Au congrès du Rassemblement national à Orléans, Marine Le Pen a lancé sa campagne pour la présidentielle 2027. Elle promet un gouvernement d'union nationale avec Jordan Bardella à Matignon, une ligne de zéro tolérance sur l'immigration, la règle du casseur-payeur et une baisse des impôts sur l'énergie.
| Participants au congrès du RN | 8.500décompte avancé par Jordan Bardella à Orléans |
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| Participants à la manifestation contre le RN | entre 13.000 et 26.000 personnessamedi, selon les sources |
| Horizon d'arrêt de la production française d'hydrocarbures | 2040loi du 30 décembre 2017 (loi Hulot) |
| Âges de départ à la retraite écartés par la candidate | 65, 67 voire 70 ansMarine Le Pen privilégie l'entrée plus tôt des jeunes |
Une « renaissance », un « redressement », un « sursaut », mais sans « rupture brutale ». À Orléans, Marine Le Pen a placé son discours de campagne sous le signe d’une restauration de la confiance nationale. La candidate du Rassemblement national (RN) a défendu la perspective d’une alternance, en associant une promesse de rassemblement à ses propositions sur l’immigration, la sécurité et la souveraineté.
Multipliant les références à la Renaissance et à Jeanne d’Arc, la députée du Pas-de-Calais a assuré ne pas vouloir « refaire la France d’avant », mais « construire la France de demain ». « Il n’y a pas de fatalité », a-t-elle martelé devant les militants, en annonçant un « grand projet fédérateur et ambitieux ».
Un gouvernement d’union nationale avec Jordan Bardella à Matignon
Marine Le Pen a particulièrement insisté sur sa volonté affichée d’« unité ». En cas de victoire à la présidentielle de 2027, elle entend former un « gouvernement ouvert et pluraliste, (…) d’union nationale », avec Jordan Bardella pour Premier ministre.
La candidate a également annoncé vouloir inscrire dans la Constitution la notion de « communauté nationale », présentée comme un « principe fondateur, inclusif et fraternel ». Une proposition qu’elle a défendue en récusant toute démarche « partisane », tout en critiquant les offres politiques de gauche comme de droite.
Avant son intervention, Jordan Bardella, reconduit la veille à la présidence du RN, avait promis une « victoire à portée de vote ». « Ils pensaient vous intimider, ils pensaient vous dissuader de venir, vous êtes 8.500 rassemblés ici à Orléans », a lancé le député européen, selon le décompte de participation qu’il a avancé.
Sécurité : la candidate défend la règle du « casseur-payeur »
Dans le contexte des violences survenues le 17 octobre en marge de manifestations, Marine Le Pen a consacré une partie de son discours au rétablissement de l’ordre. Elle a dénoncé une « violence (…) toujours plus grave, plus incompréhensible », tout en affirmant vouloir renouer avec « l’écoute ».
« Nous croyons dans l’absolue nécessité de combattre toute forme de violence », a déclaré la candidate. Elle a également assuré vouloir « rétablir l’État de droit », estimant que celui-ci fait défaut « quand des hordes viennent saccager, brûler nos bâtiments ».
La dirigeante du RN a réaffirmé sa volonté d’appliquer « la règle du casseur-payeur (…) S’il faut qu’ils payent toute leur vie, ils paieront toute leur vie », a-t-elle lancé sous les applaudissements.
Sur l’immigration, Marine Le Pen a défendu une ligne de « zéro tolérance ». « Nous rétablirons nos frontières et même une double frontière française et européenne », a-t-elle promis, évoquant également une « expulsion automatique et définitive » pour les « étrangers délinquants ».
Pouvoir d’achat : baisse des impôts sur l’énergie et remise en cause de la loi Hulot
Marine Le Pen a aussi cherché à répondre aux préoccupations économiques et à la colère sociale. Elle a promis une « juste rémunération du travail » et annoncé vouloir mobiliser « des moyens pour rendre aux Français du pouvoir d’achat notamment en baissant les impôts sur l’énergie ».
