Face à la hausse des prix à la pompe, Emmanuel Macron privilégie la diplomatie et les aides ciblées plutôt qu'une baisse générale des taxes. Il annonce l'envoi de moyens militaires pour protéger le site saoudien de Yanbu et n'exclut pas une évolution fiscale en cas d'envolée des prix.
| TVA carburants proposée par le RN | de 20 % à 5,5 %proposition du Rassemblement national, non nommé par Macron |
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| Manque à gagner d'une baisse des taxes | un milliard d'eurospour une baisse de 20 centimes des taxes sur le carburant, période non précisée |
| Baisse de taxes évoquée | 20 centimesexemple cité par Macron |
| Prix hypothétique du litre | trois eurosscénario d'envolée évoqué lors de l'entretien |
Faire baisser les cours avant d’alléger la fiscalité : face à la hausse des prix à la pompe, Emmanuel Macron maintient sa ligne. « Notre intérêt, c’est plutôt de baisser les prix avant de baisser les taxes », a déclaré le président de la République lors de son entretien télévisé sur France 2 et TF1.
Alors que le coût des carburants pèse sur les ménages et les entreprises, le chef de l’État défend des mesures ciblées et veut intervenir sur les causes internationales de la crise. Une réduction générale des taxes priverait, selon lui, l’État de ressources dans un contexte de finances publiques déjà dégradées.
La diplomatie au cœur de la réponse à la crise
Pour Emmanuel Macron, la priorité consiste à « d’abord agir diplomatiquement ». « Le cœur de notre action, c’est de faire baisser la tension dans le golfe Persique », a-t-il expliqué, alors que le blocage du détroit d’Ormuz et la reprise de la guerre au Yémen perturbent les exportations pétrolières de la région.
Dans cette perspective, le président a annoncé l’envoi de « moyens militaires » pour protéger le site de Yanbu, sur la mer Rouge, en Arabie saoudite. Il estime qu’une détente autour de ce site stratégique pourrait avoir un effet « immédiat sur le prix à la pompe ».
Le chef de l’État a également évoqué les « discussions avec les Iraniens et les Omanais pour rouvrir » le détroit d’Ormuz. La France, qui « a une grande diplomatie » et « pèse » dans la région, peut selon lui « avoir des résultats », les causes de la flambée des prix étant « géopolitiques ».
Une baisse des taxes jugée coûteuse pour les finances publiques
Sur le terrain fiscal, Emmanuel Macron a défendu le maintien des recettes de l’État. Sans nommer le Rassemblement national, qui propose d’abaisser de 20 % à 5,5 % la TVA sur les carburants, le fioul et le gaz, il a dénoncé une « démagogie budgétaire » conduisant, selon lui, à des mesures non financées.
Réduire les taxes ne serait « pas la décision la plus vertueuse », a-t-il estimé, rappelant qu’elles « servent à financer les dépenses de l’Etat ». Le président privilégie ainsi les aides ciblées à un allègement général de la fiscalité sur les carburants.
Pour illustrer le manque à gagner, Emmanuel Macron a affirmé qu’une baisse de 20 centimes des taxes sur le carburant représenterait « un milliard d’euros qui financent des dépenses concrètes de l’Etat (…) en moins ». La période de référence de cette estimation n’est pas précisée dans les propos rapportés.
Une option fiscale qui reste ouverte si les prix s’envolent
Le chef de l’État n’a cependant pas fermé la porte à une évolution de cette stratégie. Interrogé sur l’hypothèse d’une nouvelle envolée, avec un litre atteignant par exemple trois euros, il a répondu : « Rien n’est fermé ». Avant de préciser : « Je pense qu’en fonction de l’évolution, il ne faut rien exclure. »
Emmanuel Macron a assuré que le gouvernement serait « à côté des Français et agira pour ne pas laisser les prix s’envoler » si la crise s’aggravait. « Il n’y a pas de tabou, on ne laissera pas les prix s’envoler », a-t-il insisté. Aucun seuil de déclenchement ni aucune modalité de baisse des taxes n’ont été précisés dans les déclarations rapportées.
Des stocks et le plafonnement de TotalEnergies mis en avant
Concernant le risque de pénurie, le président a voulu rassurer : « On fait tout pour l’éviter ». Tout en réaffirmant sa volonté d’« agir géopolitiquement », il a mis en avant la préparation de l’approvisionnement français : « On s’est mis en situation d’avoir ce qu’il faut en termes de carburant. On s’est donné toutes les chances et on a des stocks. »
Le chef de l’État a également défendu le plafonnement des prix pratiqué par TotalEnergies. « Continuons déjà de lui demander ça et un maximum d’efforts », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Si l’on n’avait pas Total, on n’aurait pas ce plafonnement. »
Face au risque d’une nouvelle contestation sociale autour du prix des carburants, Emmanuel Macron a enfin distingué la situation actuelle de celle qui avait nourri le mouvement des gilets jaunes : « La grande différence avec ce qu’on a pu connaître par le passé, c’est qu’aujourd’hui, la hausse n’est pas due à une décision gouvernementale, mais à des conditions géopolitiques. »
Questions fréquentes
Pourquoi Macron refuse-t-il de baisser les taxes sur les carburants ?
Selon lui, réduire les taxes priverait l'État de ressources. Une baisse de 20 centimes représenterait un milliard d'euros en moins pour financer les dépenses publiques, dans un contexte de finances dégradées.
Quelles mesures diplomatiques Macron annonce-t-il pour les carburants ?
Il annonce l'envoi de moyens militaires pour protéger le site de Yanbu en Arabie saoudite et des discussions avec les Iraniens et les Omanais pour rouvrir le détroit d'Ormuz.
Macron peut-il baisser les taxes si les prix s'envolent ?
Il n'a pas fermé la porte : « Rien n'est fermé ». Il assure qu'il n'y a « pas de tabou » et que le gouvernement n'agira pour ne pas laisser les prix s'envoler, sans préciser de seuil.
Y a-t-il un risque de pénurie de carburant ?
Macron veut rassurer : « On fait tout pour l'éviter ». Il met en avant les stocks français et le plafonnement des prix pratiqué par TotalEnergies.
