L'Algérie, la Tunisie, l'Italie, l'Autriche et l'Allemagne ont signé le 1er octobre à Alger la Déclaration ministérielle relative au SoutH2 Corridor. Ce projet vise à acheminer quatre millions de tonnes d'hydrogène vert par an vers l'Europe sur environ 3.000 kilomètres, soit 10 % de la demande européenne attendue en 2040.
| Longueur du corridor | environ 3.000 kilomètresde l'Algérie à l'Allemagne via Tunisie, Italie et Autriche |
|---|---|
| Part de la demande européenne | 10 %demande européenne attendue à l'horizon 2040 |
| Premiers résultats étude ALTEH2A | 2027premières conclusions de l'étude de faisabilité, pas une mise en service |
Le projet de corridor d’hydrogène entre l’Algérie et l’Europe précise son organisation. Réunis jeudi 1er octobre à Alger, les représentants de l’Algérie, de la Tunisie, de l’Italie, de l’Autriche et de l’Allemagne ont signé la Déclaration ministérielle d’Alger relative au SoutH2 Corridor. Le document prévoit la création d’un secrétariat dédié au soutien technique, avec l’accompagnement de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI).
Cette deuxième réunion ministérielle prolonge les engagements pris à Rome en janvier 2025. Les cinq pays entendent instaurer un dialogue régulier et structuré pour faire avancer une initiative présentée comme un levier d’intégration énergétique entre les deux rives de la Méditerranée.
Un objectif de quatre millions de tonnes par an
Le SoutH2 Corridor doit relier l’Algérie à l’Allemagne en passant par la Tunisie, l’Italie et l’Autriche. Selon les données présentées lors de la rencontre, il vise l’acheminement de quatre millions de tonnes d’hydrogène vert par an sur environ 3.000 kilomètres. Ce volume représenterait 10 % de la demande européenne attendue à l’horizon 2040.
Le transport devrait notamment s’appuyer sur des réseaux existants de gaz naturel, qui devront être modernisés et adaptés à l’hydrogène. Ces volumes constituent toutefois un objectif : les études doivent encore préciser les conditions techniques et économiques de développement de la chaîne de production et d’exportation.
La déclaration a été signée au Centre international de conférences Abdelatif-Rahal par Mourad Adjal, ministre algérien de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Wolfgang Hattmannsdorfer, ministre fédéral autrichien de l’Économie, de l’Énergie et du Tourisme, Gilberto Pichetto Fratin, ministre italien de l’Environnement et de la Sécurité énergétique, Frank Wetzel, secrétaire d’État au ministère fédéral allemand de l’Économie et de l’Énergie, et Slah Zouari, ministre tunisien de l’Équipement et de l’Habitat, chargé de la gestion du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie.

ALTEH2A : un premier rendez-vous en 2027
En parallèle de l’organisation du corridor, les travaux progressent sur ALTEH2A, le projet consacré à la production d’hydrogène vert en Algérie et à son exportation vers l’Europe. Le ministre algérien de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, a annoncé que les premiers résultats de son étude de faisabilité étaient attendus en 2027.
Selon le ministre, les travaux portent notamment sur « l’identification et l’analyse des sites potentiels de production d’hydrogène renouvelable en Algérie, la détermination du coût du projet, l’étude des différentes options de transport et l’évaluation des capacités du marché européen ».
L’enjeu est de définir une chaîne intégrée, de la production à partir d’énergies renouvelables jusqu’à l’acheminement vers les clients européens. L’échéance de 2027 concerne donc les premières conclusions de l’étude, et non une mise en service du corridor.
Sonatrach et Sonelgaz associés à des groupes européens
Les premières étapes de cette coopération industrielle remontent à octobre 2024. Sonatrach et Sonelgaz avaient alors signé à Oran un mémorandum d’entente avec l’allemand VNG, les italiens Snam et Sea Corridor, ainsi que l’autrichien Verbund Green Hydrogen. Cet accord prévoyait les études nécessaires à l’évaluation de la faisabilité et de la rentabilité d’un projet intégré de production en Algérie et d’exportation vers l’Europe.
La coopération s’est également élargie lors de la visite du président algérien Abdelmadjid Tebboune en Allemagne, en juillet dernier. Sonatrach a signé deux protocoles d’accord avec Robert Bosch et Siemens Energy, portant notamment sur la fabrication d’électrolyseurs, la production d’hydrogène, la maintenance des équipements et la formation.
Des règles communes à définir pour les échanges
Au-delà des infrastructures, les partenaires doivent avancer sur l’harmonisation des réglementations, la certification et les normes applicables à l’hydrogène renouvelable. Ces travaux doivent faciliter les futurs échanges entre les pays traversés par le corridor.
Mourad Adjal a réaffirmé « l’engagement total de l’Algérie et sa disponibilité à poursuivre les efforts nécessaires, en coopération avec l’ensemble de ses partenaires, pour concrétiser cette initiative sur le terrain ». Le ministre a également souligné la volonté du pays de « préserver son rôle d’acteur central dans les relations énergétiques avec l’Europe ».
Évoquant une « nouvelle étape », il a indiqué que la rencontre devait confirmer « notre engagement commun » en faveur des énergies nouvelles et renouvelables. Le secrétariat technique prévu par la déclaration doit accompagner cette coordination, tandis que l’étude ALTEH2A doit préciser les conditions de faisabilité du volet algérien.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le SoutH2 Corridor ?
Un corridor d'hydrogène devant relier l'Algérie à l'Allemagne en passant par la Tunisie, l'Italie et l'Autriche, visant l'acheminement de quatre millions de tonnes d'hydrogène vert par an sur environ 3.000 kilomètres.
Quels pays ont signé la Déclaration d'Alger ?
L'Algérie, la Tunisie, l'Italie, l'Autriche et l'Allemagne ont signé le 1er octobre à Alger la Déclaration ministérielle relative au SoutH2 Corridor.
Quand sont attendus les résultats de l'étude ALTEH2A ?
Les premiers résultats de l'étude de faisabilité d'ALTEH2A sont attendus en 2027. Cette échéance concerne les premières conclusions de l'étude, et non une mise en service du corridor.
Quelles entreprises sont associées au projet ?
Sonatrach et Sonelgaz ont signé un mémorandum avec l'allemand VNG, les italiens Snam et Sea Corridor, et l'autrichien Verbund Green Hydrogen. Sonatrach a aussi signé des accords avec Bosch et Siemens Energy.