Sur le volet énergétique, elle a défendu une exploitation accrue des ressources nationales, disant vouloir « abolir la stupide loi Hulot qui interdit la recherche d’hydrocarbures sur le sol français ».
La loi du 30 décembre 2017 interdit l’octroi de nouveaux permis de recherche et organise l’arrêt progressif de la production française d’hydrocarbures à l’horizon 2040, sous réserve des dispositions prévues pour certains droits existants. Cette échéance concerne donc l’exploitation, et pas seulement l’exploration.
Concernant les retraites, la candidate a privilégié la question de l’entrée dans la vie active. « Je ne propose pas de repousser indéfiniment l’âge de départ à 65, 67 voire 70 ans mais de faire entrer plus tôt les jeunes sur le marché du travail », a-t-elle déclaré. Dans les annonces rapportées, elle n’a toutefois pas détaillé les modalités ni le financement de cette orientation.
Défense : une dissuasion nucléaire exclusivement nationale
En politique étrangère, Marine Le Pen a défendu une France « mise au service de la paix et de la concorde entre les peuples ». Se démarquant de ce qu’elle qualifie de « virilisme guerrier », elle a affirmé : « Nous n’enverrons pas nos jeunes mourir dans des aventures guerrières inconsidérées ou irresponsables, et encore moins dans des guerres qui ne sont pas les nôtres ».
La candidate s’est également opposée à la proposition d’Emmanuel Macron d’associer davantage les alliés européens à une dissuasion nucléaire « avancée », dont la décision d’emploi resterait française.
« Notre défense ne sera pas déléguée, ni mutualisée. (…) Si je crois à l’impérative nécessité de préparer notre défense nationale à toute éventualité de guerre conventionnelle, (…) nous garderons la disposition exclusive de notre arme nucléaire », a-t-elle déclaré, qualifiant toute concession sur ce sujet d’« acte de trahison ».
Un congrès marqué par des manifestations et un incident en tribune
Ce lancement de campagne s’est déroulé sous haute sécurité. Samedi, une manifestation contre le RN avait réuni entre 13.000 et 26.000 personnes selon les sources, dans le calme, de l’autre côté de la Loire. Plusieurs commerces du centre-ville avaient fermé et protégé leurs devantures.
Présent dans le cortège, le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a accusé le RN d’être « responsable » d’un « climat délétère, raciste, xénophobe depuis très longtemps », au lendemain de l’attaque meurtrière survenue dans les Yvelines.
Dimanche, le discours de Jordan Bardella a été brièvement interrompu par une intervention de militants de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF). Ceux-ci ont déployé une banderole l’accusant d’antisémitisme, après des publications de Mediapart lui attribuant des messages antisémites durant sa jeunesse. Expulsée de la salle, l’organisation a annoncé vouloir porter plainte pour « violences en réunion ».
Au terme de son discours, Marine Le Pen a résumé l’enjeu politique qu’elle entend donner à la prochaine présidentielle : « La tâche que nous avons devant nous est immense. Nous avons le sentiment qu’un cycle s’achève ».
Questions fréquentes
Qui serait Premier ministre si Marine Le Pen est élue en 2027 ?
Marine Le Pen entend former un gouvernement d'union nationale avec Jordan Bardella comme Premier ministre à Matignon en cas de victoire à la présidentielle de 2027.
Que propose Marine Le Pen sur l'immigration ?
Elle défend une ligne de zéro tolérance, le rétablissement des frontières, une double frontière française et européenne, et une expulsion automatique et définitive des étrangers délinquants.
Que propose le RN sur les retraites ?
Marine Le Pen ne propose pas de repousser l'âge de départ à 65, 67 voire 70 ans, mais de faire entrer plus tôt les jeunes sur le marché du travail. Modalités et financement non détaillés.
Quelle est la position de Marine Le Pen sur la dissuasion nucléaire ?
Elle veut une dissuasion exclusivement nationale, s'opposant à Emmanuel Macron. La France garderait la disposition exclusive de son arme nucléaire, toute concession étant qualifiée d'acte de trahison.
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