donald Trump a soutenu, le 22 septembre à New York, une restriction des exportations américaines de diesel pour faire baisser les prix intérieurs, qui atteignent un record de 6,529 dollars le gallon. Le secrétaire à l'Énergie et le secteur pétrolier alertent sur un possible ralentissement des raffineries.
| Prix moyen du diesel routier | 6,529 dollars le gallonau 21 septembre, source EIA |
|---|---|
| Prix du diesel une semaine avant | 6,285 dollarsle gallon |
| Progression hebdomadaire | 24,4 centshausse du prix du diesel |
| Prix sur la côte du golfe du Mexique | 6,177 dollarsle gallon |
| Prix sur la côte Ouest | 7,456 dollarsle gallon |
Limiter les exportations pour faire baisser la facture intérieure : Donald Trump a apporté son soutien à cette proposition le 22 septembre, à New York, en marge de sa rencontre avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Le président américain a toutefois reconnu qu’une telle intervention pourrait également affecter le marché de l’essence.
Selon Reuters, l’administration examine la faisabilité de restrictions totales ou partielles. Ces déclarations ne constituent pas, à elles seules, l’annonce d’une interdiction entrée en vigueur : le périmètre, la durée et les modalités d’une éventuelle mesure restent à préciser.
Les élus républicains réclament un répit pour les consommateurs
La hausse des carburants alimente les demandes d’intervention à Washington. Dans un communiqué publié le 22 septembre, le sénateur républicain de l’Alaska Dan Sullivan appelle à un moratoire temporaire sur les exportations de diesel, afin de réduire les coûts supportés par les consommateurs américains.
La représentante républicaine de l’Iowa Ashley Hinson défend, elle aussi, une suspension des expéditions à l’étranger. Dans ses propositions présentées le 21 septembre, cette mesure s’inscrit dans un ensemble plus large comprenant des allègements fiscaux sur les carburants, un soutien aux biocarburants et une aide aux agriculteurs et aux transporteurs.
L’objectif est de conserver davantage de volumes sur le marché américain. Ces propositions politiques ne permettent toutefois pas de déterminer quelle baisse des prix pourrait en résulter, ni comment elle se répartirait entre les régions.
Un diesel à plus de 6,50 dollars le gallon
Les données de l’Energy Information Administration (EIA), l’agence statistique du département américain de l’Énergie, illustrent l’ampleur de la hausse. Le prix moyen du diesel routier atteignait 6,529 dollars le gallon au 21 septembre, contre 6,285 dollars une semaine auparavant, soit une progression de 24,4 cents.
Ce niveau record s’entend en dollars courants, sans correction de l’inflation. La moyenne nationale masque, en outre, des écarts importants : le gallon coûtait 6,177 dollars sur la côte du golfe du Mexique, contre 7,456 dollars sur la côte Ouest.
Ces disparités sont déterminantes pour apprécier l’effet d’une restriction des exportations. Retenir du carburant à proximité des raffineries exportatrices ne garantit pas son acheminement vers les régions où l’approvisionnement est le plus coûteux.
Des stocks faibles dans un marché mondial sous tension
Les États-Unis exportent davantage de distillats qu’ils n’en importent. Cette catégorie statistique englobe notamment le diesel et le fioul de chauffage : elle ne se limite donc pas au carburant routier.
Dans ses perspectives énergétiques de septembre, l’EIA décrit un marché marqué par des stocks faibles et une forte demande extérieure. L’activité réduite du raffinage hors des États-Unis contribue à cette tension, qui soutient les prix américains.
Une restriction modifierait la destination des volumes disponibles, sans résoudre à elle seule les difficultés de production à l’échelle mondiale. Son efficacité dépendrait aussi des capacités de stockage et de transport à l’intérieur du pays.
Le risque d’un ralentissement des raffineries
C’est précisément sur ces contraintes que portent les réserves du secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright. Selon lui, l’insuffisance des débouchés intérieurs et des infrastructures pourrait conduire les raffineurs à réduire leur activité si les exportations étaient bloquées.
Une telle baisse pourrait alors peser sur l’offre d’autres carburants. Le raffinage produit plusieurs catégories de produits pétroliers : une décision visant le diesel peut donc avoir des répercussions sur l’essence.
Todd Staples, président de la Texas Oil & Gas Association, défend également le maintien des exportations. Dans une tribune consacrée au projet, il met en garde contre les conséquences possibles d’une interdiction pour l’activité et l’approvisionnement américains.
Ces avertissements décrivent des risques anticipés, et non les effets observés d’une mesure déjà appliquée. Pour les consommateurs, l’enjeu reste de savoir si les volumes retenus aux États-Unis pourraient effectivement atteindre les marchés locaux sans provoquer une réduction de la production.
Questions fréquentes
Pourquoi Trump veut-il restreindre les exportations de diesel ?
Pour limiter les volumes exportés et faire baisser la facture intérieure des consommateurs américains, face à la flambée des prix. L'administration examine des restrictions totales ou partielles, selon Reuters.
Combien coûte le diesel aux États-Unis ?
Le prix moyen du diesel routier atteignait 6,529 dollars le gallon au 21 septembre, contre 6,285 dollars une semaine avant, un niveau record en dollars courants.
Quels sont les risques d'une restriction des exportations ?
Selon le secrétaire à l'Énergie Chris Wright, l'insuffisance des débouchés intérieurs et des infrastructures pourrait pousser les raffineurs à réduire leur activité, pesant sur l'offre d'autres carburants comme l'essence.
Quels élus réclament un moratoire sur les exportations ?
Le sénateur républicain de l'Alaska Dan Sullivan appelle à un moratoire temporaire, et la représentante républicaine de l'Iowa Ashley Hinson défend une suspension des expéditions à l'étranger.
