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Plan de paix Trump Iran : Téhéran rejette l’offre américaine

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  • Au 26e jour de la guerre au Moyen-Orient, Donald Trump affirme avoir proposé un plan de paix en 15 points à l’Iran, incluant un cessez-le-feu et des concessions sur le nucléaire.
  • Mais Téhéran dément toute négociation et assure avoir rejeté l’offre, tandis que les tensions militaires continuent de s’intensifier dans la région.

   Dans la nuit du mardi 24 au mercredi 25 mars, le président américain Donald Trump a présenté une initiative diplomatique majeure visant à mettre fin au conflit en cours avec l’Iran. Selon plusieurs médias, dont le New York Times et la chaîne israélienne Channel 12, ce plan de paix comprend 15 mesures.

Parmi ces propositions figurent un cessez-le-feu d’un mois, le temps pour Téhéran d’étudier les conditions américaines, ainsi que plusieurs exigences concernant le programme nucléaire iranien. Le texte inclurait également l’abandon du soutien iranien à ses alliés régionaux, comme le Hezbollah et le Hamas, et le maintien de la libre circulation maritime dans le détroit d’Ormuz.

En échange, l’Iran pourrait bénéficier d’une levée des sanctions internationales et d’un soutien à son programme nucléaire civil.

Trump évoque des négociations “en ce moment”

Malgré la poursuite des opérations militaires, Donald Trump s’est montré optimiste quant à l’issue des discussions. Il a affirmé que des négociations étaient en cours avec Téhéran “en ce moment”, tout en précisant que les frappes américaines se poursuivaient “sans relâche”.

Le président américain a également insisté sur la véracité de ses déclarations précédentes : “Ce que j’ai dit hier (lundi) était exactement juste”, a-t-il déclaré, citant l’implication de plusieurs figures clés de son administration, dont Steve Witkoff, Jared Kushner, JD Vance et Marco Rubio.

Donald Trump avait par ailleurs indiqué avoir repoussé “de cinq jours” une éventuelle frappe contre le réseau électrique iranien, évoquant l’existence de “points d’accord majeurs” avec un interlocuteur iranien de haut niveau.

Téhéran dément toute discussion et rejette l’offre

Du côté iranien, la réaction est sans ambiguïté. Les autorités nient catégoriquement toute négociation avec Washington.

L’ambassadeur iranien au Pakistan, Reza Amiri-Moghaddam, a affirmé : “Nous avons également entendu parler de tels détails par les médias, mais d’après mes informations – et contrairement à ce qu’affirme Trump – aucune négociation, directe ou indirecte, n’a eu lieu jusqu’à présent entre les deux pays.”

Il a néanmoins reconnu que des “pays amis” pouvaient servir d’intermédiaires pour transmettre des messages. La télévision d’État iranienne va plus loin, affirmant que l’offre américaine a été refusée. Selon Press TV, “l’Iran a réagi négativement à la proposition américaine”.

La chaîne ajoute : “La guerre prendra fin lorsque l’Iran décidera d’y mettre fin, et non lorsque Trump le décidera.”

Dans une déclaration diffusée à la télévision d’État, le porte-parole militaire Ebrahim Zolfaqari a ironisé : “Vos conflits internes en sont-ils arrivés au point où vous négociez avec vous-mêmes ?”

Notre position est restée inchangée depuis le premier jour, et elle le restera : des gens comme nous ne conclurons jamais d’accord avec des gens comme vous”, ajoute t-il.

Sur le plan politique, le président du Parlement iranien, Mohammad Ghalibaf, a également adressé un avertissement aux États-Unis : “Ne mettez pas notre détermination à défendre notre pays à l’épreuve”, a-t-il écrit, assurant que Téhéran “surveille de près tous les mouvements américains dans la région”.

Le détroit d’Ormuz au cœur des enjeux

Le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le transport mondial de pétrole, reste un point central des discussions. L’un des axes du plan américain insiste sur son maintien ouvert à la navigation. Téhéran a annoncé que les “navires non hostiles” pourraient “bénéficier d’un passage sûr par le détroit d’Ormuz en coordination avec les autorités compétentes”.

Donald Trump a évoqué de son côté “un très gros cadeau” lié aux hydrocarbures, sans en préciser la nature. Dans la foulée de ces annonces, les marchés ont réagi : les prix du pétrole ont chuté d’environ 6 % à l’ouverture de la Bourse de Tokyo.

Une situation militaire toujours explosive

Malgré les signaux diplomatiques, le conflit se poursuit. Les États-Unis envisageraient le déploiement de 3 000 soldats parachutistes supplémentaires au Moyen-Orient, selon la presse américaine.

L’armée israélienne, de son côté, a affirmé poursuivre ses frappes “selon un plan inchangé” en Iran et au Liban, tandis que Téhéran continue d’envoyer des missiles vers Israël. Une frappe israélo-américaine a notamment visé la centrale nucléaire de Bouchehr, sans causer de dégâts selon les autorités iraniennes. De son côté, l’Agence internationale de l’énergie atomique a appelé à la “retenue maximale afin d’éviter tout risque pour la sûreté nucléaire en période de conflit”.

Une issue diplomatique encore incertaine

Entre annonces contradictoires, démentis officiels et escalade militaire, la situation reste extrêmement volatile. Le plan de paix proposé par Donald Trump, présenté comme une possible voie de sortie de crise, semble pour l’heure rejeté par Téhéran. Dans ce contexte, la guerre au Moyen-Orient s’installe dans la durée, sans perspective immédiate de désescalade, malgré les tentatives affichées de reprise du dialogue.

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