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Élections en Israël : Netanyahou sans majorité, la bataille des coalitions commence

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Les élections législatives israéliennes laissent Benjamin Netanyahou et le centriste Gadi Eisenkot sous le seuil de la majorité absolue. Après dépouillement de 66,2 % des bureaux, le bloc du Premier ministre sortant obtient 56 sièges contre 48, loin des 61 requis. Une période de tractations s'ouvre.

Faits clés
Sièges du bloc Netanyahou 56 siègesaprès comptabilisation de 66,2 % des bureaux de vote
Sièges du bloc Eisenkot 48 siègesrésultats provisoires
Seuil de majorité absolue 61 députéssur les 120 de la Knesset
Sièges du Likoud 27 siègescontre 32 dans le Parlement sortant, premières estimations
Participation 77,7 %au plus haut depuis 1999

   Les élections législatives en Israël ouvrent une période de tractations dont l’issue reste incertaine. Après avoir été donnés au coude-à-coude par les sondages de sortie des urnes, Benjamin Netanyahou et son principal rival, le centriste Gadi Eisenkot, revendiquent chacun la capacité de conduire le prochain gouvernement.

Le dépouillement a toutefois modifié le rapport de force. Après la comptabilisation de 66,2 % des bureaux de vote, le bloc du Premier ministre sortant était crédité de 56 sièges, contre 48 pour celui d’Eisenkot. Des chiffres encore provisoires, qui laissent les deux camps sous le seuil de la majorité absolue, fixé à 61 députés sur les 120 que compte la Knesset, le Parlement israélien.

Netanyahou appelle à un « gouvernement de droite fort »

Devant ses partisans réunis dans la nuit, Benjamin Netanyahou a affiché sa détermination à conserver le pouvoir. « Nous devons mettre en place un gouvernement de droite fort », a déclaré le dirigeant de 77 ans, appelant « la majorité juive et sioniste à se ressaisir et s’unir ».

Apparu sur scène vers trois heures du matin, après plusieurs heures de silence, le Premier ministre s’est montré enjoué, allant jusqu’à chanter avec ses soutiens. Son discours, inhabituellement court, ne comportait cependant aucune proclamation de victoire ni référence à son adversaire.

Benjamin Netanyahou a surtout mis en avant la position du Likoud. Sa formation était créditée de 27 sièges dans les premières estimations, contre 32 dans le Parlement sortant, mais conservait sa place de premier parti devant Yashar, la formation de Gadi Eisenkot.

Gadi Eisenkot revendique une volonté de changement

Dans le camp adverse, les premières projections ont été accueillies comme un revers pour le chef du gouvernement. Gadi Eisenkot y a vu un « désaveu complet » de Benjamin Netanyahou.

« Le peuple a choisi le changement », a-t-il assuré devant ses partisans, promettant de « tout faire pour former un gouvernement ». Au siège de son parti à Tel-Aviv, les annonces ont suscité des cris de « Bibi rentre chez toi ! », en référence au surnom du Premier ministre.

La mobilisation électorale donne un poids particulier à cette confrontation. Avec une participation annoncée de 77,7 %, au plus haut depuis 1999, ce premier scrutin législatif depuis les attaques du 7 octobre 2023 témoigne de l’importance du rendez-vous pour les électeurs israéliens.

Mais la volonté de changement revendiquée par l’opposition ne suffit pas à constituer une majorité. Pour accéder au pouvoir, Gadi Eisenkot devra surmonter les divergences entre les formations susceptibles de le soutenir.

Les partis arabes au centre des négociations

L’une des principales inconnues concerne les partis arabes israéliens. Raam, la Liste arabe unie dirigée par Mansour Abbas, et la Liste unifiée pourraient peser de manière décisive dans les discussions sur la formation du prochain gouvernement.

Leur progression avait été particulièrement marquée dans les sondages de sortie des urnes, qui leur attribuaient ensemble 18 à 19 sièges, contre dix dans le Parlement sortant. Ces projections initiales ont ensuite été revues au fil du dépouillement.

