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Conflit au Moyen-Orient : l’OCDE redoute un retour de l’inflation et un coup de frein sur la croissance

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  • La dégradation de la situation géopolitique au Moyen-Orient pourrait raviver les tensions inflationnistes à l’échelle mondiale.
  •  Dans ses dernières perspectives, l’OCDE anticipe une accélération marquée de la hausse des prix, d’abord sous l’effet du choc énergétique, avec des conséquences attendues sur l’activité aux États-Unis, en zone euro et en France.

   Le conflit impliquant les Etats-Unis, Israël et l’Iran rebat brusquement les cartes de l’économie mondiale. Dans ses dernières perspectives, l’OCDE anticipe une remontée sensible de l’inflation dans les grandes économies, alimentée par la flambée des cours de l’énergie depuis le déclenchement des hostilités à la fin du mois de février.

Les Etats-Unis apparaissent en première ligne. L’organisation prévoit une inflation de 4,2 % cette année, contre 2,6 % en 2025, soit le niveau le plus élevé du G7. Une poussée qui rappelle, sans l’égaler à ce stade, le précédent épisode inflationniste : les prix avaient progressé de 8,2 % en moyenne en 2022, puis de 5,7 % en 2023, avant de retomber à 2,8 % en 2024.

Une poussée inflationniste plus diffuse dans les économies avancées

Au-delà du cas américain, la pression sur les prix devrait se faire sentir dans l’ensemble des économies avancées, à des degrés variables. Le Royaume-Uni verrait ainsi son inflation atteindre 4 %, contre 3,4 % en 2025. En Italie, elle grimperait à 2,9 %, après 1,6 % l’an dernier. En France, la hausse des prix resterait plus contenue, à 1,8 % cette année, contre 0,9 % en 2025.

L’Hexagone ferait ainsi figure d’exception relative parmi les grandes économies, avec la plus faible inflation du G20 après la Chine.

« Dans les économies avancées du G20, l’inflation globale devrait être de 4% en 2026, soit 1,2 point de pourcentage de plus qu’escompté initialement, prévient l’OCDE, avant de se replier à 2,7% en 2027 grâce à la dissipation des tensions sur les prix de l’énergie« , résume l’OCDE

L’énergie au coeur du choc

L’explication principale tient à l’envolée des prix du pétrole et du gaz naturel. Depuis le début du conflit, les tensions sur l’offre ont ravivé les craintes sur l’approvisionnement mondial, renchérissant les coûts énergétiques et, par ricochet, ceux de nombreuses matières premières stratégiques.

Ce choc énergétique menace de diffuser largement dans l’économie réelle. Pour les entreprises, il signifie des coûts de production plus élevés. Pour les ménages, il se traduit par une érosion du pouvoir d’achat. A terme, le double effet sur l’investissement et la consommation pourrait peser sensiblement sur l’activité.

Des « risques importants de ralentissement »

Au-delà de l’inflation, l’organisation souligne l’ampleur des risques pesant sur la croissance si la crise devait s’enliser. Elle évoque des « risques importants de ralentissement » en cas d’intensification des perturbations.

L’incertitude demeure élevée sur la durée du conflit, mais le scénario d’une tension prolongée sur les marchés de l’énergie aurait des conséquences directes : hausse durable des coûts pour les entreprises, affaiblissement de la demande et ralentissement plus marqué de l’économie mondiale.

D’autres chaînes d’approvisionnement pourraient, elles aussi, être affectées. Les engrais sont particulièrement exposés, alors qu’environ 34 % des exportations mondiales proviennent du Golfe. Même inquiétude pour l’hélium et le brome, deux ressources critiques pour plusieurs filières industrielles, notamment celle des semi-conducteurs. Pour l’OCDE, une crise prolongée pourrait faire émerger de véritables tensions d’approvisionnement et fragiliser plus durablement la croissance.

Les perspectives s’assombrissent aux Etats-Unis

Dans ce contexte, l’économie américaine devrait voir sa dynamique s’éroder. La croissance est attendue à 2 % cette année, avant de ralentir à 1,7 % à l’horizon 2027.

Une trajectoire moins favorable qu’escompté, alors même que les Etats-Unis avaient montré, en début d’année, une capacité de résistance supérieure à celle de nombreuses autres économies avancées. Le regain inflationniste et le choc énergétique viennent désormais brouiller ce scénario.

La zone euro et la France également sous pression

Le ralentissement ne se limiterait pas aux Etats-Unis. A l’échelle mondiale, la croissance reculerait à 2,9 % en 2026, contre 3,3 %l’an dernier, avant un léger rebond à 3 % en 2027. Particulièrement exposée aux chocs énergétiques, la zone euro verrait sa croissance plafonner à 0,8 % cette année, avant une reprise modérée l’année suivante.

La France suivrait cette tendance, avec une progression du produit intérieur brut également limitée à 0,8 % cette année, après 0,9 %en 2025. Des chiffres qui traduisent moins une récession qu’une forme d’enlisement dans une croissance faible, sur fond de fortes incertitudes extérieures.

Le retour du risque géopolitique

En filigrane, ces nouvelles projections marquent le retour au premier plan du risque géopolitique dans les équilibres économiques mondiaux. Tant que les tensions persisteront au Moyen-Orient, la volatilité sur les marchés de l’énergie restera un facteur majeur d’instabilité.

Pour les grandes économies, l’enjeu sera désormais de contenir ce nouveau choc sans compromettre davantage une croissance déjà affaiblie. L’équation s’annonce d’autant plus délicate que l’inflation, que beaucoup pensaient en voie de normalisation, pourrait redevenir l’un des principaux risques macroéconomiques des prochains mois.

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