Mansour Abbas a estimé que le camp de Benjamin Netanyahou avait subi « une défaite majeure » et s’est dit prêt à travailler avec Gadi Eisenkot. Celui-ci a toutefois jusqu’à présent écarté une telle coopération, tout comme plusieurs de ses alliés.

Benjamin Netanyahou a, de son côté, réaffirmé son opposition à cette hypothèse : « Il est hors de question de former un gouvernement qui s’appuie sur des partis arabes ». Pendant la campagne, il avait notamment défendu le slogan « la droite ou la Palestine ».

Cette ligne de fracture réduit les possibilités de coalition. Citée par l’AFP,  Ilana Shpaizman, maîtresse de conférences en sciences politiques à l’université de Bar-Ilan explique que le bloc d’Eisenkot devra « soit former un gouvernement avec les partis arabes, soit établir un gouvernement minoritaire ». Deux options que l’opposition avait jusqu’ici rejetées.

Le soutien de Donald Trump et l’Iran au cœur de la campagne

La campagne électorale a également été marquée par l’appui de Donald Trump au Premier ministre israélien. Le président américain lui avait apporté son « soutien plein et entier » sur Truth Social.

« C’est le genre de partenaire que les Etats-Unis demandent d’Israël, un pays pour lequel ils ont tant fait », avait-il écrit. Après le scrutin, Donald Trump a estimé que son intervention avait « beaucoup » aidé Benjamin Netanyahou.

Le dirigeant israélien a, pour sa part, insisté sur la relation avec Washington et sur la menace iranienne. « Israël fait face à une opportunité historique unique avec notre partenaire le président [Donald] Trump pour éliminer définitivement la menace existentielle de l’Iran », a-t-il déclaré.

Cette rhétorique sécuritaire s’est accompagnée d’une contestation du déroulement du vote : après avoir déposé son bulletin à Jérusalem, Benjamin Netanyahou a dénoncé des « tentatives de voler l’élection », sans que le texte disponible apporte d’éléments permettant d’étayer cette accusation.

Une coalition incertaine et le risque de nouvelles élections

Après la proclamation des résultats officiels, le président Isaac Herzog devra consulter les représentants des partis et désigner un candidat chargé de former un gouvernement.

Plusieurs scénarios restent envisageables : une coalition majoritaire reposant sur de nouveaux compromis, un gouvernement minoritaire bénéficiant de soutiens extérieurs, ou un gouvernement d’union nationale. Cette dernière option paraît cependant difficile dans un paysage politique aussi polarisé.

Faute d’accord, Israël pourrait retourner aux urnes. Sur franceinfo, l’historien Vincent Lemire évoque la possibilité de nouvelles élections « dans quelques semaines ou dans quelques mois ». Il souligne surtout le dilemme de l’opposition : « Si c’est le caractère juif qui prime et que donc on exclut les députés arabes palestiniens de cette majorité anti-Nétanyahou, alors le pays est ingouvernable ».

Gadi Eisenkot rejette la perspective d’un nouveau scrutin, invoquant la forte mobilisation des électeurs. Mais tant qu’aucune coalition ne parviendra à prendre le relais, Benjamin Netanyahou restera à la tête du gouvernement par intérim.

Questions fréquentes

Qui a gagné les élections en Israël ?

Aucun camp n'a obtenu la majorité absolue de 61 sièges. Le bloc de Netanyahou est crédité de 56 sièges contre 48 pour celui d'Eisenkot, après dépouillement de 66,2 % des bureaux.

Pourquoi les partis arabes sont-ils décisifs ?

Raam et la Liste unifiée pourraient peser de 18 à 19 sièges. Mansour Abbas se dit prêt à travailler avec Eisenkot, mais ce dernier et plusieurs alliés écartent cette coopération.

Quel rôle a joué Donald Trump dans la campagne ?

Le président américain a apporté son « soutien plein et entier » à Netanyahou sur Truth Social. Après le scrutin, il a estimé que son intervention l'avait « beaucoup » aidé.

Y aura-t-il de nouvelles élections en Israël ?

Faute d'accord de coalition, Israël pourrait retourner aux urnes. L'historien Vincent Lemire évoque de nouvelles élections possibles « dans quelques semaines ou dans quelques mois ».

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